Archives par étiquette : Valerie Sonnier

Valérie Sonnier, Le regard du temps

Valerie Sonnier participe à l’exposition Lez Regard du Temps, un commissariat de Brigitte Saby, du 2 au 12 Juin 2021, 36, rue du Fer-à-Moulin – 75 005 Paris , off du Parcours Saint-Germain 2021, une initiative de l’association CulturFoundry, collectif de collectionneurs actif dans le domaine du mécénat.

Rue Boileau, série, tirage argentique sur papier baryté, 2005 © Valérie Sonnier

Les artistes, résistants et visionnaires, nous apportent leur regard singulier sur ce qu’ils entendent par les mots nature et éléments. Quelle perception les artistes ont-ils de la nature? Comment s’intègre-t-elle dans leur travail ? Dans quelle mesure nous aident-ils à prendre conscience des possibilités d’une réalité plus coopérative et harmonieuse ? Dans ces temps d’émulation, il nous est offert une chance de voir différemment notre environnement. L’homme, en changeant son regard et en développant sa sensibilité, peut agir positivement sur son milieu. Le naturaliste Alexander Von Humboldt explique que pour comprendre la nature, l’émotion et la poésie sont nécessaires. Notre subjectivité alliée à notre intelligence nous permet d’entendre le monde, d’en saisir son unité, et par conséquent de le respecter et de l’aimer.

Avec : Camille Benarab-Lopez, Rebecca Bournigault, Daniela Busarello,  Géraldine Cario,  Wolf Cuyvers, Roseline Delacour, Deborah Fischer, Anne Gorouben Jihee Han, Pierre Hanau, Mael Le Golvan, Nikolaj Bendix, Skyum Larsen, Diego Movilla, Marie-Luce Nadal, Benoît Piéron, Laurent Saksik, Valérie Sonnier, Jean-Claude Wouters, Anaïs Wulf. 

Valérie Sonnier, Habiter le lieu, Montrésor, entretien avec Anne-Laure Chamboissier

Valérie Sonnier, Montrésor, crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 2020
Valérie Sonnier, Montrésor, film super 8 mm numérisé, 10 min, 2021

Entretien entre Valérie Sonnier et Anne-Laure Chamboissier, commissaire de l’exposition. 

Tu as été invitée à réaliser un projet in situ au Château de Montrésor. Qu’est-ce qui a suscité chez toi l’intérêt pour ce lieu ?

VS.  J’ai tout de suite été enthousiaste à l’idée d’investir le Château de Montrésor. Mon intérêt a tout d’abord été suscité par la richesse de l’histoire de la famille qui se transmet le château depuis sept générations, ainsi que par la découverte lors de ma première visite de toute une partie « abandonnée » dont je n’avais pas soupçonné l’existence. Deux espaces coexistent : celui de l’étage laissé à l’abandon et la partie du château accessible au public, comme figé dans le temps. En effet, c’est l’un des rares châteaux de la région à être encore meublé comme à l’origine et tout visiteur s’y  promenant peut  aisément   ainsi   imaginer  comment la famille y vivait il y a peu de temps. Ce contraste était parfait pour parler du temps qui passe, mais aussi plus précisément pour rendre hommage à celles et ceux qui ont constitué l’histoire de ce lieu, évoquées par la présence – dans mon film tout au moins – d’un fantôme, question récurrente dans mon travail. Dans un précédent projet filmique, « Des pas sous la neige » (exposé au Frac Île- de-France au Château de Rentilly dans le cadre de l’exposition « Le Cabaret du néant »), j’avais filmé la maison familiale avant de la quitter, puis vide de tout meuble et habitée par un fantôme. Son apparition symbolise aussi bien tous les esprits que les êtres ayant habité ces lieux.

Tu as séjourné en résidence au château à trois périodes. Comment ces temps sont-ils venus nourrir ton projet ?

