Jacqueline Mesmaeker, Quelle Aventure ! sortie de presse

Attendu avec impatience, il est sorti de presse…

Jacqueline Mesmaeker: Quelle aventure!

Luk Lambrecht, Lieze Eneman, Michel Baudson, Jean-Michel Botquin, Saskia De Coster, Anne Pontégnie, Melanie Deboutte, Sophie Lauwers, Philippe Van Cauteren

L’œuvre de l’artiste belge Jacqueline Mesmaeker (née en 1929) est immatérielle, discrète et captivante. Partant d’intentions analytiques et de protocoles expérimentaux liés à la perception et à la représentation, sa pratique est ancrée dans un univers littéraire et poétique, incluant des références à Lewis Carroll, Mallarmé, Melville ou Paul Willems. Minimal, parfois même inaperçu, son travail rare et précis n’en est pas moins présent. Elle s’empare volontiers de l’espace, jouant avec l’architecture réelle et symbolique, révélant les structures et les lignes de force, mais aussi les erreurs, en déjouant leurs perspectives ou en les corrigeant par touches délicates.
En 2020, le CC Strombeek, BOZAR et le Musée Roger Raveel ont exposé de nouvelles sélections des ensembles délicats de Mesmaeker, des œuvres poétiques qui échappent à toute description sémantique. Le CC Strombeek a réussi, en concertation avec l’artiste, à reconstituer l’œuvre Enkel Zicht Naar Zee, Naar West (1978) dans sa présentation originale, après 35 ans. L’œuvre se compose de 5 projections capturées sur des grilles transparentes en soie naturelle. Elles montrent une volée d’oiseaux volants, circulant et se mêlant dans l’espace, apparaissant et disparaissant à travers les voiles.
Ce livre constitue le catalogue de la trilogie d’expositions individuelles de Mesmaeker en 2020 : Ah, Quelle aventure ! Bozar (mai-juillet 2020) et CC Strombeek (janvier-mars 2020) et De page en page au Musée Roger Raveel (décembre 2020-mars 2021).
ISBN : 9789463932790
232 pages, illustrations en couleurs et en noir et blanc, 28 x 21,5 cm, broché, anglais/néerlandais/français.

Disponible à la galerie au prix de 39 euros

Jacqueline Mesmaeker: Quelle aventure!

Luk Lambrecht, Lieze Eneman, Michel Baudson, Jean-Michel Botquin, Saskia De Coster, Anne Pontégnie, Melanie Deboutte, Sophie Lauwers, Philippe Van Cauteren

CC Strombeek, Bozar, Roger Raveel Museum, S.M.A.K. & MER. B&L, 2021

The work of Belgian artist Jacqueline Mesmaeker (b. 1929) is intangible, discreet and captivating. Starting from analytical intentions and experimental protocols linked to perception and representation, her practice remains anchored in a literary and poetic universe, including references to Lewis Carroll, Mallarmé, Melville or Paul Willems. Minimal, sometimes even unnoted, her rare and precise work is nonetheless present. It willingly takes over space, playing with the actual and symbolic architecture, revealing the structures and lines of force, but also the errors, by thwarting their perspectives or correcting them with delicate touches.
In the year of 2020, CC Strombeek, BOZAR and Roger Raveel Museum have exhibited new selections of Mesmaeker’s fragile ensembles; poetic works that evade every semantic description. CC Strombeek succeeded—in consultation with the artist—to reconstruct the work Enkel Zicht Naar Zee, Naar West (1978) to its original presentation, after 35 years. The work consists of 5 projections captured on transparent, natural silk scrims. They show a flock of flying birds, circulating and mingling in space, appearing and disappearing through the veils.
This book forms a catalogue of Mesmaeker’s trilogy of solo-exhibitions in 2020: Ah, Quelle aventure ! at Bozar (May–July 2020) and CC Strombeek (January–March 2020) and De page en page at Roger Raveel Museum (December 2020–March 2021). 

