Pol Pierart

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Aglaia Konrad et Pol Pierart ont été sélectionnés par le website Turning Photography, mis en ligne à l’occasion du solo de Dirk Braeckman au Pavillon belge de la 57e biennale de Venise.

Aglaia Konrad

Shaping Stones, 2016
25 b/w digital prints pasted on wall
482 × 722 cm
From A to K, Museum M, Leuven, Belgium, 2016

Pol Pierart

Sans titre (Sauter au plafond), 2000
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 × 14,2 cm
Edition 10/10

Flanders Arts Institute, Wallonia-Brussels Federation, BOZAR – Centre for Fine Arts Brussels, FOMU – Fotomuseum and M – Museum Leuven are happy to announce an online special on Belgian contemporary photography in the framework of the Belgian Pavilion at the 57th Venice Biennale

Turning Photography: exploring the edges of Belgian contemporary photography
turningphotography.be
Dirk Braeckman’s selection for the Belgian Pavilion at the 57th Venice Biennale prompted us to turn the spotlight on some of the most audacious artists working in the medium of photography in Belgium today. Their self-reflexive attitude has led to new and daring attempts to redefine the possibilities of the photographic system. Turning Photography unfolds a curated selection of artists’ portraits and essays by prominent critics.

Next to a broad selection of older, more established artists and photographers, Turning Photography focuses on a generation of up-and-coming photographers and visual artists. Their work has been chosen because of its candour and lack of reverence towards more conventional photographic practices.

Turning Photography features a series of commissioned essays and interviews by renowned critics as well as a selection of portraits of artists whose work leads to an experimental exploration and critical re-evaluation of the role of the photographer in the broader field of contemporary visual art and culture. Turning Photography offers an insight into the different positions of artists that exemplify today’s tendency to take the medium to the edges.

With artists’ portraits of Sammy Baloji, Charif Benhelima, David Bergé, Thomas Bernardet, Sébastien Bonin, Dirk Braeckman, Marie José Burki, Tom Callemin, Alexandre Christiaens, David Claerbout, Collectif La Grotte, Michel Couturier, Bert Danckaert, Katrien De Blauwer, Marc De Blieck, Anne De Gelas, Philippe De Gobert, Arnaud De Wolf, Vincent Delbrouck, Lot Doms, Patrick Everaert, Gilbert Fastenaekens, Lara Gasparotto, Agnès Geoffray, Geert Goiris, Liesbet Grupping, Solal Israel, Jan Kempenaers, Stephanie Kiwitt, Aglaia Konrad, Pierre Liebaert, Charlotte Lybeer, Chantal Maes, Katja Mater, Michel Mazzoni, Ria Pacquée, Pol Pierart, Max Pinckers, Benoit Platéus, Sébastien Reuzé, Bruno V. Roels, Stéphanie Roland, Dominique Somers, Jean-François Spricigo, Ana Torfs, Egon Van Herreweghe, Sine Van Menxel, Yoann Van Parys, Els Vanden Meersch, Wim Wauman, Sarah Westphal.

With essays by Steven Humblet, Danielle Leenaerts, Anne-Françoise Lesuisse, Arjen Mulder and Joachim Naudts.

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Jacques Lizène

Jacques Lizène, Marcel Duchamp croisé François Rabelais, technique mixte, 2017

Jacques Charlier, Jacques Lizène, Pol Pierart et Raphaël Van Lerberghe participent tous les quatre à l’exposition « La Comédie du Langage », organisée à la galerie de l’Hôtel de Ville de Chinon (Loire), en hommage à François Rabelais. Vernissage ce 20 mai, exposition jusqu’au 15 octobre 2017. Commissariat : Cindy Daguenet.

La galerie de l’Hôtel de Ville revient sur plusieurs aspects importants de la langue de Rabelais : ses jeux de langage. Anagrammes, palindromes, exercices de styles, calembours, et aphorismes sont au programme d’une grande partie des œuvres présentées dans l’exposition. Mais pas seulement, puisque le langage et la sémantique depuis Un coup de dés jamais n’abolira le hasard de Stéphane Mallarmé, aux premières œuvres des futuristes et au recueil Calligrammes de Guillaume Apollinaire ouvrent une porte vers de nouvelles préoccupations artistiques et intellectuelles au début du 20 ème siècle. Le langage en tant que matière phonétique est pris à bras le corps par des artistes comme François Dufrêne, Joël Hubaut, Bernard Heidsieck et Gherasim Luca à travers des lectures performances. Une exposition riche de plus de 40 œuvres et 60 éditions originales de livres d’artistes. Cette exposition est un hommage à Rabelais et la richesse de notre langage.
Avec : Marcel Duchamp, Angelo Rognoni, Jean Dupuy, Francine Flandrin, Art & Language, Sammy Engramer, Pol Pierart, Anabelle Hulaut, François Dufrêne, Bernard Heidsieck, Olga Adorno, Raphael Van Lerberghe, Jacques Lizène, Christian Xatrec, François Morellet, Patrice Lerochereuil, Jacques Charlier, Zhuo Qi, Joël Hubaut, Gil Joseph Wolman, Jacques Halbert, Raymond Hains et des éditions originales de : Raymond Roussel, Alfred Jarry, Stéphane Mallarmé, Roland Topor, Raymond Queneau, Francis Picabia, F. T Marinetti, Maurice Lemaitre, Isidore Isou, Joël Hubaut, Marcel Duchamp, Jean Epstein, Robert Desnos, Claude Closky, Dan Graham, Henri Chopin, Joseph Kossuth, Robert Filliou, Juliette Roche, …

Pol Pierart

Pol Pierart, Aureboire,technique mixte sur carton, sd. Collection Province de Liège, ancienne collection du Cirque Divers.