VS. Ces trois séjours m’ont permis de filmer et de photographier les intérieurs et extérieurs du château. Certaines idées de plans s’imposaientdéjà dès la première visite mais beaucoup d’autres sont venues au fur et à mesure en passant du temps sur place. Je filme en super 8 et envoiemes films à Berlin pour le développement. Il se passe deux à trois semaines entre l’envoi et le moment où je peux voir les images. J’avais donc besoin d’espacer ces trois séjours pour filmer en fonction des résultats obtenus. Je pensais à l’idée de l’or, du trésor de Montrésor (il existe une « salle du trésor » dans le château) et j’ai commencé des dessins en utilisant des pigments dorés. Finalement l’or est apparu en visionnant la version négative des films couleur, ce qui a déterminé ma façon de filmer pendant les deux derniers séjours. Parallèlement aux séances de prises de vues j’ai pu rencontrer des descendants du Comte Xavier Branicki. Ils ont généreusement accepté de répondre à mes questions, de me raconter l’histoire de la famille et de la Pologne et j’ai pu enregistrer des sons lors d’une soirée de Noël, occasion de retrouvailles familiales autour de chants polonais. L’installation sonore dans le projet « Montrésor » reprendra une partie de ces sons.

« Montrésor » se présente comme une vaste installation qui se déploie dans différentes pièces à l’intérieur du château. De quelle manière as-tu articulé ces  multiples éléments dans l’espace : film, dessins, photographies, son… ?

VS. Le film va être projeté dans une salle uniquement dédiée à la projection qui sera, selon l’envie, au début ou à la fin du parcours. Les dessins sont une présentation du décor, une série de vues extérieures du château. Un seul grand dessin ouvrira  le  parcours en répondant aux trophées de chasse qui ornent les murs de la salle à manger. Les photographies et les installations sonores viendront ponctuer le parcours, l’idée étant d’articuler les pièces in situ en gardant une certaine « légèreté de présence ».

Valérie Sonnier, Les trois états de la Pologne, interventions sur livres, 2021
Entre chien et loup, d’après La chasse au loup d’Alexandre-François Desportes, fusain sur papier, 2021
Valérie Sonnier, Fantasmagories, photographies argentiques et photogrammes sur transparents dans cadres anciens, 2021

Ce lieu est un lieu habité d’Histoire avec un grand H (celle de la Pologne et de la France) et celle intime d’une famille sur plusieurs générations à travers les objets et souvenirs qui meublent le château. Comment es-tu venue te glisser à l’intérieur de cela ? Est- ce une forme de nouveau récit que tu nous offres ? Et si oui quel est-il ? Ou participes- tu par ton intervention d’une sorte de revivifiance de ce lieu ?

VS. L’Histoire avec un grand H est effectivement très présente dans le château, à travers des peintures et des objets. Xavier Branicki acheta Montrésor en 1849 et en fit un refuge et un lieu de retrouvailles pour des générations de polonais. Pendant la seconde guerre mondiale, Anna Potocka  s’engagea à l’âge de 77 ans dans la résistance et joua un rôle important en accueillant au  château  les  résistants  et les juifs qui voulaient franchir la ligne de démarcation pour échapper aux nazis. J’ai aussi découvert la complexité de l’histoire de la Pologne en m’intéressant à Montrésor. Je n’ai pas choisi d’en faire l’axe principal du projet mais dans la salle de billard dans laquelle deux grands tableaux d’Histoire se font face, une pièce montrera les différents états du territoire polonais. Quant à l’histoire de la famille, elle sera présente dans le film et dans l’histoire du fantôme. Des photographies viendront se mêler aux photographies de famille. L’histoire du château est aussi une histoire  de   femmes.   Xavier  Branicki  en fit l’acquisition sur les conseils de sa mère. Anna Potocka, évoquée précédemment, a été une figure emblématique de la famille. Dans une des salles du château sont exposés exclusivement des portraits de femmes. J’y installerai une pièce qui évoquera la transmission grâce à la participation des trois filles de Georges et  Geneviève Szerauc, la dernière génération des femmes de Montrésor. Pour répondre à ta question, je pense que l’histoire du fantôme introduit une forme de nouveau récit et surtout une nouvelle façon d’évoquer les personnages de cette famille. La revivifiance étant amenée par la présence des voix, des chants et des femmes de la dernière génération.