ISBN: 9789463932790

232 pages, illustrations in color & b/w, 28 x 21,5 cm, paperback, English/Dutch/French

Available at the gallery. 39 euros

Sophie Langohr, Art au Centre, Genève

L’initiative liégeoise animée par Maxime Moinet s’exporte…

Sophie Langohr et Orto Botanico Studio, Pain / Roses, installation à Liège, rue de l’Université.

Dans un désir de décloisonnement de l’art contemporain, Halle Nord a conçu l’exposition collective Art au Centre Genève aux dimensions de la ville. Nous avons élaboré un parcours d’expositions en vitrines qui se déploie depuis le quartier des Acacias jusqu’aux Pâquis, pour présenter la vitalité de la création locale. Art au Centre Genève invite la population genevoise à découvrir une constellation de travaux de 20 artistes invité.e.s par 10 com­missaires d’exposition.

Une manière originale de créer de nouveaux liens entre les artistes et la cité. Le concept est simple ; chaque artiste dispose librement d’une vitrine qui reste accessible au public jour et nuit, sept jours sur sept. 

Ce projet grand format est une réponse immédiate et solidaire à la fermeture des lieux culturels durant la pandémie. Une situation qui a fragilisé financièrement le milieu artistique qui s’est retrouvé dans l’impossibilité de montrer ses productions. Plus largement, ce projet vise à soutenir les artistes visuels et les corps de métier qui les accompagnent.

Mon travail repose sur l’étude et l’interprétation d’œuvres patrimoniales. Je m’approprie des images ou des objets chargés d’histoire et m’exprime à travers leurs propres modes de construction et de production de sens. Par différents procédés de refabrication, je les revisite, les détourne et les subvertit pour les faire parler autrement dans de nouveaux contextes.

Pour cette installation, réalisée en collaboration avec Orto Botanico Studio[1] et conçue spécialement pour Art Au Centre 5, je me suis inspirée de l’ancienne tradition des vases de mariées. Ces vases en porcelaine blanche furent abondamment produits en France et en Belgique entre le milieu du 19ème et le début du 20ème siècle. Ils faisaient partie du rituel du mariage et étaient conservés, ornés des fleurs de la couronne ou du bouquet de la mariée, sous un globe de verre posé sur un socle en bois peint. Leur ornementation fait appel au registre de l’amour éternel, de la fécondité et de la prospérité tandis que leur forme de coquille ou d’éventail largement ouvert est un symbole de réceptivité aux influences célestes. L’organicité de ces vases que j’ai, ici, librement réinterprétés, témoigne de la pensée naturaliste du 19ème siècle.

Cette idéologie a également nourri une édifiante littérature misogyne qui, à l’époque, participait au maintien des femmes artistes hors de la sphère publique et dont ce texte est exemplaire: « Les femmes sont encore rarement enclines aux activités intellectuelles (…). Parce qu’elles ont en général un agréable sens de la forme, des perceptions rapides, de la fantaisie et une imagination souvent vive, il n’est pas surprenant que le modelage de l’argile tente leurs jolis doigts. De même, leur nature incite les femmes à sculpter des motifs fantaisistes et sentimentaux plutôt que (…) des œuvres de pure imagination créatrice »[2].

En réaction et pour la chanson, j’ai donc adopté cette marche à suivre : « Du pain et des roses ! Du pain et des roses ! [3] » Et j’ai laissé mes mains se souvenir du meilleur et du pire pour sculpter des pains de terre et de mousse.

Sophie Langohr

[1] Amanda Petrella

[2] John Jackson Jarves, 1871.

[3] La chanson populaire Bread and Roses a été composée à l’occasion de grèves ouvrières aux USA en 1912, ce slogan féministe a été repris par la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence.

Paintings ! Vernissage ce dimanche 28 novembre

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous inviter au vernissage de l’exposition Paintings !  

JAAP DE GRAAF – ERIC DEPREZ – HANNAH KALAORA – BRECHT KOELMAN – LOÏC MOONS – GAETANE VERBRUGGEN – WANG XIAOCHUAN – MARIE ZOLAMIAN

vernissage le dimanche 28 novembre de 11 à 18h

exposition du 28 novembre au 23 décembre 2021, du jeudi au samedi de 14 à 18h et sur rendez vous

Messieurs Delmotte, Pol Pierart, Focus Video, Cre@lab, Liège

Messieurs Delmotte et Pol Pierart participent au #Focus Vidéo, collection artistique de la Province de Liège. 