Toujours à Chinon, rabelaisienne cité du vin, au musée du Carroi cette fois, c’est Marie Zolamian qui expose en contrepoint de l’exposition « Paroles à boire », très belle sélection de verres à boire de l’Antiquité à nos jours des collections du Grand Curtius à Liège, la deuxième plus grande collection au monde après celle du Musée Corning dans l’Etat de New York. Les verres sont issus de divers pays avec, comme points forts, les verres vénitiens ou réalisés à la façon de Venise, le cristal de Bohême ainsi que les œuvres d’époque Art nouveau ou Art Déco.

coupe syrienne, musée du Grand Curtius

Coupe syrienne, 13e siècle, musée du Grand Curtius Liège.

Dans notre idée de présenter un parcours chronologique sur l’histoire du verre à vin de ses origines à nos jours dans toutes les vitrines du troisième étage du musée, il nous paraissait important d’accorder de la place à une artiste de notre époque pour offrir au public un dispositif constitué de deux séries d’œuvres sur papier et d’une vidéo sur la thématique de l’eau et du vin. Marie Zolamian utilise dans ses œuvres, sa mémoire et ses origines mais également des expériences et des rencontres qu’elle a pu faire ses dernières années notamment lors d’une résidence à Birzeit en Palestine. La série « A servir » présente une procession de femmes parées de coupes, d’aiguières, de flacons remplis de liquides : rouge, bleu ou ocre. Alanguies sur une jarre, accroupies sur un tapis avec un flacon dans leurs mains, puisant l’eau dans un puits au beau milieu d’une oasis, les femmes sont au centre de cette série, à la fois servantes et prêtresses. Le titre « A servir » joue sur ce double sens puisqu’il laisse entendre le mot « asservir », être réduit à la servitude, ce que tout au long de notre histoire les hommes et les textes sacrés imposeront aux femmes.

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Sans titre, de la série A Servir, 2013
gouache sur papier, 21 x 13,5 cm

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Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre (La ville que c’est en béton), 1998
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 3/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre, 2008
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 2/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre (Ca fait du bien d’oter ses choses sûres), 1998 Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 1/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre ( Prisons), 2008
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 3/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre (Utile), 2005
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 3/10

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Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre (Noir c’est boire), 2007
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 3/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre (En char et en os), 2006
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 1/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre (Sauter au plafond), 2000
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 5/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre ( si la mort c’est le néant, c’est toujours mieux que rien), 2008 Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 3/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre (Tabous les morts), 2001
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 3/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Sans titre (Terre à taire), 2007
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x 14,2 cm Edition 10/10. Exemplaire 2/10

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FILM N°2, Une performance d’artiste

Pol Pierart
Film n°2, une performance d’artiste
Film super 8 numérisé, couleurs, son, 00:03:35

Pol Pierart

Pol Pierart

film2_3

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Une suite de performances d’artiste. Un peu ennuyeux, mais ne dure que trois minutes. L’artiste décide de se cogner la tête au mur, ensuite de sauter au plafond. Ca, c’est fait. Son épouse intervient lorsqu’il projette de grimper aux rideaux. Et lui propose, à titre de performance, de débarrasser le plancher.

FILM N°18

Pol Pierart
Film n°18
Film super 8 numérisé, NB, son, 00 :02 :03

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

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L’EXPERIENCE CONTINUE

De Pol Pierart, on connaît bien sûr la peinture, des acryliques sur toiles libres, parfois aussi grandes qu’un calicot, ses travaux sur papier, ses photographies au format d’une carte postale, un médium qu’il décline dans la simplicité du noir et blanc. A ces pratiques, ce glissement continuel d’un médium à l’autre, Pol Pierart a ajouté, au tournant des années 2000, la réalisation de films courts. Paraphrasant Paul Nougé, dont on sait que l’œuvre est capitale pour tout saboteur de langage, je serais tenté d’écrire qu’ainsi, « L’expérience continue », tant ces quatre média s’inscrivent dans une pure continuité, cette mise en jeu des mots, ces mots mis en Je, un continuum que l’artiste nuance en tirant parti des spécificités propres à chaque médium, – l’amplitude de la peinture, l’immédiateté des travaux sur papier, la mise en scène des photographies, le scénario des films – , soucieux, toujours, de travailler de la façon la plus économe qui soit. Lorsqu’on l’interroge sur ses travaux, Pol Pierart, précise, non sans un soupçon de malice, qu’il n’a d’autre revendication au travers de ses créations que celle de tout un chacun : changer le monde ! « La prétention ridicule de ce dessein, ajoute-t-il, ne vous échappera pas, mais ce qui importe réellement, c’est d’aller constamment dans ce sens ». Discret, Pol Pierart agit avec une constance non démonstrative, « qui a ceci d’imprévisible qu’elle continue de retenir le regard et de bousculer nos habitudes de vision ».

J’ai lu, un jour, que les photos de Pol Pierart étaient « trompeuses et drôles, affichant leurs faux airs de natures mortes et leurs vraies bizarreries ». Drôles, pas toujours, drôlement lucides, certainement. Son éditeur les argumente en les qualifiant de photographies calembourgeoises4 ; l’adjectif est singulier. La plupart du temps, ce sont de petites mises en scène appariant des mots et des objets. Des cartons – cartels, des écriteaux, parfois des inscriptions interagissent avec les objets posés dans le champ, voire, lorsque l’artiste quitte l’atelier, avec le paysage urbain. Ce sont de courtes phrases qui fonctionnent comme des énoncés aphoristiques, de petites sentences péremptoires ; elles résonnent comme des slogans, des lieux communs, des phrases de routine, des truismes proverbiaux ou des annonces publicitaires. Pol Pierart substitue une lettre, un phonème pour un autre, il remplace un mot par un autre qui lui est proche, phonétiquement ou sémantiquement. Il bouscule les isotopies, il cherche une efficacité toute perlocutoire, il détourne et modifie le sens; plus simplement, il considère le langage comme une pâte à modeler, en toute irrégularité. (…)