Dans ton travail, comme cela est le cas ici, la question de lier intimement mémoire individuelle et collective est quelque chose de récurrent. J’aimerais que tum’en parles plus précisément.

VS. Dans mes premiers films super 8 « Le jardin et La plage » j’insérais des passages extraits de films 8 mm filmés par ma grand- mère de mes frères et moi enfants. J’utilisais ces images de films de famille afin de provoquer les souvenirs et d’établir un lien à une mémoire collective de l’enfance. Pour le projet Montrésor, contrairement à ce que j’avais supposé, il n’existe pas (ou cela a été égaré) d’archives familiales filmiques. Le lien entre mémoire individuelle et collective se fera donc autrement. Il existe surtout par l’histoire de la famille, le rapport à l’exil et l’attachement au pays d’origine, aux racines, et par l’engagement  d’Anna  Potocka  dans la résistance… survient alors pour nous la mémoire collective de la seconde guerre mondiale, celle que nous avons tous par les récits, les films, les images. Quant à l’exil, si l’on s’attache à l’idée de l’importance des racines, nous avons tous des racines familiales dont nous nous sommes plus ou moins éloignés. Les films dans le jardin parlaient aussi de cela, de l’importance du lieu premier, celui où l’on a passé son enfance et dont on se souvient toujours. Enfin, l’utilisation de l’extrait sonore d’un film de 1942 pourra provoquer des souvenirs cinématographiques chez certains sans forcément être associés au film cité mais à l’ensemble du cinéma français des années 40 et d’après-guerre.

Entretien publié dans le guide du visiteur de l’exposition. 

Exposition du 19 mai au 31 octobre 2021 au Château de Montrésor

Château de Montrésor 11 Rue Xavier Branicki 37460 Montrésor +33 2 47 19 27 50

Valérie Sonnier, Habiter le lieu, Château de Montrésor, ouverture dès ce 22 mai

Valérie Sonnier, Montrésor,  crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 2020

« Montrésor » est une vaste installation (dessins, film, photographies, son) que le spectateur est amené à découvrir au fil de sa déambulation dans l’espace intérieur du château. Les dessins se mêlent aux objets du château, s’ajoutent aux photographies de famille encadrées et posées sur des commodes. Le dessin permet à l’artiste d’établir « un portrait » du lieu en l’explorant dans ses moindres détails. Le film et les photographies poursuivent la description des lieux et rendent hommage aux vies les ayant traversés sous la forme d’un fantôme. Une forme blanche fidèle à la  première idée que l’on peut se faire d’un fantôme dès l’enfance, et qui représente tous les fantômes du lieu. Valérie Sonnier s’attache, non seulement, à évoquer la mémoire de lieux, mais également à lier intimement mémoire individuelle et mémoire collective.

Réunis par Anne-Laure Chamboissier, commissaire artistique, une dizaine d’artistes, ont été invités à habiter des lieux* en Touraine du printemps  à  l’automne 2021 à la suite d’une résidence de création. La thématique « Habiter le lieu » prend tout son sens en une période où chacun revoit ses modes de vie et les espaces qui l’entourent. Les artistes réinterrogent ce qui constitue ces lieux, que cela soit à travers le prisme de leur histoire, de leur architecture ou de leur fonction. Ces oeuvres dessinent une nouvelle cartographie sensible du territoire via leur regard singulier posé sur ces lieux.

Château d’Azay Le Rideau : Anne-Laure Sacriste, Chartreuse du Liget : Benoît Fougeirol, La Collégiale De Bueil-en- Touraine : Cécile le Talec,Château de Gizeux : Guillaume Constantin, Château de Valmer : Charles le Hyaric, Château de Champchevrier : Diego Movilla, Prieuré de St Cosme : Natalia Jaime Cortez, Château de Saché : Léa Bismuth et Nicolas Boulard, La Deviniere : Jean- François Guillon et Didier Galas, Domaine de Candé-Monts : Mézan d’Urville et écoMusée du Véron : Florent Lamouroux.