Du 18 novembre au 10 décembre 2021

Vernissage le jeudi 18 novembre, dès 18h (entrée libre – votre Covid Safe Ticket sera vérifié à l’entrée)

Au Cré@lab – Rue de l’Abattoir, 4020 Liège

Ouverture uniquement sur rendez-vous, du lundi au vendredi, entre 14 et 19h

Réservation : annamariapomella@provincedeliege.be – 04 279 53 51

Jacques Lizène, Des choses vraies qui font semblant d’être des faux-semblants, Friche La Belle de Mai, Marseille

Jacques Lizène, Sexe marionnette, vidéo, 1977 en remake 1993

Jacques Lizène (1946-2021) participe à l’exposition Des choses vraies qui font semblant d’être des faux-semblants, à la Friche La Belle de Mai à Marseille. Une exposition produite par le Centre Wallonie Bruxelles / Paris, commissariat confié à Michel François. 

Michel François, commissaire de l’exposition :

« Des choses vraies qui font semblant d’être des faux-semblants ». Cette phrase de Michel Foucault m’a fait penser à la perception abstraite que l’on peut avoir de son corps. Elle s’adapte à ce projet d’exposition de Centre Wallonie-Bruxelles qui m’a invité à réunir des artistes belges « émergents ».

Au risque de décevoir, je pense pour ma part qu’il n’y a pas de véritable identité belge. Si ce n’est sans doute celle d’être assis entre deux chaises : deux langues, deux cultures, deux politiques, deux économies… J’ai donc invité des artistes qui me semblaient « assis entre deux chaises ». Et c’est vrai que ce n’est pas commode d’être assis dans le vide. Dans cette posture, difficile d’envisager une quelconque “émergence”… Les artistes vivant en Belgique ont peut-être mieux que d’autres la capacité et la sensibilité de représenter ce corps, social et physique, instable et fragilisé.

Lorsqu’on est, de fait, le cul par terre, pour masquer le ridicule, il vaut mieux faire comme si on faisait semblant d’être par terre.

Le grand art consiste alors à faire semblant de faire semblant d’être par terre.

Au-delà de cette pirouette contextuelle, on peut constater que les œuvres produites pour cette exposition témoignent chacune à leur façon d’une certaine incommodité du corps : non séducteur, fantomatique, aveugle, emberlificoté, trafiqué, contraint par l’outil de travail, ridicule ou simplement maladroit. 

Les gesticulations géniales, douloureuses et hilarantes de la Marionnette Jacques Lizène ont pris fins, radicalement. Nul plus que lui n’aura été plus nul. Notre (petit) Maître à tous. Ria Pacquée apparaît dans ses films ou photographies en clamant son malaise, se représentant comme le témoin de sa propre inaptitude, misère ou maladresse, et parachutée au milieu d’une réalité absurde et cruelle. Selçuk Mutlu se présente comme une interface poétique, plastique et conceptuelle, accueillant les visiteurs « en leur absence », comme il dit, déclamant ses textes dans le vide, les écrivant sur des tableaux qu’il efface ou les gravant sur des pierres qu’il casse.   Peintures sur les fenêtres et bas-reliefs en céramique de Carlotta Bailly-Borg représentant des personnages bouffons, grotesques et impertinents entraînés dans une orgie inextricable ou une bagarre généralisée. Bas-reliefs extravagants encore, de Gaillard & Claude, en mousse synthétique grise, sanglée, et ayant digéré au passage quelques éclats de couleurs et « signes de négation ». Hauts-reliefs en bronze de Douglas Eynon, autoportraits bruts exécutés par des non-voyants et surgissant des murs comme des gargouilles archaïques déformées. De Douglas aussi une peinture à l’huile exécutée directement sur une colonne de l’espace d’exposition et déformée par cet élément architectonique. Construction de Sarah Caillard d’une boîte autonome, tapissée de tissu ultra réfléchissant où apparaissent furtivement des personnages fantomatiques qui se révèlent comme des représentations fantasmatiques éblouissantes dans l’obscurité d’une chambre. Copie conforme customisée d’un outil-prolongation des corps ouvriers, un grand chariot de l’entreprise Colruyt (supermarché alimentaire), dont Olivier Stévenart a été l’employé et dont il s’émancipe. Charlotte vander Borght installe des photographies de bennes de camions de transport, imprimées sur des lamelles de plastique translucides et flottantes. Ces camions apparaissent garés, vides et grandeur nature, portes grandes ouvertes comme dans l’attente de marchandises (ou de personnes ?), suggérant un transport transfrontalier à venir. Une balançoire très incommode a été construite par Feiko Beckers aux abords d’une fenêtre ou d’un mur. Une vidéo accompagne cet objet inconfortable et illustre les tentatives infructueuses de l’artiste pour l’utiliser. Fidèle à une « esthétique des moyens disponibles » Nicolas Bourthoumieux s’inspire de fauteuils existants pour créer des prototypes de « fauteuils suspendus » en acier brut dont l’inconfort est compensé par le flottement de leur assise. 