S’ils sont aujourd’hui numérisés, les films de Pol Pierart, ont été réalisés avec une caméra super 8, un format que l’artiste a choisi non par nostalgie, mais bien pour l’aspect familier, voire même familial du format, son caractère courant et sans prestige, ce grain de l’image tellement pictural et si particulier. Les photographies de l’artiste sont de petit format, les films le seront aussi, dépassant rarement les trois minutes. En amont, ils sont très précisément écrits, la postproduction se résume dès lors à peu de choses. Le plus souvent, seul le bruit mécanique du projecteur accompagne le défilement des images. Pol Pierart renoue – c’est naturel – avec le cinéma muet : ses cartons, cartels et inscriptions prennent ici tout leur sens. A la fois scénariste, réalisateur et acteur de ses images, une seule complice prête son concours pour des scénarii en duo, aussi graves que drôles, parfois même désopilants. C’est, une fois encore, l’économie des moyens mis en œuvre qui prime ; ces films – sketches en sont d’autant plus percutants et incisifs. Réalisés pour la plupart dans l’environnement familier du cinéaste, ce sont des films courts cousus de petites choses décousues, de celles qui tissent le quotidien. L’un ou l’autre sortent de ce cadre domestique, tel cet « Autoportrait avec ma ville » (2005), une longue déambulation au gré des paysages urbains, des enseignes et inscriptions en tout genre que le cinéaste repère et associe, phrasant ainsi l’espace urbain : «dans une ambiance de joie», «liquidation», «Bourgeois», «crise», «monstres», «donner sa vie», «tu dois collaborer» se succèdent au fil des plans, littéralement extraits du paysage urbain. On repensera au détournement dialectique situationniste, à la théorie de la dérive de Guy Debord, cette technique de passage hâtif dans des ambiances variées, indissociablement lié à la reconnaissance d’effets de nature psycho géographique et à l’affirmation d’un comportement ludique et constructif, une dimension qui, c’est sûr, plane sur toute l’œuvre de Pol Pierart, comme une attitude inscrite au cœur même du travail.

Film N°16

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart

Pol Pierart
Film n°16
Film super 8 numérisé, NB, son, 00:02 :25

La vie quotidienne, serait-ce tout ou rien ? La caméra de Pol Pierart enregistre les activités matinales d’une femme. Se lever, se laver, boire du thé, faire le ménage, lire un magazine, s’habiller, enfiler son manteau, quitter la maison. Le réalisateur corrige le carton sur lequel est écrit « tout ou rien » et le transforme en Toujours Rien.

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Jacques charlier

Jacques Charlier
Peinture mystique I, 1988
Technique mixte, acrylique sur toile, objets trouvés, 200 x 350 cm

La résonance est un phénomène selon lequel certains systèmes physiques, électriques ou mécaniques, par exemple, sont sensibles à certaines fréquences. Un système résonant peut accumuler une énergie, si celle-ci est appliquée sous forme périodique, et proche d’une fréquence dite « fréquence de résonance ». Par extension de langage, elle est aussi faculté de résonner, propriété d’accroître la durée ou l’intensité d’un son, effet produit, écho rencontré, mode de retentissement d’un événement vécu ; elle est enfin ce qui fait vibrer le cœur et l’esprit. Toutes les œuvres rassemblées dans cette exposition ont cette capacité de résonance, en ce qu’elles sont échos et vibrations des états du monde : excès en tous genres, nationalismes exacerbés et place du religieux, combat féministes renouvelés, exode et immigration, multiculturalisme et chocs ou rencontres des cultures, compétition ou questions environnementales. Elles sont également résonances à d’autres créations d’un passé plus ou moins éloigné, résonances au cinéma ou à la littérature, à l’histoire de l’art et de la peinture, à celle des arts premiers. Le terme de résonances, au pluriel même, est sans doute le plus à même de rendre compte de ce phénomène de mise en mouvement de l’esprit au contact de l’autre, une mise en mouvement qui oblige au dépassement de ses limites et à l’inventivité d’un autre monde.

Avec des œuvres de : James Lee Byars, Jacques Charlier, Lili Dujourie, Charlotte Lagro, Sophie Langohr, Jacques Lizène, Emilio Lopez-Menchero, Jacqueline Mesmaeker, Guy Mees, Benjamin Monti, John Murphy, Pol Pierart, Maurice Pirenne, Valérie Sonnier, Raphaël Van Lerberghe, Marie Zolamian.

Vernissage ce samedi 18 mars à 19h
Exposition du 19 mars au 15 avril 2017.

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Jacques Lennep

Lennep, Peinture casse pipe, 2009, huile, acrylique et craie sur toile, 3 x 64 x 47 cm, collection Jacques Lennep d’après l’oeuvre « La Trahison des Images » de René Magritte (1929)

Jacques Charlier, Jacques Lizène, Pol Pierart et Jacqueline Mesmaeker participent à l’exposition « Images et mots depuis Magritte.
Centre Wallonie-Bruxelles, Paris, dsl 13 octobre au 29 janvier 2017

Œuvres de 27 artistes : Thorsten Baensch, Pierre Bismuth, Marcel Broodthaers, Pol Bury, Jacques Charlier, Patrick Corillon, Christian Dotremont, Peter Downsbrough, Eric Duyckaerts, Eva Evrard, Sylvie Eyberg, Michel François, Maria Gilissen, Ann Veronica Janssens, Djos Janssens, Lennep, Jacques Lizène, Chantal Maes, René Magritte, Marcel Mariën, E.L.T. Mesens, Jacqueline Mesmaeker, Henri Michaux, Jean-François Octave, Pol Pierart, Bernard Queeckers, Joëlle Tuerlinckx, Bernard Villers.

