Sophie Langohr

You are currently browsing the archive for the Sophie Langohr category.

Numa Boucoiran

Numa Boucoiran, La leçon d’Anatomie à usage des artistes, 1873, Université de Montpellier

Jacques Charlier, Jacques Lizène, Sophie Langohr, Benjamin Monti et Marie Zolamian participent à l’exposition La Leçon d’Anatomie (commissaire Marie-Hélène Joiret), à la Boverie, à l’occasion du 30e anniversaire du C.H.U. de Liège. L’exposition « La Leçon d’Anatomie. 500 ans d’histoire de la médecine » présente à La Boverie du 21 juin au 17 septembre 2017 un ensemble unique de plus de 120 œuvres où Art ancien et Art contemporain, mêlés, montrent bien la variété de nos attitudes devant les fragilités de notre condition.

La Boverie
Du 21.06 au 17.09.2017

Félicien Rops

ROPS Félicien, Le Massage, Sans date, Héliogravure sur papier Japon, sans justification de tirage, 26×19,7 cm, Province de Hainaut Coll. BPS22,Charleroi.

L’hôpital du C.H.U est le fruit d’une longue gestation qui a débuté dans les années 60. Sa conception, confiée à l’architecte liégeois Charles Vandenhove, prévoit dès le départ, l’intégration d’œuvres d’art. Construit au Sart Tilman lors de la décennie suivante au cœur des 172 hectares acquis par le Recteur de l’époque, Marcel Dubuisson, il a officiellement été inauguré le 13 décembre 1985. Deux ans plus tard, l’entité hospitalière a acquis son autonomie juridique en obtenant un statut distinct de celui de l’Université. Cette indépendance juridique a débouché sur la création d’un conseil d’administration avec un pouvoir décisionnel propre. La date qui a marqué les mémoires et qui fait sens est donc celle du 1er avril 1987. Pour célébrer ses trente années d’existence, le C.H.U de Liège s’invite dans le grand espace central du nouveau musée liégeois pour une exposition qui s’articule autour de quatre grands axes : un cabinet de curiosité qui laisse place à la réflexion sur la place de la médecine dans l’art et de l’art au service de la médecine ; une mise en regard entre des œuvres anciennes et œuvres d’art contemporain portées par une thématique commune, la médecine ; une confrontation entre œuvres d’art abstrait et des photographies prises au microscope ; une mise en avant des artistes présents au C.H.U.
Pratiquer la médecine et y recourir, c’est aussi, au-delà des techniques mises en œuvre, affronter les interrogations les plus fondamentales qui se posent depuis toujours aux humains, car la maladie, la souffrance et la mort, inhérentes à leur condition, leur posent les problèmes philosophiques et religieux essentiels, placent médecins et patients devant des problèmes éthiques souvent graves et suscitent en eux des désirs contradictoires. Les artistes ont de tout temps illustré ce questionnement éternel. Ils le font avec une riche diversité, passant du drame à l’ironie, de la pédagogie à l’anecdote, de l’horreur à la beauté. C’est dans ce sens que le C.H.U a conçu son exposition en collaboration avec des institutions de renoms comme l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines ou encore le Centre wallon d’art contemporain « La Châtaigneraie », dont la directrice, Marie Hélène Joiret, assure le commissariat de l’exposition.

Jacques Charlier

Jacques charlier, Peinture cérébrale, 1989, collection BPS22, Charleroi

Tags: , , , ,

Résonances

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint Pierre, plâtre polychrome, XXe siècle, Liège, Grand Curtius
de la série Open Geometric Structures, photographie noir et blanc, 66 x 100 cm, 2016.
Photo Charlotte Lagro

Jacques Lizène

Photo Charlotte Lagro

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Art syncrétique, 1964. Sculpture génétique 1971.En remake 2011. Technique mixte, 65 x 30 x 30 cm. Sur colonne : 158 cm
Photo Charlotte Lagro

Emilio Lopez Menchero

Emilio López-Menchero
Sacs (de la série Indonésie !), 2008
Encre de chine sur papier, 195 x 157,5 cm
Photo Charlotte Lagro

Emilio Lopez Menchero

Emilio López-Menchero
Molenbeek, (de la série Indonésie !), 2008
Encre de chine sur papier, 195 x 157,5 cm
Photo Charlotte Lagro

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro,
And it was quiet (…),
plywood with oak veneer and mahogany stain, 2015

Tags: , , ,

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint Pierre, plâtre polychrome, XXe siècle, Liège, Grand Curtius
de la série Open Geometric Structures, photographie noir et blanc,
66 x 100 cm, 2016.