Dans ce contexte, une journée rétrospective des films de l’artiste et cinéaste Loïc Vanderstichelen est organisée en partenariat avec le cinéma La Baleine.

Treize artistes ont été invités à produire chacun un projet original pour cette exposition qui veut témoigner de leurs visions saugrenues du corps, à la fois physique et social. Ce projet rassemble des bas-reliefs, des sculptures, des installations, des vidéos, des photos et des performances. »

Preview Luxembourg Art Week, the fair, Maen Florin, Histrions

Histrion. Nom masculin, substantif masculin. Acteur antique qui jouait des farces grossières, avec accompagnement de flûte. Littéraire, charlatan ridicule : Un histrion politique. Histrion désigne, dans le domaine du théâtre de l’Antiquité romaine, un acteur comique, un comédien qui jouait des farces. Synonymes : acteur, comédien, bouffon. Histrion désigne, par extension, un mauvais comédien, un cabotin. Du latin histrio («acteur »). (Par extension) Personnage qui se donne en spectacle en usant d’effets outranciers. Synonyme : Pitre. Dérivés : Histrionage, histrionique, histrionisme, histrionner. Bâteleur, baladin, joueur de farces. Comédien et en particulier pantomime. XVIe siècle. Emprunté au latin, mime, comédien, fanfaron, faiseur d’embarras. On rencontre parfois le féminin Histrionne. Autres synonymes : turlupin, plaisantin, pantin, polichinelle. Un bouffon grotesque dont les saltations, les pantomimes lascives et les spectacles licencieux dérèglent les sens des spectateurs. Trouble de la personnalité histrionique est caractérisé par un motif omniprésent d’émotivité excessive et de recherche d’attention. Trouble somatoforme qui affecte la pensée, la perception et le rapport aux autres d’une personne

Histrionis, 2020, céramique, hauteur : 30-37 cm
Histrionis, 2020, céramique, hauteur : 30-37 cm
Histrionis, 2020, céramique, hauteur : 30-37 cm
Histrionis, 2020, céramique, hauteur : 30-37 cm
Histrionis, 2020, céramique, hauteur : 30-37 cm

Maen Florin, Benjamin, Luxembourg Art Week – The Fair

Benjamin, oeuvre de Maen Florin, commande publique installée au Zeepreventerium de  De Haan, dans le cadre de la triennale Beaufort 2021, est l’invitée de la Luxembourg Art Week et campe dans l’espace public de la capitale grand ducale. 

Maen Florin, Benjamin, bronze peint, 2021. Triennale Beaufort, De Haan. H. 300 cm x L 175 cm x l. 175 cm. Photo : Copyright Maen Florin, Beaufort 2021, De Haan 

Benjamin est plongé dans ses pensées. Profondément introspectif, les genoux relevés, les sourcils froncés et les mains tendues, dont l’une est remarquablement plus grande que l’autre, il semble attendre. Le spectateur attend également. Son regard scrute la sculpture, mais Benjamin ne lui accorde pas même un regard. Une gêne s’installe, c’est le propre de bien des œuvres de Maen Florin.  Ses poupées féeriques se situent entre marionnettes et êtres humains ; il est difficile de trancher.

