Arco 2012 Madrid, les images

Arco Madrid 2012

Jeroen Van Bergen, American Cabine 001 – 004, échelle : 1/4, bois, 2011

Aglaia Konrad, Desert Cities, 2007-2009, digital print on acid-free cardboard, 110 x 80 cm

Jeroen Van Bergen American Cabine 001-003 mini (échelle 1/10), 2011

Jacques Lizène, sculpture nulle, ahaharchitecture, plan d’appartement pour collectionneur VIP excentrique, 500 x 350 cm, en remake 2012

Jacques Lizène, Art syncrétique 1964 en remake 2011, sculpture génétique culturelle, Bouddha croisé statuette africaine, le 25e Bouddha méditant. Technique mixte, 26 x 24 x 50 cm.

 

Arco Madrid 2012 preview, Benjamin Monti

De Benjamin Monti, on verra, à Madrid, une sélection de travaux récents. Quelques encres de chine sur papier Perspecta, ce papier millimétré et récupéré, bicolore, formulaire pour la vue isométrique, des plans de ville et cartes géographiques, un  cheval à Rome (Marc Aurèle au Capitole ?), un berger de Bergame, deux adolescents dans les îles Toscane ou encore ces figures d’architecture – réversibles – publiées par G & S Robinson que Monti flanque d’un pilastre composite et tête bêche.

Profitons-en pour reprendre le portrait de l’artiste publié  dans le Guide de l’Irrévérence paru en 2011 chez Yellow, mais cette fois en version intégrale et d’origine.

Si Benjamin Monti cite volontiers Ernst Hans Grombrich, qui nous rappelle que « même dans les illustrations scientifiques, la vérité de l’image dépend de la véracité de sa rubrique », ce serait plutôt en tenant compte du « Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis » de Pierre Desproges. « L’art et l’illusion » de Gombrich a pour objectif, précise son auteur, « d’expliquer les raisons pour lesquelles les artistes qui tentent résolument de créer des images mimétiques ont à faire face à des difficultés inattendues ». Et Benjamin Monti rencontre sans aucun doute, dans sa pratique de la copie, de nombreuses difficultés inattendues. Mais il a lu Desproges et, à coup sûr, cette lumineuse définition de l’oeil où Desproges précise que « l’œil est un outil merveilleux, que c’est grâce à lui que l’homme peut, en un instant, reconnaître à coup sûr une langoustine d’un autobus, ce qui lui confère évidemment un sentiment de puissance sur la nature. La preuve en est, précise Desproges, qu’un homme privé de ses yeux se met instantanément à raser les murs honteusement ».  Intense noirceur et intelligence aiguisée, ici, on le verra, fort bien comprises.

Benjamin Monti est un collecteur patenté, un collectionneur averti, il chine les livres et les images anciennes, il rassemble des carnets usagers, des cahiers d’écolier, des dessins anonymes oubliés. Il campe, itinéraire singulier, au carrefour de l’illustration et du dessin, des arts plastiques et graphiques. Très actif au sein du collectif Mycose (1999-2008),  il appartient à cette génération spontanée qui a décloisonné l’univers de la bande dessinée. « On place cet auteur, déclare l’un de ses éditeurs, parmi les artistes contemporains. Où d’autre placer, d’ailleurs, un véritable auteur ? ».

Lorsque, adolescent encore, il conçoit son premier « Carnet », cette plongée en apnée, frénétique champ de bataille pilonné d’une seule et longue griffure, véritable purge de tous les doutes existentiels, il lit « Opium » de Cocteau. « Écrire pour moi, c’est dessiner, nouer les lignes de telle sorte qu’elles fassent écriture, ou les dénouer de telle sorte que l’écriture devienne dessin, c’est la leçon de Cocteau ». Ecrire, oui. Son « Autobiographie », « pas d’états d’âme, juste des faits », est d’une blancheur comptable grinçante. On ne peut plus radical dans le domaine de l’intime. Dessiner oui,  l’hallucinante pérégrination de Thomas l’Obscur de Blanchot : mais « Vide » est-il à l’image de Blanchot ou de Monti ?