(…) La volonté de proposer un point de vue traverse en fait la plupart des oeuvres de Sophie Langohr. On la retrouve dans la série des Open Geometric Stuctures où elle montre, selon une vision frontale, la base – usuellement invisible – de statues à l’effigie du Christ ou de saints catholiques pour l’occasion couchées au sol. Avec ces pièces qui ne sont pas sans rappeler les Primary Structures du Minimal Art, l’artiste propose de renverser le pouvoir de séduction de l’iconographie religieuse : les images devenues abstraites rayonnent non pas depuis ce qui a été façonné pour émerveiller mais depuis ce qui existe dans une réalité cachée. Ce travail s’accompagne par ailleurs d’une suite de sculptures réalisées par moulage des creux intérieurs qui apparaissent dans les photographies. En ressortent des noyaux qui épousent des contours indéfinissables, à la limite de la non-figuration. Pour Sophie Langohr, l’opération « revient à faire ‘accoucher’ d’anciennes statues religieuses, des figures aussi bien féminines que masculines, de nouvelles formes primitives et organiques, à l’état embryonnaire. » Curieux croisement avec la pensée de Cynthia Fleury qui reconnaît que la Foi puisse être autre chose qu’une identification à une tutelle dogmatique ; elle équivaudrait « plutôt à l’ ‘Ouvert’ du poète Rilke, un sentiment mystérieux face au Réel, à l’accueil et à l’exploration de perspectives inconnues. » (…) Pierre Henrion

Tags:

Jacques charlier

Jacques Charlier
Peinture mystique I, 1988
Technique mixte, acrylique sur toile, objets trouvés, 200 x 350 cm

La résonance est un phénomène selon lequel certains systèmes physiques, électriques ou mécaniques, par exemple, sont sensibles à certaines fréquences. Un système résonant peut accumuler une énergie, si celle-ci est appliquée sous forme périodique, et proche d’une fréquence dite « fréquence de résonance ». Par extension de langage, elle est aussi faculté de résonner, propriété d’accroître la durée ou l’intensité d’un son, effet produit, écho rencontré, mode de retentissement d’un événement vécu ; elle est enfin ce qui fait vibrer le cœur et l’esprit. Toutes les œuvres rassemblées dans cette exposition ont cette capacité de résonance, en ce qu’elles sont échos et vibrations des états du monde : excès en tous genres, nationalismes exacerbés et place du religieux, combat féministes renouvelés, exode et immigration, multiculturalisme et chocs ou rencontres des cultures, compétition ou questions environnementales. Elles sont également résonances à d’autres créations d’un passé plus ou moins éloigné, résonances au cinéma ou à la littérature, à l’histoire de l’art et de la peinture, à celle des arts premiers. Le terme de résonances, au pluriel même, est sans doute le plus à même de rendre compte de ce phénomène de mise en mouvement de l’esprit au contact de l’autre, une mise en mouvement qui oblige au dépassement de ses limites et à l’inventivité d’un autre monde.

Avec des œuvres de : James Lee Byars, Jacques Charlier, Lili Dujourie, Charlotte Lagro, Sophie Langohr, Jacques Lizène, Emilio Lopez-Menchero, Jacqueline Mesmaeker, Guy Mees, Benjamin Monti, John Murphy, Pol Pierart, Maurice Pirenne, Valérie Sonnier, Raphaël Van Lerberghe, Marie Zolamian.

Vernissage ce samedi 18 mars à 19h
Exposition du 19 mars au 15 avril 2017.