Du surréalisme à Cobra, de l’art conceptuel aux médias actuels, l’exposition Images et Mots depuis Magritte offre un coup de projecteur sur les différents mouvements ou tendances artistiques, en Belgique de langue française, croisant langage et art, texte et geste, pensée plastique et pensée littéraire, poésie visuelle et peinture théorique.

Elle met en évidence une des spécificités de l’art moderne et contemporain, les relations entre les mots, l’écriture et les arts plastiques, tout en mettant en lumière les recherches variées qui s’en inspirent ainsi que leurs développements et leurs évolutions.

Débutant avec Magritte et la publication en décembre 1929 de son manifeste Les mots et les images, le parcours de l’exposition montre la diversité des recherches artistiques poursuivies jusqu’à aujourd’hui, selon la confrontation de l’image et du verbe, de la forme et de la pensée, de l’écriture ou du geste artistique, du langage poétique ou de son expression plastique.

Elle interroge des approches de la modernité et de la contemporanéité aussi différentes que celles pouvant être mises en miroir avec les oeuvres de Marcel Broodthaers, plutôt théoriques et conceptuelles, que d’autres davantage attachées à la dimension littéraire ou scripturale de l’expression artistique, à la suite de l’apport de Christian Dotremont et d’Henri Michaux.

Dans la lignée de Magritte et Broodthaers, Lennep, Jacques Charlier et Jacques Lizène questionnent avec un humour irrévérencieux les positionnements artistiques des avant-gardes des années 70, selon des jeux de mots et d’images tournant en dérision les certitudes conceptuelles autant que les principes esthétiques préétablis.

De nombreuses nouvelles approches artistiques des relations entre mots et images complètent ce panorama et confrontent notamment des dessins, peintures, photographies, vidéos, installations, projections de Pierre Bismuth, Patrick Corillon, Michel François, Ann Veronica Janssens, Djos Janssens, Chantal Maes, Jacqueline Mesmaeker, Jean-François Octave, Pol Pierart, Bernard Queeckers, Joëlle Tuerlinckx…

L’exposition Images et Mots depuis Magritte offre de riches perspectives de dialogues avec l’exposition Réné Magritte, organisée de manière concomitante au Centre Pompidou. Autant de correspondances et de connivences qu’un symposium international mettra en lumière.

Commissariat et scénographie : Michel Baudson.
Adaptation de l’exposition Images et Mots, produite par Wallonie-Bruxelles International et présentée dans le cadre de l’accord culturel Chine / Wallonie-Bruxelles « 2012, Année du dialogue interculturel Union européenne – Chine ».

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Jacques Lizène

Jacques Lizène, Sculpture nulle 1980 avec fumigène, remake 1988. (Collection BPS22)

Jacques Charlier, Jacques Lizène, Emilio Lopez Menchero, Pol Pierart participent tous les quatre à l’exposition Panorama, oeuvres de la collection de la Province de Hainaut au BPS22. Vernissage ce 23 septembre 2016.

À partir du 24 septembre, le BPS22 Musée d’art de la Province de Hainaut propose aux visiteurs deux expositions, l’une dans la Salle Pierre Dupont, l’autre dans la Grande Halle, qui interrogent le rapport qu’entretient l’homme à son environnement.

Metamorphic Earth est la nouvelle installation vidéo immersive du duo d’artistes Gast Bouschet et Nadine Hilbert. Leur art interroge le rapport de l’homme à son environnement. À l’heure où les écosystèmes sont menacés par l’action humaine, que les ressources naturelles s’épuisent, quel équilibre peut encore être (re)trouvé ? Et comment les artistes peuvent-ils y contribuer ? Inspiré par les nouvelles théories et études sur l’évolution de la planète, le duo immerge les visiteurs au cœur d’immenses projections vidéos, rythmées par une puissante bande sonore créée par Stephen O’Malley qui évoque les incessantes métamorphoses et transformations qui animent le cosmos.
En parallèle à Metamorphic Earth, Panorama revisite le genre du paysage au travers d’une sélection d’œuvres contemporaines issues de la collection de la Province de Hainaut. Les œuvres choisies font ainsi écho au rapport qu’entretient l’homme à la nature, au décor et à son environnement. L’exposition rassemble une quarantaine d’artistes dont certains étoffent le propos avec des pièces récentes (hors collection). Au départ d’une multitude de points de vue, réels ou imaginaires, Panorama aborde le désir de rationaliser l’espace, de le personnifier, de l’appréhender ou de le dominer.

Artistes : Gabriel Belgeonne, Balthasar Burkhard, Marie-Ange Cambruzzi, Jacques Charlier, Michel Cleempoel, Michel Couturier, Michael Dans, Edith Dekyndt, Simona Denicolai & Ivo Provoost, David Evrard, Christine Felten & Véronique Massinger, Michel Francois, Michel Frère, Bruno Goosse, Louise Herlemont, Marin Kasimir, Jan Kopp, Sébastien Lacomblez, Frédéric Lefever, Jacques Lizène, Emilio López-Menchero, Jean-Marie Mahieu, Xavier Mary, Deimantas Narkevicius, Juan Paparella, Pol Pierart, Benoit Platéus, Eric Poitevin, Benoît Roussel, Ruptz, Mira Sanders, Franck Scurti, Allan Sekula,José María Sicilia, André Stas, Thierry Tillier, Massimo Vitali

Des évènements viendront compléter la programmation dès octobre 2016 : une journée de réflexion, des goûters philo, des conférences apéro, une performance dansée de Alkistis Dimech sur la musique live de Kevin Muhlen et un concert de Stephen O’Malley.