Ce sont surtout les oreilles d’âne de Benjamin qui soulèvent des questions. Au siècle dernier, les enfants étaient parfois affublés d’oreilles d’âne après s’être mal conduits. Benjamin est-il puni et attend-il qu’on le délivre ? Joue-t-il à l’entêté ou est-il, au contraire, fort et sage, humble et affectueux comme un âne ? Dans le regard de ce garçon, qui incarne une ‘altérité’ solitaire, se cache un jeu de faute et d’innocence qui explique en partie notre malaise.

Ce jeu se retrouve bien souvent dans les contes de fées, nouvel indice pour les oreilles d’âne, ce qui nous renvoie à l’Unheimlichkeit, ce sentiment d’étrangeté tirant son origine des anciens contes populaires allemands.

Les contes de fées sont souvent bienvenus. Le Zeepreventerium du Coq (De Haan), un centre de revalidation construit il y a une centaine d’années pour traiter les enfants atteints de tuberculose et d’autres maladies respiratoires, là où campe désormais Benjamin, organise depuis 1960 des Nuits du conte de fées pour les enfants malades, au cours desquelles des chanteurs ou des acteurs se produisaient et veillaient à ce que, pendant un moment, les enfants malades ne se sentent pas « différents ». Avec sa sculpture, Maen Florin nous demande de ne pas éviter notre malaise face à l’Autre, mais de l’affronter. L’Autre n’est-il pas le miroir de ce que nous n’osons pas reconnaître en nous-mêmes ? Peut-être que Benjamin attend cette reconnaissance.

Benjamin zit diep peinzend in elkaar gedoken. Met zijn opgetrokken knieën, fronsende wenkbrauwen en uitgestoken handen, waarvan de één opvallend groter is dan de ander, lijkt hij diep in zichzelf gekeerd te wachten. Ook de toeschouwer wacht af. Zijn blik tast de sculptuur van Maen Florin af, maar die gunt op zijn beurt hem geen wederblik. Dat brengt –  net als in de andere sculpturen van Maen Florin – veel ongemak met zich mee. Haar sprookjesachtige poppen situeren zich als sculptuur tussen marionet en mens: we krijgen er maar moeilijk grip op. 

Vooral Benjamins ezelsoren doen vragen rijzen. In de vorige eeuw werden kinderen soms met ezelsoren getooid na wangedrag. Zit Benjamin op straf en wacht hij op verlossing? Speelt hij de koppige ezel of is hij sterk en wijs, deemoedig en aanhankelijk als een ezel? In de aanblik van de jongen die een eenzaamheid belichaamt omwille van een anders-zijn zit er een spel van schuld versus onschuld die deels ons onbehagen verklaart. Dit spel zit dikwijls ook in sprookjes vervat – een nieuwe hint naar de ezelsoren. In de oude Duitse volkssprookjes ontstond ‘Unheimlichkeit’: eenbevreemdend gevoel dat we als mens niet goed kunnen duiden. Maar sprookjes vormen tegelijk een welgekomen afleiding. Zo werden in het zeepreventorium van De Haan ook ‘sprookjesnachten’ georganiseerd voor de zieke kinderen waarbij zangers of acteurs optraden en zorgden ervoor dat de zieke kinderen zich heel even niet ‘anders’ voelden. 

Met haar hybride sculptuur vraagt Florin om ons ongemak ten opzichte van de Ander niet uit de weg te gaan, maar onder ogen te komen. Vormt die Ander niet alleen maar een spiegel voor wat we niet in onszelf durven herkennen? Misschien wacht Benjamin vooral op die (h)erkenning.