Tags: , , , , , , , , , ,

Sophie Langohr

Tags:

Sophie Langohr

Sophie Langohr

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Scanographies tomodensimétriques
Sainte Bernadette (plâtre polychrome, fin du XIXe siècle, Liège, Grand Curtius)
Saint Joseph (plâtre polychrome, XXe siècle)
Sacré-Cœur du Christ (Arthur Craco, grès cérame, XXe siècle, Andenne, Musée de la Céramique) vidéo, 4 min, boucle
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sculpture en plâtre d’après le moulage intérieur de Petit Jésus de Prague (plâtre polychrome et textiles, XXe siècle, Liège, Grand Curtius) 67 x 30 x 17 cm. Socle : 90 x 45 x 55 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Chanel Haute Joaillerie de la série Something Precious photographie noir et blanc, 43 x 32 cm
2015

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Chanel Haute Joaillerie de la série Something Precious photographie noir et blanc, 43 x 32 cm
2015

(…) Dans le fil droit de ses projets antérieurs, l’exposition Something Precious pose la question de la valeur accordée à la nature et à l’humain dans une société fascinée par le luxe et la rareté. L’artiste présente des œuvres qui, toutes, basculent d’un univers fabriqué et féérique vers une réalité plus tangible. On le voit d’abord dans une série de photographies en noir et blanc travaillées à partir de publicités pour de la haute joaillerie : seules des formes mystérieuses et irrégulières subsistent. Ordinairement, la retouche numérique vise à parfaire l’existant, à masquer ses défauts jusqu’à atteindre une beauté souvent irréelle ; elle est ici utilisée à contre-emploi pour dissoudre la composition des bijoux raffinés que ces images exhibent, pour en supprimer la brillance et la netteté. L’opération leur confère un aspect brut et organique ; elle renvoie ces objets à leur minéralité originelle tout en préservant leur charge énigmatique. En d’autres termes, si Sophie Langohr s’empare de l’univers du luxe,

Sophie Langohr

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sculpture en plâtre d’après le moulage intérieur de Vierge à l’Enfant (plâtre polychrome, fin du XIXe siècle, Liège, Grand Curtius) 85 x 24 x 17 cm. Socle 95 x 45 X 45
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sculpture en chêne d’après un moulage intérieur de Piéta (bois sculpté polychrome, fin du XVIe siècle, Liège, Grand Curtius) 46 x 20 x 24 cm. Socle : 70 x 40 x 50 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sculpture en chêne d’après le moulage intérieur de Vierge assise avec l’Enfant (chêne sculpté polychrome, milieu du XIVe siècle, Liège, Grand Curtius), 58 x 33 x 25 cm. Socle : 90 x 40 x 50 cm.
2016

Tags:

(…) Les formes de ces pièces répondent par ailleurs à celles qui s’épanouissent dans des tableaux photographiques montrant, selon un point de vue frontal, la base de sculptures religieuses, qui n’est d’ordinaire jamais visible. Ce dévoilement d’une matière insoupçonnée rappelle, une fois encore, la nature dans ce qu’elle présente de plus originel, unique et inachevé. Avec ces œuvres, Sophie Langohr renverse le pouvoir de séduction de la riche et sensuelle iconographie chrétienne, puisque ces images abstraites rayonnent, non pas depuis ce qui est façonné pour nous émerveiller, mais depuis ce qui existe à l’état brut.(…) (Julie Bawin).

Dans le dédale des couloirs de l’hôpital, une dizaine de ces photographies noir et blanc de Sophie Langohr dialoguent avec des lambris géométriques conçus par Sol Lewitt, dessinés pour ces lieux à la demande de l’architecte Charles Vandenhove.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint Pierre, plâtre polychrome, XXe siècle, Liège, Grand Curtius
Photographie noir et blanc, 66 x 100 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Petit Jésus de Prague, plâtre polychrome et textiles, XXe siècle, Liège, Grand Curtius
Photographie noir et blanc, 66 x 100 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Vierge à l’Enfant, plâtre polychrome, fin XIXe, Liège, Grand Curtius
Photographie noir et blanc, 66 x 100 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Immaculée Conception, bois sculpté peint, XIXe siècle, Liège, Grand Curtius
Photographie noir et blanc, 66 x 100 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Vierge, plâtre polychrome, fin XIXe, Liège, Grand Curtius
Photographie noir et blanc, 66 x 100 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
L’Éducation de la Vierge, plâtre polychrome, début XXe siècle, Liège, Grand Curtius
Photographie noir et blanc, 66 x 100 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint Joseph, plâtre polychrome, XXe siècle, Liège, Grand Curtius
Photographie noir et blanc, 66 x 100 cm
2016