24.09.2016 > 22.01.2017
Musée d’art de la Province de Hainaut
Bd Solvay, 22 – 6000 Charleroi

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Pol Pierart

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Pol Pierart

Pol Pierart
Autoportrait avec ma Ville, 2005 (Film 15)
Film super 8 numérisé, noir et blanc, son, 00 :02 :43
Conception et réalisation : Pol Pieart. Post-production : galerie Nadja Vilenne

Du lever, (je ne suis pas encore mort), au coucher (je ne suis pas encore mort), une déambulation dans Liège au gré des paysages urbains, des enseignes et inscriptions en tout genre repérées dans la ville : dans une ambiance de joie / liquidation / Bourgeois / crise / monstres / donner sa vie / tu dois collaborer. Le bus qui descend d’Embourg, la ville, ses places, ses ruelles, ses friches urbaines. Deux cartons concluent la séquence: il y a beaucoup de misère dans le monde / et pourtant on ne peut être partout à la fois.

(…)  L’un ou l’autre sortent de ce cadre domestique, tel cet « Autoportrait avec ma ville » (2005), une longue déambulation au gré des paysages urbains, des enseignes et inscriptions en tout genre que le cinéaste repère et associe, phrasant ainsi l’espace urbain : «dans une ambiance de joie», «liquidation», «Bourgeois», «crise», «monstres», «donner sa vie», «tu dois collaborer» se succèdent au fil des plans, littéralement extraits du paysage urbain. On repensera au détournement dialectique situationniste, à la théorie de la dérive de Guy Debord, cette technique de passage hâtif dans des ambiances variées, indissociablement lié à la reconnaissance d’effets de nature psycho géographique et à l’affirmation d’un comportement ludique et constructif, une dimension qui, c’est sûr, plane sur toute l’œuvre de Pol Pierart, comme une attitude inscrite au cœur même du travail. (…)

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Pol Pierart

La galerie participe à En Piste, galeries et centre d’art s’exposent au musée, une initiative de la Ville de Liège et montrera à cette occasion des oeuvres de Pol Pierart.

Signature et présentation  du dernier ouvrage  consacré aux photographies de l’artiste, Pol Paierait, Mon plus beau Posthume, aux Editions Yellow Now

Vernissage le jeudi 2 juin de 18h à 20h30, au BAL, en Féronstrée
Exposition accessible au public du 3 a 5 juin de 10 à 18h

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Pol Pierart

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Pol Pierart

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Pol Pierart
Le bonheur, le malheur, 2001 (Film 14)
Film super 8 numérisé, couleurs, sans son, 00:06:48

De muets instantanés, un film cousu de petites choses décousues : le malheur et le bonheur annoncés par l’auteur sur deux cartons face caméra. Défilent ainsi les images d’un couple assis sur un banc de jardin entouré de potirons et autres cucurbitacées, d’un pèse lettre posé devant un rideau flottant au gré du vent, d’une promenade dans un chemin creux, près d’un ancien fort, d’une chute, celle littérale du caméraman. Un singulier cagoulard, présente à la caméra une série de cartons successifs. J’ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise, lit-on. Je commence par la bonne. Vous allez mourir. La mauvaise maintenant. Pas tout de suite. Deux pieds masculins cachent le centre d’une inscription tracée sur le plancher, tandis que passent deux jambes féminines gainées de nylon. Celles-ci sortent du champ ; l’homme disparait du côté opposé ; ses pieds dévoilent le mot désunir. Au mur, c’est Etre et s’empêtre qui se conjuguent. Travelling sur des haies tracées aux cordeaux sur des pavillons qui abritent autant de bonheurs conformes ; les gazons sont entretenus, les pavés rigoureusement appareillés. Ce sont des images comme on aimerait en voir tous les jours. Comme, peut-être, celles de ce vent d’été glissant dans un rideau de porte, celles de ces passants entraperçus par la fenêtre, celle de cet homme qui repeint sa clôture. Le bonheur pour tout le monde. Une allée de verdure s’étire entre deux haies. Ce qui nous manque ce n’est pas de jouir. Mais de bander, lit-on sur deux cartons successifs. Quant aux nains de jardins, aux boîtes aux lettres les plus kitsch que fixe enfin la caméra, ce sont des emerdveillements. Gros plan final sur le même couple assis sur le même banc de jardin. Ils ont l’air de s’emmerder.

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Pol Pierart

Pol Pierart
Le bonheur, le malheur, 2001 (Film 14)
Film super 8 numérisé, couleurs, sans son, 00:06:48

Pol Pierart

Pol Pierart
Autoportrait avec ma Ville, 2005 (Film 15)
Film super 8 numérisé, noir et blanc, son, 00 :02 :43

Pol Pierart participe à l’exposition Day for Night, exposition de la collection vidéo d’Antoine de Galbert, collectionneur français et fondateur de la Maison Rouge. Portrait du collectionneur autant que collection de portraits d’artistes en acte, cette proposition s’inscrit dans le cadre du festival Normandie Impressionniste.

Vidéos de Pilar Albarracin, Michel Blazy, Blue Noses, Maxim Borolinov, Mohamed Bourouissa, Mircea Cantor, Patty Chang, Steven Cohen, Ann Hamilton, Elika Hedayat, Jean-Charles Hue, Sejla Kameric, Ange Leccia, Ramuntcho Matta, Tania Mouraud, Geert Mul, Hans Op de Beek, Lucien Pelen, Pol Pierart, Louise Pressager, Mika Rottenberg, Roman Signer, Stéphane Thidet, Barthélémy Toguo, Janaina Tschäpe, Adam Vackar, Where Dogs Run.