Apprenti fort peu sage, Monti se dit en apprentissage. Copiste attentif, il recopie, plonge et pille ce qu’il collecte. Mimétisme du geste, serait-ce là  que réside la difficulté ?  Parfois ces images, il les recopie telles quelles, un « crétin du Valais » comme « Notre Dame aux Esclaves », des vieilles pages de cours de Néerlandais qu’il adresse à des Parlementaires francophones ; « Couillu », lancera l’un d’eux. Il hybride aussi, recycle, compose et décompose, transgresse les règles comme dans ces leçons  de Droit manuscrites et anonymes datées de 1901, dont il occupe les marges, le texte, la feuille, l’espace. Il récupère les supports comme il recycle les images qu’il glane. Et rien ne lui échappe quant au sens des images qu’il colle et copie. Mais oserais-je cette expression pour un Monti copiste ?  Assurément, Monti fait la différence entre une langoustine et un autobus. Surtout s’il mêle d’heureux acolytes du divin flacon et de bienheureux alcooliques du divin tout court, preuves iconographiques à l’appui. Ces  deux dessins sont recyclés sur papier « Perspecta », papier qui, à l’époque, ne l’était pas. Et ceux-ci ne manquent pas, aujourd’hui, de perspectives lorsqu’il s’agit, par exemple, en trois planches, de dresser « une très brève histoire de la religion catholique ». Mais oui, trois planches suffisent. Je laisse à Desproges la conclusion : « L’œil du sourd est normal ».  Ajoutons y que c’est « la véracité de la rubrique », merci cher Ernst Hans Grombrich, vous m’assurez la chute.

Sans titre, encre sur papier imprimé, 15,2 x 10,5 cm, 2010

Sans titre, encre sur papier imprimé, 15,2 x 10,5 cm, 2010

Sans titre, Encre de chine sur papier « Perspecta », papier millimétré bicolore pour dessin en perspective. Formulaire pour la vue isométrique, 29, 7 x 21 cm, 2010 – 2011

Sans titre, Encre de chine sur papier « Perspecta », papier millimétré, bicolore pour dessin en perspective. Formulaire pour la vue isométrique,, 29, 7 x 21 cm,  2011

Arco Madrid, 15 – 19 février 2012

 

La galerie participe à ARCO Madrid 2012

Aglaia Konrad – Jacques Lizène – Benjamin Monti – Jeroen Van Bergen

Highlighted artist : Aglaia Konrad

Pabellon 10 – Stand 10A3
15th – 19th February 2012

Professionals:
Wednesday 15th and Thursday 16th | 12 noon – 9 pm
General public:
Friday 17th, Saturday 18th and Sunday 19th | 12 noon – 8 pm

 

Jacques Lizène, Benjamin Monti, Marie Zolamian, Liège – Marchin

Acquisitions 2001 – 2012 : La Province de Liège organise une double exposition, présentant une sélection d’oeuvres acquises au cours de cette dernière décennie.

Jacques LIZENE expose dès lors à la galerie Monos à Liège, du 5 février au 4 mars

Benjamin MONTI et Marie ZOLAMIAN exposent  au Centre Culturel de Marhin, du 12 février au 4 mars

Jacques Lizène, Art syncrétique 1964, chaises découpées et croisées, en remake 2011.

Jacques Lizène, Peinture nulle 1964, sur l’idée de mettre  n’importe quel objet sur la tête, 1994, sculpture génétique 1971 art syncrétique 1964, en remake 2011, photographie marouflée sur toile libre, rehaussée en technique mixte, 60 x 70 cm, 2011

Benjamin Monti, Sans titre, « Sucession ab intestat », encres sur papier recyclé, (5) x 14 x 23 cm, 2009

 

Lizène, Lonchamps, Monti, Zolamian, les irrévérencieux à Strasbourg

Après Paris (Centre Wallonie Bruxelles) et Liège (Espace Saint Antoine), c’est Strasbourg qui accueille l’exposition « Art de l’Irrévérence » conçue par Marie Hélène Joiret et Alain Delaunois, exposition produite par La Chataigneraie.
L’exposition est accueillie par le Centre d’Art Apollonia, centre d’échanges européens.  Du 6 février au 13 mars 2012. Vernissage vendredi 3 février.