Tags:

Sophie Langohr

(…) Ce principe de détournement se retrouve au cœur de deux autres séries. La première consiste en une installation de sculptures obtenues par moulage du creux intérieur de statues religieuses à l’effigie de la Vierge, du Christ, de saints protecteurs (Roch, Joseph, Bernadette) ou martyrs (Pierre). Les tirages reproduisent ainsi dans la même technique que leur « modèle » (bois, plâtre ou céramique) le vide que les sculpteurs ont aménagé au sein des pièces pour les alléger ou par souci d’économie. Sophie Langohr en arrive à donner de la valeur à la matière inexistante et épargnée ; elle en fait des œuvres qu’elle présente sur un socle pour renchérir sur leur caractère « précieux ». A l’instar des bijoux détournés en agrégats minéraux et organiques, ces sculptures constituent des noyaux épousant des contours indéfinissables, singuliers, à la marge de l’abstraction.(…) (Julie Bawin)

Pour l’artiste, cette intervention « consiste à faire littéralement accoucher d’anciennes statues religieuses – des figures aussi bien féminines que masculines – de nouvelles formes dé-genrées, dans un état embryonnaire ».

Sophie Langohr

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sculpture en plâtre d’après le moulage intérieur de Vierge (plâtre polychrome, fin du XIXe siècle, Liège, Grand Curtius) 110 x 28 x 20 cm. Socle : 124 x 40 x 50 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sculpture en grès émaillé d’après le moulage intérieur de Sacré-Cœur du Christ (Arthur Craco, grès cérame, XXe siècle, Andenne, Musée de la Céramique), 45 x 12 x 12 cm. Socle : 70 x 30 x 30 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Chanel Haute Joaillerie de la série Something Precious photographie noir et blanc, 43 x 32 cm
2015

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Chanel Haute Joaillerie de la série Something Precious photographie noir et blanc
43 x 32 cm
2015

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sculpture en plâtre d’après le moulage intérieur de Sainte Bernadette (plâtre polychrome, fin du XIXe siècle, Liège, Grand Curtius) 70 x 20 x 17 cm. Socle : 80 x 35 x 40 cm
2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sculpture en porcelaine émaillée d’après le moulage intérieur de Saint Roch (porcelaine, XXe siècle, Andenne, Musée de la Céramique) 12 x 5 x 5 cm. Socle : 19 x 10 x 10 cm
2016

Tags:

Sophie Langohr

A l’invitation de Julie Bawin, Sophie Langohr a produit le projet Something Precious dans le cadre du cycle “Artistes à l’hôpital”. Né 2012 d’une collaboration étroite entre le Musée en Plein Air du Sart- Tilman et le Centre hospitalier universitaire de Liège, ce cycle a pour objectif de proposer, par le biais d’interventions dans l’espace même de l’hôpital, une expérience nouvelle à la fois pour les patients et l’équipe médicale, mais aussi pour les nombreux visiteurs et le personnel administratif. Il s’intègre également à la philosophie de l’architecte Charles Vandenhove qui avait, dès l’origine, invité des artistes (parmi lesquels Sol LeWitt, Niele Toroni, Claude Viallat, Daniel Buren) à intervenir dans l’espace public de l’hôpital.

Lorsque Sophie Langohr confronte la représentation d’une Vierge saint- sulpicienne à un portrait retravaillé de Marion Cotillard pour une publicité Dior (New Faces), ce n’est pas seulement pour instaurer le trouble de la ressemblance. Sa démarche est plus critique qu’elle n’y paraît d’emblée ; basée tantôt sur l’appropriation de photographies existantes (New Faces, Glorious Bodies), tantôt sur la réactualisation d’une tradition picturale ou technique (Les Camées, Drapery), elle décrit la relation passionnelle que nous entretenons avec les images, surtout lorsqu’elles renvoient à une notion aussi impalpable que la beauté. En déjouant les codes publicitaires, Sophie Langohr entend bien sûr dénoncer le prosélytisme consumériste, mais là où d’autres développeraient une entreprise de désacralisation, elle se sert du potentiel esthétique et du pouvoir de séduction des images pour détourner leur portée.