Exposition du 29 mai au 31 juillet 2016
Vernissage samedi 28 mai 2016 à partir de 18h30

Le communiqué de presse :

« Day for night » (ou nuit américaine) est une technique cinématographique permettant de filmer de jour, des scènes de nuit. Pour obtenir cette obscurité, propice à la projection d’images dans un lieu habituellement éclairé par la lumière du jour, les ouvertures du SHED ont été occultées, plongeant les 600 m2 de l’espace d’exposition dans la pénombre. Positionné au centre du lieu, un dispositif spécifique, fabriqué pour l’occasion, compose quatre surfaces de projection. Cube lumineux – sorte de lanterne magique –, il est entouré d’assises, permettant aux visiteurs de s’installer pour visionner 47 vidéos.
Ces 47 vidéos sont extraites de la collection d’Antoine de Galbert, collectionneur d’art français. A ce titre, elles incarnent les goûts et les obsessions d’un individu, ayant choisi de les partager en créant, en 2000, une fondation et un lieu d’exposition : la Maison Rouge. Foisonnante, la collection d’Antoine de Galbert témoigne de son intérêt pour les vanités – nature morte évoquant la fragilité et la brièveté de l’existence humaine. Cet intérêt se retrouve dans ses vidéos, où la performance, la mise en scène du corps de l’artiste par lui-même, voire la mise à l’épreuve du corps, occupent une place prépondérante. Ainsi dans The Chandelier Project (2002), performance filmée de Steven Cohen (artiste, performer et chorégraphe sud- africain né en 1962), l’artiste déambule sur talons hauts, maquillé et vêtu d’un lustre à pampilles, dans un township de Johannesburg voué à la démolition. Plus sarcastique, Barthélémy Toguo (né en 1967 au Cameroun, vit à Paris et Bandjoun) se met en scène dans The Thirsty Gardener, (2005) arrosant une plante en pot, faite de billets de banque. Minimaliste burlesque, Roman Signer (artiste suisse né en 1938) se montre, dans Punkt (2006), assis devant un chevalet, un pinceau à la main, sursautant au bruit d’un pétard qu’il a lui-même lancé et produisant ainsi la seule trace faisant le tableau…
Un programme chronométré permettra d’organiser sa visite comme on irait au cinéma, en choisissant sa séance. Chacun pourra venir spécialement pour découvrir le travail d’artistes de renommée internationale, tels que Michel Blazy (né en 1966 – une exposition se tient au Portique, au Havre, jusqu’au 2 juillet) et Mika Rottenberg (née en Argentine en 1976, dont une monographie ouvrira au Palais de Tokyo en juin prochain), présente dans l’exposition avec Sneeze (2012) ; d’artistes français émergents tels que Lucien Pélen (né en 1978 à Aubagne), dont le SHED présentera un ensemble de vidéos, frappantes par leur paysages sublimes et leur poésie beckettienne ; ou encore un ensemble de vidéos de Jean-Charles Hue, cinéaste et plasticien français né en 1968, remarqué pour deux de ses longs métrages : La BM du Seigneur (2011) et Mange tes morts : tu ne diras point (prix Jean-Vigo, 2014).
DAY FOR NIGHT sera la troisième exposition du SHED, nouveau lieu pour l’art contemporain, ouvert en septembre 2015, à l’initiative d’un groupe d’artistes et de curateurs. Il est situé dans une ancienne usine de mèche de bougie, l’usine Gresland, dans une vallée industrielle de l’agglomération de Rouen. La particularité du SHED est d’être géré par des artistes, qui ont collectivement acquis le lieu pour y aménager une résidence d’artistes, un espace d’exposition, des ateliers et des stockages.

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A l’occasion de l’exposition consacrée à Pol Pierart au Grand Curtius à Liège, paraît un nouvel ouvrage concernant les photographies de l’artiste.
Pol Pierart
Mon plus beau posthume
Editions Yellow Now
64 pages, noir & blanc.

Pol Pierart

Six petits livres avec ses photographies ont paru entre 2000 et 2016 chez Yellow Now. Tous au format 17 x 12 cm ou 12 x 17 cm, 64 pages.
Les photographies mises en scène et appariées à des mots sont d’une grande sobriété de moyens. Les images vont à l’essentiel, rendant facile la lecture de l’œuvre, dont se dégage par ailleurs une certaine poésie. Il s’y entoure d’objets proches (son ours, son squelette…), appartenant à la vie quotidienne. Pol Pierart précise, non sans malice, qu’il n’a, au travers de ses créations, d’autre revendication que celle de chacun : changer le monde ! « La prétention ridicule de ce dessein ne vous échappera pas, mais ce qui importe réellement, c’est d’aller constamment dans ce sens.
1. Ça fait du bien d’ôter ses choses sûres, 2000.
2. Photos pour faire un monde, 2004.
3. Je suis photortographe, 2006.
4. La Vie en ronces, 2007.
5. Angoisse ça te regarde, 2013.
6. Mon plus beau posthume, 2016.

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Au Grand Curtius, du 10 mars au 1er mai
Féronstrée 136 4000 Liège

Pol Pierart

Pol Pierart
Existera, 2013
Acrylique sur toile libre, 170 x 223 cm

L’EXPERIENCE CONTINUE

De Pol Pierart, on connaît bien sûr la peinture, des acryliques sur toiles libres, parfois aussi grandes qu’un calicot, ses travaux sur papier, ses photographies au format d’une carte postale, un médium qu’il décline dans la simplicité du noir et blanc. A ces pratiques, ce glissement continuel d’un médium à l’autre, Pol Pierart a ajouté, au tournant des années 2000, la réalisation de films courts. Paraphrasant Paul Nougé, dont on sait que l’œuvre est capitale pour tout saboteur de langage, je serais tenté d’écrire qu’ainsi, « L’expérience continue »1, tant ces quatre média s’inscrivent dans une pure continuité, cette mise en jeu des mots, ces mots mis en Je, un continuum que l’artiste nuance en tirant parti des spécificités propres à chaque médium, – l’amplitude de la peinture, l’immédiateté des travaux sur papier, la mise en scène des photographies, le scénario des films – , soucieux, toujours, de travailler de la façon la plus économe qui soit. Lorsqu’on l’interroge sur ses travaux, Pol Pierart, précise, non sans un soupçon de malice, qu’il n’a d’autre revendication au travers de ses créations que celle de tout un chacun : changer le monde ! « La prétention ridicule de ce dessein, ajoute-t-il, ne vous échappera pas, mais ce qui importe réellement, c’est d’aller constamment dans ce sens ». Discret, Pol Pierart agit avec une constance non démonstrative, « qui a ceci d’imprévisible qu’elle continue de retenir le regard et de bousculer nos habitudes de vision »2.