Irrévérence, insolence, impertinence, dérision… Des nuances entre les mots et les attitudes, certes, mais un même état d’esprit, qui s’illustre – sans exclusive, mais sans souci d’exhaustivité non plus – dans cette exposition, proposant un regard décalé sur le monde et ceux qui le gouvernent, sur les humains nos semblables, sur les grandes et petites représentations de la vie. Il serait faux de considérer cet état d’esprit comme une forme d’expression univoque, aux contours bien définis, au cadre délimité par le bon ou le mauvais goût, la fine ironie ou la grossièreté, le propos farfelu ou le délire agressif. Ce serait ne percevoir qu’une partie du propos, si on ne devait le tenir que pour la nécessaire soupape de secours ou une échappatoire commode aux situations trop tendues traversant une société. Diderot le disait déjà, l’éclat de rire n’est pas qu’un simple soulagement sonore. Il est l’instrument d’un bousculement de l’ordre établi, réveille les désirs de rupture à l’égard des puissants, et il convient de rappeler que sa pratique relève du désordre social, larvé ou assumé. Mais une pratique qui elle-même se trouve dévaluée, privée de ce sens premier, lorsqu’elle est aux mains du divertissement télévisuel ou du discours publicitaire.
Dominique Païni, commissaire de l’exposition A.B.C. présentée récemment au Fresnoy, et fin connaisseur de la création artistique contemporaine en terre liégeoise, rappelait à juste titre que cette Belgique toujours au bord de l’implosion, bénéficiait d’une incroyable vitalité artistique, « s’adossant à une tradition d’impertinence et de provocations ». (Alain Delaunois)

Jacques Lizène, Peinture pour cirage de pompes, 2010. Technique mixte (remake de peinture minable, 1979).  Vidéo : Peinture minable. Le petit maître crache sur une vitre, réalisant ainsi une peinture minable façon action-painting. Quelques séquences d’art sans talent 1979. Couleurs, son, U-matic transféré sur DVD.

Capitaine Lonchamps, Neige, 2010, Technique mixte sur toile trouvée, 102 x 123 cm

Benjamin Monti, « Une très brève histoire de la religion catholique », 2010, encres de chine, sur papier « Perspecta », papier millimétré bicolore pour dessin en perspective. Déposé. Formulaire pour la vue isométrique, 29, 7 x 21 cm, 2010

Marie Zolamian, Irrévérence Paris 2011. Irrévérence Liège, 2011.
L’artiste proposera une nouvelle déclinaison de cette oeuvre, sous le titre de… Irrévérence Strasbourg, 2012.

 

Lizène, Lonchamps, Monti, des escargots

En ouverture de La Louvière Métropole culturelle  2012, le Centre Daily-Bul & Co met sur pied une exposition intitulée Escargots à gogo

« Un escargot replié sur lui-même de façon à imposer à première vue l’image d’un éclair. » (Marcel Havrenne)

« L’indifférence engagée ? Une manière pour l’escargot de se mordre la queue. » (réponse d’André Balthazar à Jean-Pierre Verheggen)

« A force d’inhaler de la mine de plomb je vis d’étranges vagabondages. Ces derniers temps, alors que mes semblables s’adonnent au bruit, je descends du plafond (où j’ai mes habitudes) pour traînasser sur la feuille en secrétant des baves de crayonnage. Suis-je encore analogue, ou déjà mon prochain ? Ce sont d’innocentes interrogations, somme toute assez confortables » (Roland Breucker, « Petits-Gris », Le Daily-Bul).

L’exposition mettra l’accent sur la présence de l’escargot dans l’histoire du Daily-Bul, depuis l’adoption de l’emblème des éditions (redessiné par Pierre Alechinsky pour la création du Centre Daily-Bul & Co en 2009) jusqu’aux « traces » les plus diverses du gastéropode dans les écrits et les oeuvres plastiques provenant de collaborateurs ou d’artistes proches du Daily-Bul. Aux côtés d’un Roland Topor ou d’un Roland Breucker, grands pourvoyeurs en escargots, des contemporains exposeront une création réalisée spécifiquement pour cette exposition.Parmi les très nombreuses contributions, celles du Capitaine Lonchamps, de Jacques Lizène et de Benjamin Monti.  Des textes d’écrivains (André Balthazar, Jean Dypréau, Jean-Baptiste Baronian, etc.), de nombreux documents issus des archives du Daily-Bul mais aussi des objets prêtés ou issus de la collection personnelle de Jacqueline Balthazar accompagneront ces gasteropodes en tous genres. Un livre, hommage dispersé à Ronald Searle, accompagnera l’exposition.

Vernissage au Daily-Bul ce vendredi 27 janvier. Exposition jusqu’au 29 avril.