Dans le fil droit de ses projets antérieurs, l’exposition Something Precious pose la question de la valeur accordée à la nature et à l’humain dans une société fascinée par le luxe et la rareté. L’artiste présente des œuvres qui, toutes, basculent d’un univers fabriqué et féérique vers une réalité plus tangible. On le voit d’abord dans une série de photographies en noir et blanc travaillées à partir de publicités pour de la haute joaillerie : seules des formes mystérieuses et irrégulières subsistent. Ordinairement, la retouche numérique vise à parfaire l’existant, à masquer ses défauts jusqu’à atteindre une beauté souvent irréelle ; elle est ici utilisée à contre-emploi pour dissoudre la composition des bijoux raffinés que ces images exhibent, pour en supprimer la brillance et la netteté. L’opération leur confère un aspect brut et organique ; elle renvoie ces objets à leur minéralité originelle tout en préservant leur charge énigmatique. En d’autres termes, si Sophie Langohr s’empare de l’univers du luxe, ce n’est pas pour y porter un regard cynique ou moralisateur, mais bien pour déplacer les valeurs qui y sont véhiculées (le mystère, l’exclusivité, la séduction) vers d’autres réalités en prise avec l’humain et avec la nature.

Ce principe de détournement se retrouve au cœur de deux autres séries. La première consiste en une installation de sculptures obtenues par moulage du creux intérieur de statues religieuses à l’effigie de la Vierge, du Christ, de saints protecteurs (Roch, Joseph, Bernadette) ou martyrs (Pierre). Les tirages reproduisent ainsi dans la même technique que leur « modèle » (bois, plâtre ou céramique) le vide que les sculpteurs ont aménagé au sein des pièces pour les alléger ou par souci d’économie. Sophie Langohr en arrive à donner de la valeur à la matière inexistante et épargnée ; elle en fait des œuvres qu’elle présente sur un socle pour renchérir sur leur caractère « précieux ». A l’instar des bijoux détournés en agrégats minéraux et organiques, ces sculptures constituent des noyaux épousant des contours indéfinissables, singuliers, à la marge de l’abstraction.

Pour l’artiste, cette intervention « consiste à faire littéralement accoucher d’anciennes statues religieuses – des figures aussi bien féminines que masculines – de nouvelles formes dé-genrées, dans un état embryonnaire ».

Les formes de ces pièces répondent par ailleurs à celles qui s’épanouissent dans des tableaux photographiques montrant, selon un point de vue frontal, la base de sculptures religieuses, qui n’est d’ordinaire jamais visible. Ce dévoilement d’une matière insoupçonnée rappelle, une fois encore, la nature dans ce qu’elle présente de plus originel, unique et inachevé. Avec ces œuvres, Sophie Langohr renverse le pouvoir de séduction de la riche et sensuelle iconographie chrétienne, puisque ces images abstraites rayonnent, non pas depuis ce qui est façonné pour nous émerveiller, mais depuis ce qui existe à l’état brut.

Something precious a été pensée et conçue dans le cadre du cycle d’expositions Artistes à l’hôpital, où l’expérience de l’art se mêle à celle des soins et de la guérison. L’éthique du Care que Sophie Langohr a appréhendée au travers de ses activités dans le domaine de la réhabilitation psychosociale constitue d’ailleurs le point de départ de sa réflexion. Apparu dans le sillage de recherches féministes anglo-saxonnes, cet ordre de pensée subversif dans la sphère des sciences humaines désigne une disposition à la sollicitude et à l’attention qu’il convient non seulement de ne plus rattacher au seul genre féminin, mais qu’il faut également revaloriser « dans le but de maintenir, de perpétuer et de réparer un monde qui comprend nos corps, nos personnes et notre environnement ». C’est donc sur la richesse d’un « monde trouvé » que se fonde ici le renouvellement des formes qu’il nous est donné de voir.

