Suchan Kinoshita

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Suchan Kinoshita
Tokonoma’s variation, 2014
mixed media, variable dimensions

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Suchan Kinoshita

Suchan Kinoshita

Suchan Kinoshita

Suchan Kinoshita
Haïku for Liège, 2009
technique mixte, plante, dessin, verre, eau, plastique,
278 x 39 x 42 cm

Le haïku est un petit poème extrêmement bref, une forme poétique très codifiée d’origine japonaise. Visant à dire et célébrer l’évanescence des choses, faisant toujours référence à la nature ou à un mot clé concernant l’une des quatre saisons, il répond à des règles de composition rigoureuses. D’origine japonaise, Suchan Kinoshita, connaît les règles du haïku. Elle les applique ici, distillant quatre éléments qui tous font partie de son vocabulaire plastique : un rideau transparent, un clepsydre rempli d’eau, une plante dépotée, un fusain ou plutôt devrait-on dire un lavis, monochrome, dilué, plein d’humus. L’eau, l’humidité semble traverser l’œuvre de haut en bas, goutte à goutte, filtrée par le cône renversé du rideau de douche, traversant le clepsydre, donnant renaissance à la plante dépotée, humectant le terreau du fusain. C’est bien sûr la plante qui fait office de « kugo », cette référence indispensable à la nature et au cycle des saisons, tandis qu’apparaissent les quatre éléments premiers, l’air et le vent dans le rideau, l’eau du clepsydre, la terre de la plante et le charbon, donc le feu, du fusain. Ce Haïku pour Liège, car destiné à une exposition liégeoise en 2009, évoque le cycle de la vie, la fertilité, le féminin, la promesse de renouveau, à la fluidité de la pensée. Elle fait référence à cette autre œuvre emblématique de l’artiste, titrée « Meaning is moist », la pensée est humide, la pensée est liquide.

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Aglaia Konrad

Aglaia Konrad, Carrara Cut, 2013
Pigment digital print on fibaprint mate 280 gr and aluminium, 200 x 100 cm. Collection FRAC Grand Large – Hauts-de-France, Dunkerque.

Le communiqué de presse :

L’exposition « Permanent Déplacement » met en lumière le travail artistique de Sarah Feuillas, réalisé depuis sa sortie des Beaux-arts en 2011, en lien avec une œuvre de l’artiste autrichienne Aglaia Konrad, récemment acquise par le Frac. Toutes deux s’intéressent à l’architecture et aux paysages transformés par les hommes. La photographie tient une place importante dans leurs démarches. Elle permet de faire des repérages de sites, de prélever des détails, d’isoler des formes et d’accentuer des points de vue. Ces images, soigneusement cadrées, associées ou retravaillées, donnent lieu à de véritables lectures sociales, historiques, économiques et politiques du paysage.

Aglaia Konrad choisit de « monter » ses photographies dans des suites linéaires discontinues. Après avoir filmé des maisons modernistes aux allures sculpturales, en prêtant une attention particulière aux matières et aux surfaces, elle est remontée jusqu’aux carrières de marbre de Carrare en Italie pour scruter la transformation des falaises.
Le triptyque Carrara Cut associe des images coupées – comme sont découpés les blocs de marbre – et marouflées sur la surface miroitante de plaques d’aluminium. Le choix du noir et blanc fait ressortir les surfaces accidentées des falaises et leurs lignes géométriques. Parce que de nombreux chefs-d’œuvre de la sculpture et de l’architecture occidentales commencent avec l’extraction de la pierre, son exploitation n’a cessé depuis l’Antiquité et continue d’alimenter le commerce mondial. La transformation du paysage est comprise ici comme un acte culturel que l’artiste archive à un moment donné. L’œuvre fait penser au déroulé d’un film dont l’acteur principal aurait été effacé. Loin d’une vision nostalgique ou romantique du paysage en ruine, Aglaia Konrad agit pour lui donner une nouvelle forme. On peut ici penser aux interventions de Robert Smithson (1938-1973) dans le désert américain, comme sa célèbre Spiral Jetty à Salt Lake City. Avec cette construction minérale éphémère, il revendiquait l’acte artistique comme un principe d’interruption poétique dans le processus global de dégradation du paysage.