Exposition du 19 mai au 31 octobre 2021 au Château de Montrésor

Château de Montrésor 11 Rue Xavier Branicki 37460 Montrésor +33 2 47 19 27 50

 

Valerie Sonnier, le Cabaret du Néant, château de Rentilly

Valérie Sonnier
Galerie Huguier, série
Tirage argentique sur papier baryté, 50.5 x 61 cm, 2008 – 2019

Nouvelles dates pour l’exposition Le Cabinet du Néant au parc culturel de Rentilly, situé à une trentaine de kilomètres à l’Est de Paris. Ouverte début mars, fermée précocement pour raison sanitaire, l’exposition sera accessible du 18 septembre au 15 novembre 2020. Valérie Sonnier y participe. Dix ans après un premier travail et une première donation en 2009 en lien avec l’exposition Figures du corps, écrit Anne-Marie Garcia, pour la seconde fois, Valérie Sonnier pose son appareil photographique dans la galerie Huguier, dont elle retranscrit l’atmosphère si particulière d’un lieu figé et converti en cabinet de curiosités où s’accumulent moulages, mannequins anatomiques, squelettes, écorchés et autres animaux. Elle y porte un regard ambivalent d’artiste enseignante qui, véritable passerelle entre le passé et le présent, redonne corps et vie à des objets historiques et pédagogiques momifiés par le temps.
L’ensemble de ce travail, photographies et film Super 8, évoquera les esprits qui ont traversé ces lieux à travers la présence d’un fantôme, le fantôme des Beaux-arts.

Valérie Sonnier
Galerie Huguier, série
Tirage argentique sur papier baryté, 61 x 50.5 cm, 2008 – 2019

En référence au célèbre cabaret à thèmes installé à la fin du XIXe siècle à Montmartre et qui déployait son ambiance parodique et funèbre en se jouant avec une ironie sulfureuse de situations macabres, le Frac Île-de-France et la Communauté d’Agglomération de Marne et Gondoire présentent au Château de Rentilly, Le Cabaret du Néant , une exposition conçue par la nouvelle filière « Métiers de l’exposition » des Beaux-Arts de Paris, qui associe des artistes contemporains aux chefs-d’oeuvre de la collection des Beaux-Arts de Paris.

Du tragique au parodique en fonction des évolutions de la société et de ses moeurs, des convictions religieuses comme des découvertes scientifiques, le sujet : « souviens-toi que tu vas mourir » parcourt l’art et la littérature. Depuis les fameuses danses macabres apparues au XVe siècle, il n’a cessé d’interpeler publics et créateurs tout en subissant des transformations profondes.

Contemporaine du célèbre cabaret du néant installé en 1892 boulevard de Clichy (Paris 18e) et qui donne son titre à l’exposition, la notion du néant connaît une autre interprétation, une autre vision d’un même abîme, pas moins terrible mais plastiquement inverse ; celle qui, dans le sillage de Mallarmé, conduit à considérer la vie humaine comme « de vaines formes de la matière (…) s’élançant forcément dans le rêve qu’elle sait n’être pas (…) et proclamant, devant le Rien qui est la vérité, ces glorieux mensonges ! ». Le rôle du poète et donc de l’art consisterait ainsi, selon Mallarmé, à tirer l’homme de ce « Rien », comme du fond d’un naufrage, par le jeu suprême de la création.

Le thème du « néant » est décliné en trois parties dans l’exposition :

– Le festin des inquiétudes, partie tournée vers le passé et inspirée à la fois par ce célèbre cabaret et par l’imaginaire d’un Moyen Âge marqué par la fragilité de la vie et la fantaisie occulte. Elle rassemble des oeuvres spectaculaires, d’Albrecht Dürer ou Francisco de Goya à Jean-Michel Alberola, comme autant de Vanités rappelant avec humour et dérision le destin de l’être face à la mort.