Julie Bawin, commisaire de l’exposition avec Sophie Langohr

Tags:

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint-Pierre, plâtre polychrome, XXe siècle, statue conservée au Grand Curtius de Liège photographie noir et blanc
photographie NB, 66 x 100 cm, 2016

Dans le cadre du Cycle « Artiste à l’Hôpital » organisé par le Musée en plein air du domaine universitaire du Sart Tilman, Julie Bawin, commissaire de l’exposition a invité Sophie Langohr pour « Something precious ». Commissariat: Julie Bawin

A l’invitation de Julie Bawin, Sophie Langohr a produit le projet Something Precious dans le cadre du cycle “Artistes à l’hôpital”. Né 2012 d’une collaboration étroite entre le Musée en Plein Air du Sart- Tilman et le Centre hospitalier universitaire de Liège, ce cycle a pour objectif de proposer, par le biais d’interventions dans l’espace même de l’hôpital, une expérience nouvelle à la fois pour les patients et l’équipe médicale, mais aussi pour les nombreux visiteurs et le personnel administratif. Il s’intègre également à la philosophie de l’architecte Charles Vandenhove qui avait, dès l’origine, invité des artistes (parmi lesquels Sol LeWitt, Niele Toroni, Claude Viallat, Daniel Buren) à intervenir dans l’espace public de l’hôpital.

L’exposition, organisée au CHU de Liège, se déploie dans la Grande Verrière de l’hôpital (bât. B35) ainsi que dans la salle d’exposition du Musée en Plein Air (Verrière Sud, niveau – 3).
Celle-ci est accessible du mardi au vendredi de 12h à 16h, le samedi de 10h à 13h et sur rendez-vous.

Vernissage le vendredi 29 avril 2016 à 18h 30
Exposition du 30 avril au 2 juillet 2016

Adresse du jour :
CHU de Liège – Verrière Sud (niveau -3)
Domaine universitaire du Sart Tilman
1, Avenue de l’hôpital – 4000 Liège
Contact :
musee.pleinair@ulg.ac.be / +32 (0)4 366 22 20

L’exposition est accompagnée d’une publication, Hors série de Museum, le périodique des Musées de Liège. Texte de Julie Bawin et Sophie Langohr.

 

Tags:

Art Brussels

Walter Swennen
Pouce, 2008
Huile sur toile, 150 x 135 cm

Jacqueline Mesmaeker
La discrète, 2016
Photographie couleurs, impression sur papier baryté et imprimé, 60 x 100 cm

Art Brussels

Sophie Langohr
Vierge assise avec l’Enfant, chêne sculpté polychrome, milieu du XIVe siècle, conservé au Grand Curtius de Liège, sculpture en chêne d’après un moulage intérieur, 2016
Bois, 90 x 65 x 40 cm

Art Brussels

Art Brussels

Raphaël Van Lerberghe
I saw you, 2015
Graphite sur papier et collage, 21× 29,7 cm

Raphaël Van Lerberghe
Mon chevalier, 2015
Graphite sur papier découpé et carte postale, 21× 29,7 cm

Raphaël Van Lerberghe
Marguerite (Flowchart), 2015
Graphite sur papier découpé et carte postale, 21× 29,7 cm

Raphaël Van Lerberghe
Cocrou, 2012-2015
Graphite sur papier découpé et carte postale, 21× 29,7 cm

Art Bruxxels

Suchan Kinoshita
Sans titre
2016

Aglaia Konrad
Demolition city, 1992-2016
Photographie NB, tirage argentique, 40 x 60 cm

Tags: , , , ,

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Demolition City
Photographie NB, tirage argentique, 40 x 60 cm
1992-2016

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Demolition City
Photographie NB, tirage argentique, 40 x 60 cm
1992-2016

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sainte Bernadette, plâtre polychrome, fin du XIXe siècle, Grand Curtius, Liège (détail), 2016
Photographie NB, 56 x 38 cm

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Vierge assise avec l’Enfant,
chêne sculpté polychrome, milieu du XIVe siècle, conservé au Grand Curtius de Liège, sculpture en chêne d’après un moulage intérieur
2016