Dans la verdure, entre les arbres, est assis un gigantesque garçon. Cela ressemble à une contradiction, mais c’est vrai : bien qu’il mesure trois mètres, une présence impressionnante, il est aussi modeste et jeune. Apparemment imperturbable, il est assis les yeux fermés. Il s’appelle Benjamin, et c’est une sculpture en bronze de l’artiste Maen Florin.

Benjamin est rose pâle et porte des oreilles d’âne. A-t-il été puni ? Est-ce pour cela qu’il est assis seul dans un coin reculé, où seuls les arbres lui tiennent compagnie ? Est-il une créature mythique ? Fait-il référence à Nick Bottom, le personnage comique du Songe d’une nuit d’été de Shakespeare dont la tête, ensorcelée par le lutin Puck, se transforme en tête d’âne ? La tête de Benjamin, elle aussi, donne l’impression que l’on peut la retirer de son corps et l’échanger avec une autre.

Commedia

Maen Florin a un faible pour les têtes ; elle en a toujours fait, dans des matériaux divers. Tout est dans votre tête, dit-elle, au sens propre comme au sens figuré. Rembrandt a capturé toute la condition humaine en un visage – en particulier dans ses autoportraits. On y descelle désillusion et douleur. J’admire cette excellence à montrer une vie entière en un portrait. Maen Florin conçoit ces têtes en céramique depuis 2015. Je peux peindre mes céramiques, ce qui me permet de plonger beaucoup plus profondément dans mes personnages. Mais ce ne sont pas des portraits, ce sont des archétypes.

A toute une série de ces céramique, elle donne le titre de Commedia, le monde est une scène. Et ce n’est pas un hasard si de nombreux personnages de Maen Florin semblent porter des masques, comme s’ils pouvaient changer de tête, comme ça. Une personne a plusieurs facettes, elle est plusieurs personnes à la fois. Nous jouons tous des rôles différents. D’où le titre de sa dernière exposition : Jouer à être humain. Les choses ne sont pas toujours comme on les croit, il y a un acteur dans chaque être humain. Regarde, tu ne vois pas ce que tu vois.

Après les têtes viennent les bustes, accrochés au mur. Comme des trophées de chasse. Mais mes bustes ne sont pas des trophées. Ce ne sont pas les histoires à succès, mais des êtres humains laborieux et exposés.

Les premières poupées de Maen Florin datent de 2007. J’avais lu un article sur une personne autiste qui fabriquait des poupées et communiquait à travers elles. J’ai aimé cette idée, des poupées qui aident à créer du lien. Cette tentative de communication, le désir humain de contact réel, loin de la solitude fondamentale, est présent dans toute son œuvre.

Les personnages de Florin ont souvent les yeux fermés et le regard tourné vers l’intérieur, et tout aussi souvent, ils sont marginaux, comme de beaux monstres. Beaucoup d’entre eux semblent souffrir, mais dégagent aussi une grande force. D’autres sont des figures clownesques, des bouffons qui, comme le veut la tradition, énoncent la vérité en riant. Spectateur, vous restez vous-même outsider, tentant d’accéder aux images ; celles-ci sont à la fois attractives et repoussantes.

Frankenstein

Comme Benjamin, une sculpture basée sur une œuvre de 2014. Maen Florin : J’ai réalisé We belong to Paradise, à partir d’un mannequin que j’ai scié en morceaux puis recomposé. Les bras étaient à l’origine deux saucisses de chiffon, bourrées de laine et enveloppées de textile, une main a été moulée en caoutchouc, l’autre en polyester. Benjamin est beaucoup plus grand que sa forme originale et a été entièrement coulé en bronze. Son corps et son visage sont peints en rose pâle, les pieds sont gris, l’intérieur des oreilles d’âne est blanc. Son corps est lisse et propre, tandis que les pieds ont quelque chose de très réaliste, avec des rides et des ongles. Maen Florin s’est inspirée des pieds de son petit-fils. Les deux mains, également moulées, sont différentes : l’une est celle d’un nain, l’autre – un peu plus petite – d’une jeune fille. Les bras sont trop longs pour être anatomiquement corrects et ont toujours la texture du textile, comme la sculpture d’origine.