– L’anatomie de la consolation, qui nous conduit à travers les découvertes scientifiques et anatomiques des XIXe et XXe siècles avec des oeuvres de Gautier d’Agoty, Géricault… La mort et le vide y sont envisagés sous un angle à la fois plus rationnel et plus immatériel.

– Fin de partie, un espace simultanément vide et trop plein faisant écho à la pièce éponyme de Samuel Beckett, ultime contemplation du vide qui invoque une forme d’ivresse sensible, comme un refus de l’être de succomber à la fatalité de sa propre existence, avec des oeuvres de Marcel Duchamp, Alain Séchas, Hicham Berrada…

Exposition conçue à l’invitation de Xavier Franceschi sur une idée de Jean de Loisy, développée et réalisée par Simona Dvořáková, César Kaci (commissaires résidents aux Beaux-Arts de Paris), Sarah Konté, Yannis Ouaked, Violette Wood, Kenza Zizi (étudiants de la filière « Métiers de l’exposition »)*, sous la direction de Jean de Loisy et de Thierry Leviez, en collaboration avec les équipes du Frac Île-de-France et du Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier.

*La filière « Métiers de l’exposition » est une nouvelle filière professionnalisante, proposée aux étudiants de 3e année des Beaux-Arts de Paris, conçue en partenariat avec le Palais de Tokyo.

Jean-Michel Alberola, Ismaïl Bahri, Evgen Bavcar, Hicham Berrada, Christian Boltanski, Xavier Boussiron, Flora Bouteille, Pierre Louis Deseine, Jean Baptiste Désoria, Marcel Duchamp, Albrecht Dürer, Nina Galdino, Matthias Garcia, Gautier d’Agoty, Théodore Géricault, Francisco de Goya, Graham Gussin, Lucien Hervé, Hans Holbein, Jean-Antoine Houdon, Pierre Huyghe, Claire Isorni, Ann-Veronica Janssens, Christian Lhopital, Marc Lochner, Antoine Marquis, Bernhard Martin, Romain Moncet, Damien Moulierac, Alicia Paz, Benoît Pype, Valentin Ranger, Hugues Reip, Bettina Samson, Pierre-Alexandre Savriacouty, Alain Séchas, Valérie Sonnier, Victor Yudaev, Tereza Zelenková …

le château, rentilly. Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier, 1, rue de l’Étang, 77 600 Bussy-Saint-Martin.

Valérie Sonnier
Galerie Huguier, série
Tirage argentique sur papier baryté, 61 x 50.5 cm, 2008 – 2019
Valérie Sonnier
Galerie Huguier, série
Tirage argentique sur papier baryté, 50.5 x 61 cm, 2008 – 2019

Valérie Sonnier, Le Cabaret du Néant, château de Rentilly

En référence au célèbre cabaret à thèmes installé à la fin du XIXe siècle à Montmartre et qui déployait son ambiance parodique et funèbre en se jouant avec une ironie sulfureuse de situations macabres, le Frac Île-de-France et la Communauté d’Agglomération de Marne et Gondoire présentent, du 8 mars au 5 juillet 2020 au Château de Rentilly, Le Cabaret du Néant , une exposition conçue par la nouvelle filière « Métiers de l’exposition » des Beaux-Arts de Paris, qui associe des artistes contemporains aux chefs-d’oeuvre de la collection des Beaux-Arts de Paris.

Du tragique au parodique en fonction des évolutions de la société et de ses moeurs, des convictions religieuses comme des découvertes scientifiques, le sujet : « souviens-toi que tu vas mourir » parcourt l’art et la littérature. Depuis les fameuses danses macabres apparues au XVe siècle, il n’a cessé d’interpeler publics et créateurs tout en subissant des transformations profondes.