Emilio Lopez Menchero

Emilio Lopez Menchero
Trying to be Valie Export, 2016
Photographie NB marouflée sur aluminium, 105 x 135 cm

A propos de Valie Export, Action Pants: Genital Panic

Action Pants: Genital Panic is a set of six identical posters from a larger group that the artist produced to commemorate an action she performed in Munich in 1968. The posters show EXPORT sitting on a bench against a wall out of doors wearing crotchless trousers and a leather shirt and holding a machine-gun. Her feet are bare and vulnerable, as are her genitals, and she holds the gun at chest level, apparently in readiness to turn it on the viewer towards whom her gaze is directed. Her hair stands up in a wild mop above her head, emphasising the strangeness of the image.The action that gave rise to the photograph Action Pants: Genital Panic has become the subject of apocryphal art historical legend. EXPORT performed Genital Panic in Munich in an art cinema where experimental film-makers were showing their work. Wearing trousers from which a triangle had been removed at the crotch, the artist walked between the rows of seated viewers, her exposed genitalia at face-level. This confrontation challenged the perceived cliché of women’s historical representation in the cinema as passive objects denied agency. (…)

The black and white photograph, Action Pants: Genital Panic, was taken by the photographer Peter Hassmann in Vienna in 1969. EXPORT had it screenprinted as a poster in a large edition of unknown size in order to flypost the image in public spaces and on the streets. At the end of the 1960s, the notions of guerrilla warfare and revolution on which it played were particularly pertinent – in 1967, the famous Cuban revolutionary Che Guevara was executed, and the following year students rioted in Paris, and the American cities of Baltimore and Washinton DC were shaken by civil unrest after the murder of Martin Luther King. In 1994 the image was flyposted in Berlin, where EXPORT was teaching at the Hochschüle der Kunste (the Academy of Arts). Tate’s holding of six, which the artist has specified should be exhibited as a group, reflects this history of the image by emphasising its status as a multiple. Another photograph with the same title taken by Hassmann in 1969 shows the artist sitting on a wooden chair next to a wall in a room with a parquet floor. She wears the same outfit and holds the same gun, but she has incongruously feminine sandals on her feet and holds the gun pointing upwards. This version of the image was issued in 2001 as a gelatine print in an edition of twenty. In Action Pants: Genital Panic EXPORT defends her female body with the male phallic symbol of the gun. Her self-exposure emphasises her lack of a penis, demonstrating the symbol of power to be a prosthetic and its possession to be a product of role play, positing action over biology. The combination of macho aggression with femininity is typical of EXPORT’s imagery from the late 1960s and early 1970s. (Source : Tate Modern, London)

Tags: , ,

Tous belges !

Vue d’exposition (photo Aurélien Mole)

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Jésus par Gérémie Geisselbrunn (1595-1660) photographié comme Justin Passmore par Kai Z Feng pour Horst Magazine, de la série Glorious Bodies, 2013-2014 Photographies NB marouflées sur aluminium, 2 x (52 x 41 cm)

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint Mathias par Gérémie Geisselbrunn (1595 – 1660) photographié comme Ricky Hall, de la série Glorious Bodies, photographies noir et blanc marouflées sur aluminium,
2 x (55 x 44 cm), 2013 -2014

Tous Belges !

Vue d’exposition (photo Aurélien Mole)

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (de la série Perspecta)
Encre de chine sur formulaire millimétré, 29,7 x 21 cm, 2011

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (de la série Perspecta)
Encre de chine sur formulaire millimétré, 29,7 x 21 cm, 2010

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre (de la série Perspecta)
Encre de chine sur formulaire millimétré, 29,7 x 21 cm, 2010

Tous Belges !

Vue d’exposition (photo Aurélien Mole)

Honoré d'O

Honoré δ’O
Au volant, 2010
Technique mixte, 164 x 30 x 50 cm

Du 20 mars au 19 juin 2016
Dans le cadre du festival « Les Printemps de Haute-Corrèze », édition 2016
Abbaye Saint André – Centre d’art contemporain
Place du bûcher
19250 Meymac

Tags: , ,

Honoré d'O

Honoré δ’O
Au volant, 2010
Technique mixte, 164 x 30 x 50 cm

Honoré d’O, Sophie Langohr et Benjamin Monti participent à l’exposition TOUS BELGES ! dans le cadre du festival « Les Printemps de Haute-Corrèze », édition 2016.