J’ai lu, un jour, que les photos de Pol Pierart étaient « trompeuses et drôles, affichant leurs faux airs de natures mortes et leurs vraies bizarreries »3. Drôles, pas toujours, drôlement lucides, certainement. Son éditeur les argumente en les qualifiant de photographies calembourgeoises4 ; l’adjectif est singulier. La plupart du temps, ce sont de petites mises en scène appariant des mots et des objets. Des cartons – cartels, des écriteaux, parfois des inscriptions interagissent avec les objets posés dans le champ, voire, lorsque l’artiste quitte l’atelier, avec le paysage urbain. Ce sont de courtes phrases qui fonctionnent comme des énoncés aphoristiques, de petites sentences péremptoires ; elles résonnent comme des slogans, des lieux communs, des phrases de routine, des truismes proverbiaux ou des annonces publicitaires. Pol Pierart substitue une lettre, un phonème pour un autre, il remplace un mot par un autre qui lui est proche, phonétiquement ou sémantiquement. Il bouscule les isotopies, il cherche une efficacité toute perlocutoire, il détourne et modifie le sens; plus simplement, il considère le langage comme une pâte à modeler, en toute irrégularité.

Bon nombre de ces courtes affirmations sont en effet des calembours, ces jeux de mots fondés sur une similitude de sons recouvrant une différence de sens. On repensera aux aphorismes de Paul Nougé, encore lui. « On sait ce que parler veut rire ». « A l’humour à la mort ». Dans ses « Notes sur la poésie »5, le poète surréaliste s’explique sur ses relations particulières au langage. Celui-ci, estime Nougé, et particulièrement le langage écrit, est tenu pour un objet, un objet agissant sans doute, c’est à dire capable à tout instant de faire sens, mais un objet détaché de qui en use au point qu’il devient possible, dans certaines conditions, de le traiter comme un objet matériel, une matière à modifications, à expérience. Dans l’œuvre de Pol Pierart, le langage est un objet modifiable à la manière d’un objet matériel, ces cartels et écriteaux dans l’image, que Pol Pierart met d’ailleurs en relation avec d’autres objets matériels, un ours en peluche, un squelette, un crucifix, des espadrilles, une mappemonde, un gant, toutes sortes d’objets courants et sans prestige. Ses mises en scènes sont simples et directes, percutantes. Tout appartient au quotidien du langage et de la vie. Un rien suffit à donner du sens. Il s’agit de « prendre les éléments de la création aussi près que possible de l’objet à créer, jusqu’à tendre à cette situation idéale où la chose souhaitée naîtrait, par l’introduction d’une seule virgule »6 : c’est là encore la leçon nougéenne. Escamoter une lettre dans un mot suffit parfois à en changer le sens. Ou même une partie de lettre. « Je me sens bien », tracé en majuscules, se transforme en « je me sens rien » dès le moment où l’artiste pose simplement le doigt sur la base du tracé de la lettre B. Un doigt, qu’il se permet d’ailleurs d’écrire « je doigt » dès que celui-ci se fait injonctif. Lorsqu’un un char d’assaut miniature écrase un petit squelette désarticulé, c’est « en char et en os ». Un inquiétant gant de cuir noir posé comme un rapace sur une mappemonde évoque « la loi du plus fort / la loi du plus mort ». Certaines de ces images sont de véritables Vanités, d’autres évoquent la difficulté d’être, l’inconvénient d’être né, l’inéluctabilité de la mort. « Un pied devant l’autre, les deux pieds devant ». De sa bêche, l’artiste retourne son jardin, c’est « Faire labour », une bêche à laquelle il accroche, plus tard, un écriteau tranchant : « Terre à taire » et qui, in fine, lui permet de creuser sa propre tombe car « Mourir, c’est finir le moi ». D’ailleurs, « tant qu’à mourir, autant le faire soi-même ». Pol Pierart pointe toutes nos angoisses existentielles, il épingle nos contradictions. « Exceptez-moi comme je suis ». Ses satires portent sur l’hypocrisie ou l’égarement religieux, « Prions – prisons » ; il souligne les cruautés planétaires, les injustices sociales, – « home street home » -, ou la simple difficulté d’être ensemble : « haine – humaine », « tout seul, on est rien, ensemble on est trop ». Ainsi passe-il du registre le plus trivial ou même atmosphérique car « Même la pluie tombe de travers » -, au registre le plus grave: « tout baigne – dans le sang ». Le calembour est ludique, l’intention, elle, est grave. Grave, grinçante même, drôle ou tendre à la fois. En un mot, de toute humanité et de toute inquiétude.