Contemporaine du célèbre cabaret du néant installé en 1892 boulevard de Clichy (Paris 18e) et qui donne son titre à l’exposition, la notion du néant connaît une autre interprétation, une autre vision d’un même abîme, pas moins terrible mais plastiquement inverse ; celle qui, dans le sillage de Mallarmé, conduit à considérer la vie humaine comme « de vaines formes de la matière (…) s’élançant forcément dans le rêve qu’elle sait n’être pas (…) et proclamant, devant le Rien qui est la vérité, ces glorieux mensonges ! ». Le rôle du poète et donc de l’art consisterait ainsi, selon Mallarmé, à tirer l’homme de ce « Rien », comme du fond d’un naufrage, par le jeu suprême de la création.

Le thème du « néant » est décliné en trois parties dans l’exposition :

– Le festin des inquiétudes, partie tournée vers le passé et inspirée à la fois par ce célèbre cabaret et par l’imaginaire d’un Moyen Âge marqué par la fragilité de la vie et la fantaisie occulte. Elle rassemble des oeuvres spectaculaires, d’Albrecht Dürer ou Francisco de Goya à Jean-Michel Alberola, comme autant de Vanités rappelant avec humour et dérision le destin de l’être face à la mort.

– L’anatomie de la consolation, qui nous conduit à travers les découvertes scientifiques et anatomiques des XIXe et XXe siècles avec des oeuvres de Gautier d’Agoty, Géricault… La mort et le vide y sont envisagés sous un angle à la fois plus rationnel et plus immatériel.

– Fin de partie, un espace simultanément vide et trop plein faisant écho à la pièce éponyme de Samuel Beckett, ultime contemplation du vide qui invoque une forme d’ivresse sensible, comme un refus de l’être de succomber à la fatalité de sa propre existence, avec des oeuvres de Marcel Duchamp, Alain Séchas, Hicham Berrada…

Exposition conçue à l’invitation de Xavier Franceschi sur une idée de Jean de Loisy, développée et réalisée par Simona Dvořáková, César Kaci (commissaires résidents aux Beaux-Arts de Paris), Sarah Konté, Yannis Ouaked, Violette Wood, Kenza Zizi (étudiants de la filière « Métiers de l’exposition »)*, sous la direction de Jean de Loisy et de Thierry Leviez, en collaboration avec les équipes du Frac Île-de-France et du Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier.

*La filière « Métiers de l’exposition » est une nouvelle filière professionnalisante, proposée aux étudiants de 3e année desBeaux-Arts de Paris, conçue en partenariat avec le Palais de Tokyo.

Jean-Michel Alberola, Ismaïl Bahri, Evgen Bavcar, Hicham Berrada, Christian Boltanski, Xavier Boussiron, Flora Bouteille, Pierre Louis Deseine, Jean Baptiste Désoria, Marcel Duchamp, Albrecht Dürer, Nina Galdino, Matthias Garcia, Gautier d’Agoty, Théodore Géricault, Francisco de Goya, Graham Gussin, Lucien Hervé, Hans Holbein, Jean-Antoine Houdon, Pierre Huyghe, Claire Isorni, Ann-Veronica Janssens, Christian Lhopital, Marc Lochner, Antoine Marquis, Bernhard Martin, Romain Moncet, Damien Moulierac, Alicia Paz, Benoît Pype, Valentin Ranger, Hugues Reip, Bettina Samson, Pierre-Alexandre Savriacouty, Alain Séchas, Valérie Sonnier, Victor Yudaev, Tereza Zelenková …

le château, rentilly. Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier, 1, rue de l’Étang, 77 600 Bussy-Saint-Martin.