Maen Florin a assemblé toutes les pièces comme un Dr Frankenstein des temps modernes. Dans le célèbre roman gothique de Mary Shelley, Victor Frankenstein crée une créature avec des parties de corps provenant de cadavres : c’est vivant ! – et crée un être humain, à l’instar de Dieu, un marionnettiste au plus profond de son esprit. Mais il est choqué lorsqu’il ne peut pas contrôler sa création. L’homme qu’il a créé est considéré comme un monstre par le monde extérieur. On ne devient humain que dans les yeux d’un autre.

Cela nous ramène à Benjamin. Que fait-il ici, caché entre les arbres à Wenduine, juste en dehors de la civilisation ? A-t-il été chassé comme la création de Frankenstein parce qu’il est différent ? A-t-il peur et cherche-t-il un abri ici ? Il est difficile d’évaluer l’expression de son visage. Bien qu’il ferme modestement les yeux, ses mains sont ouvertes, réceptives. C’est donc à vous, le visiteur, d’établir une relation avec lui. Est-il un monstre ou un être humain à la recherche d’un contact ? La beauté n’est pas seulement dans l’œil de celui qui regarde.

Jozefien Van Beek

Maen Florin, We belong to paradise, 2014. Mixed media. H. 77 cm

In het groen tussen de bomen zit een gigantisch jongetje. Dat klinkt als een tegenstelling, maar toch klopt het: hoewel hij drie meter hoog is, een indrukwekkende aanwezigheid, is hij ook ingetogen, jong. Schijnbaar onverstoorbaar zit hij met de ogen dicht. Benjamin heet hij, en het is een bronzen beeld van kunstenaar Maen Florin.

Benjamin is lichtroze en draagt ezelsoren. Is hij gestraft? Zit hij daarom in zijn eentje in een uithoek, waar enkel de bomen hem gezelschap houden? Is hij een mythisch wezen? Verwijst hij naar Nick Bottom, het komische personage uit Shakespeares A Midsummer Night’s Dream wiens hoofd – betoverd door de elf Puck – verandert in een ezelskop? Ook het hoofd van Benjamin ziet er namelijk uit alsof je het van zijn lichaam kan halen en kan verwisselen met een ander.

Schouwtoneel
Maen Florin heeft iets met koppen, ze heeft ze altijd gemaakt, in verschillende materialen. ‘Alles zit in je hoofd,’ zegt ze, ‘letterlijk en figuurlijk. Rembrandt legt het menselijke zijn vast in een gezicht – vooral in zijn zelfportretten zie je ontgoocheling en pijn. Hoe hij in een portret een gans leven kan tonen, daar kijk ik naar op.’ In 2015 begon Florin koppen te maken uit keramiek. ‘Mijn keramiek kan ik beschilderen, waardoor ik veel dieper in mijn personages kan duiken. Maar het zijn geen portretten, het zijn allemaal archetypes.’


Een hele reeks keramieken koppen gaf ze de titel Commedia, de wereld is een schouwtoneel. En het is geen toeval dat het lijkt alsof veel van Florins figuren een masker op hebben, alsof ze zomaar van hoofd kunnen wisselen. ‘Een persoon heeft verschillende facetten, is meerdere mensen tegelijk. We spelen allemaal verschillende rollen.’ Vandaar ook de titel van haar meest recente tentoonstelling: Playing at Being Human. ‘De dingen zijn niet altijd zoals je denkt dat ze zijn, in ieder mens schuilt een acteur.’ Kijk maar, je ziet niet wat je ziet.

Na de hoofden kwamen de bustes, opgehangen aan de muur. ‘Zoals opgezette dieren uit de jacht. Maar mijn bustes zijn juist géén trofeeën.’ Niet de succesverhalen, maar het ploeteren van de mens tentoongesteld.

In 2007 begon Maen Florin begon poppen te maken. ‘Ik had een artikel gelezen over iemand met autisme die poppen maakte en via hen communiceerde. Dat vond ik een mooi idee: poppen die helpen met het maken van verbinding.’ Die poging tot communicatie, het menselijke verlangen naar echt contact, weg van de fundamentele eenzaamheid, zit in haar hele oeuvre.