Benjamin Monti, Quark, Angoulème

Lorsqu’un Aigle a terrassé sa proie, il ne la dévore pas sur le lieu même, mais souvent il la saisit avec ses serres, et quoiqu’elle soit parfois d’une assez forte pesanteur, à l’aide de son vol puissant, il la transporte dans son aire, et là s’en repait à loisir et la déchire en lambeaux.Les oiseaux de ce groupe ne se nourrissent que de chairs palpitantes, et ce n’est que lorsqu’ils sont excessivement affamés qu’ils se jettent sur les animaux morts. Ce sont ordinairement de gros oiseaux, des Lièvres et des Agneaux qu’ils attaquent; souvent aussi ils s’emparent de vive force de Chevreuils, de Daims et de jeunes Cerfs. Les habitants des montagnes accusent même l’Aigle impérial et l’Aigle royal d’avoir parfois enlevé des enfants. Le fait suivant, qui a été constaté par le témoignage des ornithologistes de la Suisse, et que nous avons eu l’occasion de vérifier, vient attester la véracité de leurs récits. Le 18 juin 1838, deux enfants, Marie Delex , âgée de cinq ans, et Marie Lombard, qui n’avait que trois ans, se jouaient ensemble parmi les rochers d’Alesse , canton du Valais -, tout à coup un Aigle royal se précipita sur Marie Delex et l’enleva dans les airs. Aux cris de sa compagne des paysans accoururent, et l’on chercha partout l’enfant, mais en vain; on ne trouva qu’un de ses souliers aux bords d’un énorme précipice. Après beaucoup de temps consacré en recherches, on découvrit le nid de l’Aigle, dans lequel étaient deux petits au milieu d’une grande quantité d’ossements de Chèvres et de Moutons, mais aucun vestige de l’enfant ne s’y trouvait. Ce ne fut que le 13 août qu’un berger trouva le cadavre de Marie Delex, mutilé d’une manière affreuse et gisant sur un rocher, à une demi-lieue de l’endroit d’où elle avait été enlevée. (Extrait de « Zoologie Classique ou Histoire naturelle du Règne animal, Volume 1 » par Félix-Alexandre Pouchet, seconde édition, considérablement augmentée, 1841)

Les deux dessins ci-dessus composent l’affiche de l’exposition « François Henninger / Benjamin Monti », une exposition organisée par QUARK (31 bis rue des Bezines) 16000 Angoulême. Du 26 au 29 Janvier 2012.
A l’occasion de la 39e édition du Festival International de la bande dessinée d’Angoulême

 

 

Benjamin Monti, à la galerie Saint-Luc Liège

A la galerie de l’école supérieure des Arts de Saint Luc à Liège, une exposition intitulée  « Des galeries à la galerie », dans l’idée d’évoquer le passage du milieu scolaire vers la vie professionnelle.
Les artistes participants : Jean-Marc Chapa, Michiel Ceulers, François Curlet, Michaël Dans, Lara Gasparotto, Benjamin Monti, Pol Pierart, Nicoline Van Stapele, Joël-Peter Witkin.
Et des galeries partenaires :  Espace galerie Flux (Liège) , galerie MAES & Matthys ( Anvers), galerie Micheline Szwajcer (Anvers), galerie Nadja Vilenne (Liège)

Exposition accessible du 20/01/2012 au 17/02/2012 du mercredi au vendredi de 14h à 18h. Vernissage ce jeudi 19 janvier à 18h

Benjamin Monti, sans titre, Encres de chine, sur papier « Perspecta », papier millimétré bicolore pour dessin en perspective. Déposé. Formulaire pour la vue isométrique, 29, 7 x 21 cm, 2010

 

Benjamin Monti, Amnesia & Emulation

Benjamin Monti participe à l’exposition des finalistes au Prix de l’Emulation, soutien à la jeune création plastique, en compagnie de Cathy Alvarez Valle, Laurent Berbach, Alexia Creusen, Nolwenn de Couesnongle, Isabelle Francis, Françoise Hardy, Françoise Hottois, Charles-Henry Sommelette et Graziella Vruna.

Vernissage ce mercredi 9 novembre à 18h. Maison Renaissance, rue Charles Magnette à Liège. Exposition accessible jusqu’au 17 décembre, du mercredi au samedi, de 14 à 18h.

 

Signalons la publication toute récente de :

Amnésia, aux éditions Bruno Robbe.
Imprimé sur les presses de l’Atelier Bruno Robbe à Frameries
Cent exemplaires dont quatre-vingt numérotés et vingt épreuves d’artiste, tous signés par l’auteur. Septembre 2011. (D/2011/9206/01)