« En 1839, la Belgique était reconnue comme formant un Etat. Existe-t-il cependant une nation belge ? La question est récurrente, elle traverse périodiquement la société belge.
La Belgique est-elle le pays qui n’existe pas, un pays par défaut comme en produit parfois l’Histoire ou bien doit-on supposer que cet Etat est, en réalité, porté par une identité particulière, une belgitude irréductible que des siècles de vie commune auraient façonné et pourquoi pas depuis que César l’a baptisée ? La naissance officielle du pays militerait pour la première hypothèse, mais ce serait méconnaître que son territoire est resté chapeauté pendant des siècles par une structure politique autonome (Êvéché de Liège excepté), soudé par une communauté de croyance.
Ce serait aussi oublier les échecs répétés des tentatives d’intégration aux ensembles politiques qui l’entourent, malgré des affinités déclarées avec la France en particulier. Cette cohésion qui persiste de fait sur la longue durée donne à penser qu’elle la doit à une réalité sous-jacente qui transcenderait la coupure des deux langues, ou, en renversant l’hypothèse, que c’est cette cohésion qui l’a créé.
Le résultat au bout du compte étant le même. Tous ceux qui ne sont pas belges le pensent. Ils s’appuient pour ce faire sur un accent, des goûts, des comportements, un ton particulier dans les créations littéraires ou plastiques. C’est cette part singulière : état d’esprit mêlant poésie et autodérision, laissant filer les débordements carnavalesques, maniant avec gourmandise et fantaisie, absurde et humour dans le droit fil d’un Marcel Broothearts, d’un Jacques Charlier, d’un Wim Delevoye, d’un Patrick Van Cackenberg, d’un Panamarenko ou d’un Jacques Lizène pour ne citer qu’eux, dont nous voudrions montrer la persistance dans les générations plus jeunes.
L’exposition s’intègre dans un festival pluridisciplinaire, Les Printemps de Haute Corrèze, consacré cette année à la Belgique dans toutes ses dimensions historiques, culturelles ou culinaires. C’est-à-dire à tout ce qu’elle recèle pour nous Français de particularités, de richesse d’expression et de créations qui, avouons-le, nous fascinent. ».

Jean-Paul Blanchet. Commissariat : Caroline Bissière & Jean-Paul Blanchet, avec Eglantine Bélêtre.

Les artistes
Ruud Van Moorleghem, Jan Fabre, Jan Cock, Maarten Vanden Eynde, Filip Gilissen, Kelly Schacht, Emmanuel Van Der Auwera, Thomas Lerooy, Tinus Vermeersch, Geert Goiris, Helmut Stallaerts, Pascal Bernier, Sophie Langohr, Benjamin Monti, Honoré d’O, Elodie Antoine, Cris Brodahl, Harold Ancart, Jos de Gruyter & Harald Thys, David Claerbout …

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Jésus par Gérémie Geisselbrunn (1595 – 1660) photographié comme Justin Passmore par Kai Z Feng pour Horst Magazine, de la série Glorious Bodies, photographies noir et blanc marouflées sur aluminium, 2 x (52 x 41 cm), 2013 -2014.

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titre, 2010
Encres de chine, sur papier Perspecta, papier millimétré bicolore pour dessin en perspective, 29,7 x 21 cm

Tags: , ,

Sophie Langohr et Jacques Lizène participent à l’exposition « Traversées, selected works from the art collection of the Province of Liège ». Après la résidence de l’Ambassade belge à La Haye, c’est le Gouvernement provincial du Limbourg hollandais qui accueille cette exposition. A deux pas de la TEFAF.

Jacques Lizène

Du 18 mars au 20 mai 2016
Gouvernement aan de Maas, Limbourglaan 10, Maastricht
Accès les jours ouvrables: lu-ve: 9.00-18.00
Vernissage le 17 mars à 17h.

Tags: ,

« Older entries