8 mars – 5 juillet 2020

Valérie Sonnier, L’esprit commence et finit au bout des doigts, Palais de Tokyo, Paris

« Il faut avouer que les mains sont des appareils extraordinaires… Le matin, professionnelles…
– Et sur rendez-vous…
– Et le soir, fonctionnelles… C’est merveilleux. C’est la pince universelle !
– Tiens, – et l’esprit ?
– Commence et finit… au bout des doigts. »

Paul Valéry, Idée fixe ou deux Hommes à la mer, 1932

Durant un mois, dans le cadre de la saison dédiée à la scène artistique française, le Palais de Tokyo abritera toute la diversité des métiers d’art récompensés et soutenus par la Fondation Bettencourt Schueller depuis 20 ans, sans chercher à hiérarchiser les œuvres ou les activités présentées. La phrase qui constitue le titre de l’exposition est issue de L’Idée fixe ou Deux Hommes à la mer (1932), roman de Paul Valéry. Elle dialogue avec les citations de l’auteur inscrites sur les frontons du palais de Chaillot, bâtiment voisin datant de la même époque.
Le parcours de l’exposition -pensée par Laurent Le Bon et mise en espace par l’artiste Isabelle Cornaro- est aménagé en quatre séquences jouant sur la variation de l’intensité lumineuse et la dilatation des espaces. Il s’ouvre par une mise en perspective historique, sous la forme d’un étonnant cabinet de curiosité, avec la présentation d’une centaine de pièces issues des collections des Beaux-Arts de Paris, qui cherchent à magnifier les mains, seules. Celles-ci s’incarnent ensuite, le processus créatif est engagé. Le visiteur découvre dans l’Atelier, les visages, certains outils, machines et matières premières qui composent les 281 métiers d’art. L’espace s’ouvre alors sur la ville, avec une parade festive de créations baignées de lumière naturelle et ponctuée d’une présence végétale, comme une vanité heureuse. Dernier moment de l’exposition, un panorama d’images mises en mouvement, figure des actions en faveur des métiers d’art, une invitation au prospectif qui donne le primat aux sensations.

Commissaire : Laurent Le Bon
Mise en espace : Isabelle Cornard

Depuis 20 ans, à l’initiative de la Fondation Bettencourt Schueller, le Prix Liliane Bettencourt pour l’intelligence de la main® met en lumière les savoir-faire d’exception, la créativité et l’innovation des métiers d’art qui participent de la scène française artistique contemporaine. Cette exposition est un reflet de cet engagement philanthropique.
Un catalogue d’exposition, édité chez Flammarion, est disponible à la librairie du Palais de Tokyo.

Du 16/10/2019 au 10/11/2019

Valérie Sonnier
Galerie Huguier,
Tirage numérique sur papier baryté, 61 x 50.5 cm, 2019

Valérie Sonnier
Gisants de l’église des Petits-Augustins,
Tirage argentique sur papier baryté, 50.5 x 61 cm, 2019

 

Valerie Sonnier, Benjamin Monti, Des Monde dessinés, Amiens, Dernières Acquisitions

Valerie Sonnier

Benjamin Monti

Valérie Sonnier, Benjamin Monti, Walter Swennen participent à l’exposition :
dernières acquisitions
fonds régional d’art contemporain de picardie
13 avril – 29 juin 2018
Catherine Beaugrand, Cathryn Boch, Werner Büttner, Virginia Chihota, Hélène Delprat, Elika Hedayat, Iris Levasseur, Benjamin Monti, Anne-Marie Schneider, Valérie Sonnier, Renie Spoelstra, Walter Swennen, Françoise Vergier, Jérôme Zonder
dessins et œuvres du fracpicardie et du cnap-fnac
et à l’occasion de son cinquième anniversaire, présentation des dessins acquis
avec le soutien du Cercle des mécènes du fracpicardie de 2013 à 2017

Frac Picardie
45 Rue Pointin, 80000 Amiens, France

Valérie Sonnier, les images (3)

Valérie Sonnier

Sans titre, 2017 (de la série Badeschloss)
Photographie NB, tirage sur papier baryté, 18 x 24 cm

Valérie Sonnier

Sans titre, 2017 (de la série Badeschloss)
Photographie NB, tirage sur papier baryté, 18 x 24 cm