Le lien qui s’établit entre l’émetteur et le destinataire du jeu de mots nougéen, écrit Geneviève Michel7, est celui de l’éveilleur à l’éveillé : la légère distorsion éveille, en effet, l’attention, la curiosité, l’intérêt du lecteur; et le décalage de sens est sensé conduire le lecteur – regardeur attentif, réceptif, à une réflexion, à une remise en question, à un enrichissement de l’esprit. Pol Pierart n’a jamais considéré la création comme une fin ne soi, mais bien comme une adresse au spectateur. Par ses photographies, il nous apostrophe et nous éveille. Il s’est toujours revendiqué des phylactères de son enfance. Les grandes grèves de la sidérurgie liégeoise l’ont également marqué : revendications, calicots, panneaux et écriteaux ont influé son imaginaire. Il y a une similitude entre le slogan, qu’il soit publicitaire, social ou politique, et l’énoncé poétique, en ce sens qu’ils utilisent les mêmes ressources de la langue, bien que leurs fins soient évidemment différentes. Souvenons-nous de « la publicité transfigurée » de Nougé (1927), cette action où le poète promène dans les rues de Bruxelles un placard géant sur lequel est écrit : « Ce boulevard encombré de morts. Regardez vous y êtes »8. L’action, à l’époque, est passée parfaitement inaperçue, valeur d’usage du placard et valeurs d’échanges que celui-ci véhiculait complètement parasitées l’une par l’autre. On comprend dès lors mieux cette constance discrète, lucide et décidée de Pol Pierart. L’expérience continue, certes.

Si ses photographies agissent comme des apostrophes, la peinture, quant à elle, autorise l’artiste à saisir la présence physique du mot, de façon plus essentielle, plus existentielle même. Un mot ou deux, rarement plus, quel que soit le format de la toile libre qu’il investit, un lettrage simple, libre, normalisé. Biffures, ratures, tracés d’épaisseur différentes : le mot ici se transfigure offrant tout son potentiel polysémique. C’est là cette qualité spécifique du médium car, plus encore dans ses toiles et travaux sur papier, les mots sont aussi graphies, cette matérialité que l’artiste triture du pinceau de façon volontairement imparfaite. Les toiles libres de Pol Pierart ne sont pas que calicots poétiques : il nous faut ici évoquer la couleur, la peinture au plein sens du terme, celle-ci qui – à propos – se met si difficilement en mots. Ceux de Pol Pierart s’étalent dans la couleur de ses toiles le plus souvent monochromatiques, une matière vivante que l’artiste traite toute en nuances. Le peintre évite la couleur pure, il œuvre en transparences, ne dédaigne jamais l’inachevé, opte pour les infinies tonalités de la couleur posée en couches successives. Ainsi tire-t-il parti des qualités ontologiques du médium.

S’ils sont aujourd’hui numérisés, les films de Pol Pierart, ont été réalisés avec une caméra super 8, un format que l’artiste a choisi non par nostalgie, mais bien pour l’aspect familier, voire même familial du format, son caractère courant et sans prestige, ce grain de l’image tellement pictural et si particulier. Les photographies de l’artiste sont de petit format, les films le seront aussi, dépassant rarement les trois minutes. En amont, ils sont très précisément écrits, la postproduction se résume dès lors à peu de choses. Le plus souvent, seul le bruit mécanique du projecteur accompagne le défilement des images. Pol Pierart renoue – c’est naturel – avec le cinéma muet : ses cartons, cartels et inscriptions prennent ici tout leur sens. A la fois scénariste, réalisateur et acteur de ses images, une seule complice prête son concours pour des scénarii en duo, aussi graves que drôles, parfois même désopilants. C’est, une fois encore, l’économie des moyens mis en œuvre qui prime ; ces films – sketches en sont d’autant plus percutants et incisifs. Réalisés pour la plupart dans l’environnement familier du cinéaste, ce sont des films courts cousus de petites choses décousues, de celles qui tissent le quotidien. L’un ou l’autre sortent de ce cadre domestique, tel cet « Autoportrait avec ma ville » (2005), une longue déambulation au gré des paysages urbains, des enseignes et inscriptions en tout genre que le cinéaste repère et associe, phrasant ainsi l’espace urbain : «dans une ambiance de joie», «liquidation», «Bourgeois», «crise», «monstres», «donner sa vie», «tu dois collaborer» se succèdent au fil des plans, littéralement extraits du paysage urbain. On repensera au détournement dialectique situationniste, à la théorie de la dérive de Guy Debord, cette technique de passage hâtif dans des ambiances variées, indissociablement lié à la reconnaissance d’effets de nature psycho géographique et à l’affirmation d’un comportement ludique et constructif, une dimension qui, c’est sûr, plane sur toute l’œuvre de Pol Pierart, comme une attitude inscrite au cœur même du travail.

Jean-Michel Botquin
Liège, février 2016.

1 Marcel Mariën est à l’origine des deux volumes de Nougé publiés en 1956 et 1967 (aux éditions Les lèvres Nues, repris en 1980 et 1981 à l’Age d’Homme, coll. Cistre Lettres différentes) et intitulés respectivement Histoire de ne pas rire et L’expérience continue.
2 Julie Bawin, « Je peins donc nous sommes », L’humanité de l’art selon Pol Piérart, dans l’Art Même #34, 2007.
3 Philippe Dagen, « Pol Pierart, acrobate des doutes », dans Le Monde, 8 décembre 2002.
4 A l’occasion de cette exposition, les Editions Yellow Now éditent un sixième volume des photographies de Pol Pierart : « Mon plus beau Posthume ».
5 Paul Nougé, Notes sur la poésie, dans Les Lèvres Nues, n°3, octobre 1954
6 Paul Nougé, Pour s’approcher de René Magritte, repris dans Histoire de ne pas rire, Les lèvres nues, Bruxelles, 1956
7 Geneviève Michel, Paul Nougé, la réécriture comme éthique de l’écriture, Université de Barcelone, 2006
8 Michel Biron, Le refus de l’œuvre chez Paul Nougé, dans Textstyles, n°8. Novembre 1991. Surréalismes de Belgique.

Pol Pierart

Pol Pierart
Tout seul on n’est rien, ensemble on est trop, 2008
Photographie NB, tirage argentique sur papier baryté, 9,8 x14,2 cm. Edition 10/10

Pol Pierart

Pol Pierart
Las, 2009
technique mixte sur papier, 42 x 50 cm

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