Vaak hebben Florins figuren de ogen gesloten, is de blik naar binnen gekeerd, en even vaak zijn het outsiders, beautiful freaks. Veel van hen lijken te lijden, maar zien er tegelijk sterk uit. Anderen zijn clowneske figuren, de narren die, zoals de traditie het wil, lachend de waarheid vertellen. Als toeschouwer blijf je zelf ook buitenstaander, probeer je toegang te vinden tot de beelden, en tegelijk hebben ze een enorme aantrekkingskracht. Ze stoten af en trekken aan.

Frankenstein
Zo ook Benjamin, een beeld dat gebaseerd is op een werk uit 2014. Maen Florin: ‘Het originele werk, We belong to Paradise, heb ik gemaakt van een mannequin die ik in stukken zaagde en dan weer in elkaar zette. De armen waren oorspronkelijk twee voddenworsten, opgevuld met wol en omwikkeld met textiel, één hand was in rubber gegoten, de andere in polyester.’

Benjamin is veel groter dan zijn oervorm, en werd volledig uit brons gegoten. Zijn lichaam en zijn gezicht zijn lichtroze geschilderd, de voeten zijn grijs, de binnenkant van de ezelsoren wit. Zijn lijf is glad en clean, terwijl de voeten net van een echte mens zijn, met rimpels en nagels. Het is een uitvergrote afdruk van de voetjes van Florins kleinzoon. De twee handen, ook afgietsels, zijn verschillend: de ene is van een dwerg, de andere – iets kleiner – van een jong meisje. De armen zijn te lang om anatomisch correct te zijn hebben nog steeds de textuur van textiel die ook het originele beeld had.

Florin zette alle onderdelen in elkaar als een hedendaagse dokter Frankenstein. In de beroemde gothic novel van Mary Shelley stelt Victor Frankenstein een wezen samen met lichaamsdelen van lijken – ‘It’s alive!’ – en creëert hij een mens, zoals god, een puppet master in ’t diepst van zijn gedachten. Maar hij schrikt wanneer hij zijn creatie niet onder controle heeft. De mens die hij geschapen heeft, wordt door de buitenwereld gezien als een monster. Iemand wordt pas mens in de ogen van een ander.

Dat brengt ons weer bij Benjamin. Wat doet hij hier, verdoken tussen de bomen in Wenduine, net buiten de bewoonde wereld? Werd hij verjaagd zoals Frankensteins creatie omdat hij anders is? Is hij bang en zoekt hij hier beschutting? Zijn gelaatsuitdrukking is moeilijk te peilen. Hoewel hij ingetogen de ogen sluit, zijn zijn handen open, ontvankelijk. Dus is het aan u, de bezoeker, om een relatie met hem aan te gaan. Is hij een monster of een mens op zoek naar contact? Niet alleen schoonheid zit in the eye of the beholder.

Jozefien Van Beek

Luxembourg Art Week – The Fair, 12 > 14 novembre 2021

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous annoncer sa participation à la Luxembourg Art Week – The Fair 2021.  Retrouvez nous sur le stand B18

12 – 14 novembre 2021

MAEN FLORIN

Preview (sur invitation) : 11 novembre 2021, 18.00–22.00

Vernissage (sur invitation) : 12 novembre 2021, 18.00–21.00

Ouverture au public : 12 novembre 2021, 11.00–18.00, 13 novembre 2021, 10.30–19.30, 14 novembre 2021, 10.30–18.00

Glacis Square (Fouerplaatz), L-1628 Luxembourg, Luxembourg

Werner Cuvelier, Abstrakte Kunst bestaat niet, Emergent, Veurne, les images

Statistisch Project – Coördinaten, 1971-1977
145 x 145, aquarel, inkt en potlood op papier, ingelijst, uniek
Zonder titel,1996
17,5 x 28,5 x 19, polystyreen hardschuim, gaasverband, coating, uniek
Hommage aan Leonardo de Pisa, 2008
10 x 27,5, gebonden boek, uniek
Icosaëder, 2014,
gebonden boek, uniek