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier

Sans titre, 2017 (de la série Badeschloss)
Photographie NB, tirage sur papier baryté, 18 x 24 cm

Valérie sonnier

Sans titre, 2017 (de la série Badeschloss)
Photographie NB, tirage sur papier baryté, 18 x 24 cm

Valérie Sonnier

Sans titre, 2017 (de la série Badeschloss)
Photographie NB, tirage sur papier baryté, 18 x 24 cm

Valérie Sonnier

Fiac 2017, les images (3)

Fiac 2017

Lili Dujourie

Lili Dujourie
Zonder titel (mannelijk naakt), 1977
Série de 6 photographies NB, tirages argentiques, (6) x 18 x 24 cm

Lili Dujourie

Lili Dujourie

Lili Dujourie

Lili Dujourie

Lili Dujourie

Lili Dujourie

Hommage à …I (from a series of 5 Hommages, 1972) is one of Lili Dujourie’s first video works. It belongs to the experimental stage of video art, when the technology was still in its infancy. In Hommage à …I, a naked woman – the artist herself – rolls around in white bed-sheets in slow motion. At first it seems that she’s asleep. But after a while she starts to move, rolls in and out of the bed, in a rhythm that makes one think of the twilight state between wakefulness and sleep. The piece is recorded in real-time, without editing. It shows a space that unfolds in time and a figure that’s caught there. Sensuality, the passage of time, boredom – here they go hand-in-hand. The video links to tradition of the female nude, one of art-history’s most venerable motifs. Lili Dujourie deliberately chooses a theme that had no place in the dominant conceptual art-scene of the 1970s. The artist is also her own model, and explains this choice as follows: “The woman has always been ‘the model’, and I wanted to do away with this – as a woman I could hardly manipulate another woman! (…) If you want to evoke the intimacy of the female nude, then you have to do it yourself, you can’t ask a model to do that for you.” Lili Dujourie redefines conventions regarding the relationship between model and maker, between who’s doing the looking and who’s being looked at. The title refers to a homage to art history. No so much one particular image as the whole of art history, all those images that keep resonating in the artist’s memory. The poses that Dujourie assumes are determined by recollections of nudes from art tradition, in her own words “a physical transformation of everything that I’ve seen in my life”.
In Madrigal and Enjambment a bare wooden floor fills the screen. The dressed figures – a woman and a man respectively – roll, fold and unfold themselves, in between alternating interludes. Madrigal is a continuation of the Hommages series, in which Lili Dujourie investigates the image of the naked body. In this series of videos the artist herself often plays the model. In this work, Lili Dujourie unexpectedly turns behind her back and stares into the camera with a foggy gaze. The image suddenly comes into focus, the overview disappears. A madrigal is a musical composition for several voices. The picking of this title is determined by the poetic quality of the word, by the associations and memories the concept of the madrigal evokes from the artist. In 1976 Lili Dujourie elaborated this idea, this time using a man as the model. There is hardly any difference. The man rolls over the floor, just like Lili in Madrigal, but it takes a while before you realize it is a man. The title ‘enjambment’ refers to the deceleration in the rhythmical progression of a love poem. With Enjambment the artist wishes to approach the male in all his fragility, not in his toughness or strength. She wanted to “capture something in the male nude which leans towards the female side of the male”.
Lili Dujourie uses the same model from het video Enjambement for this series of black and white photographs from 1977. The models rolls across the floor and it’s not always clear whether it’s a male or a female model. These photos are a precursor for the colour photos with female nudes that appear later. In her series Dujourie explores not just the sculptural qualities of the human body, but also its fragility.

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier

Valérie Sonnier
Sans titre, 2015-2017 (de la série Badeschloss)
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier. (5) x 33,5 x 41,5 cm.

Fiac 2017

Jacqueline Mesmaeker

Jacqueline Mesmaeker

Jacqueline Mesmaeker

Jacqueline Mesmaeker
Péripeties, 2014 – 2017
Cartes postales, cartel, 43 x 61 cm