Le titre de l’exposition « Permanent Déplacement » peut évoquer cette confrontation au phénomène entropique, qui est inéluctable dispersion de la matière, principe physique d’instabilité et d’usure permanente. Comme Aglaia Konrad, Sarah Feuillas s’intéresse à la géologie des sites, leurs échos formels et leurs rythmes. Toutes deux s’attachent à reformuler les paysages et à révéler leur dimension narrative.

23.09.17 – 31.12.17
Vernissage le samedi 23 septembre à 17h

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Jacques Lizène

Jacques Lizène
Sculpture génétique 1971, sculpture génétique cultuelle, 2009, la danse de derrière le décor (le ballet d’entretien des lieux d’expositions afin de faire reluire le lieu écrin de l’art séductif) 1975, en remake 2010-2011. Acrylique sur plâtre découpé, matériel d’entretien, 170 x 30 x 40 cm.

Jacques Lizène expose au CIAP à Hasselt, en compagnie de Gerlach en Koop et de Nora Turato. Une proposition du curateur Bas Hendrickx. Vernissage ce 23 septembre. Une soirée autour des films et vidéos de Jacques Lizène est prévue le 29 novembre.

De tentoonstelling meetsysteem werd samengesteld door curator Bas Hendrikx (1987, Amsterdam) en combineert het werk van drie kunstenaars, zij het in verschillende mate van zichtbaarheid en aanwezigheid. Jacques Lizène, gerlach en koop, en Nora Turato delen een eigengereide houding en een interesse in de mechanismes van taal en beeld. Jacques Lizène noemt zichzelf de Luikse Kleinmeester van de middelmatigheid en in veel van zijn werken staat het perifeer denken centraal, in zijn langlopende serie Banlieue d’art. gerlach en koop tonen in meetsysteem een werk in de context van het gedachtengoed van Lizène. Op donderdag 26 oktober vindt er een spoken-word performance van Nora Turato plaats en een lezing door de curator.

Opening: 23.09, vanaf 19u.
Gratis toegang.

Lezing door curator Bas Hendrikx en performance door Nora Turato
26.10, 19u00
Gratis toegang.
Lezing in het Nederlands, performance in het Engels.

Op woensdag 29 november is Lizène, in het kader van CIAP CINEMA, de curator van een avond gewijd aan zijn video’s.

Biografieën:

Jacques Lizène (1946, Ougrée, BE) woont en werkt in Luik. Sinds 1964 is hij actief als kunstenaar en maakte in die vroege jaren naam met het bevragen van kunst en het kunstenaarschap. In de jaren ’70 maakte hij, samen met Jacques Lennep en Jacques-Louis Nyst, deel uit van Le Cercle d’Art prospectif (CAP). Hij toonde zijn werk onder andere in de Yellow Gallery in Luik en l’Atelier 340 in Brussel. In 2009 kwam het M HKA met de retrospectieve tentoonstelling Le(s) Moi(s) de Lizène, waarbij ook de oeuvrecatalogus Tome III verscheen.

De collectieve kunstenaar gerlach en koop (NL) woont en werkt in Brussel en Den Haag. In 2015/16 maakten ze het tentoonstellingstweeluik Choses Tuées voor de Appel in Amsterdam en Temporary Gallery in Keulen. ROMA publiceerde de bijbehorende catalogi. Hun recente tentoonstelling met de onuitspreekbare titel : voor het Bonnefantenmuseum in Maastricht werd genomineerd voor een AICA Oorkonde.

Nora Turato (1991, Zagreb, HR) woont en werkt in Amsterdam. Ze studeerde aan de Rietveld Academie en Werkplaats Typografie en is momenteel resident aan de Rijksakademie. Haar recente solotentoonstellingen zijn Your Shipment Has Been Dispatched bij de Neuer Aachener Kunstverein en Opening Night bij galerie Juliette Jongma in Amsterdam. Haar performance vonden plaats bij onder meer KW Berlin, Impakt Festival, Kunstverein Köln, IKOB Eupen en de Bonner Kunstverein.

Bas Hendrikx (1987, Amsterdam, NL) woont en werkt in Amsterdam en Brussel. Hij maakte onder meer de tentoonstellingen Your Time Is Not My Time voor de Appel in Amsterdam, Hybrid Modus voor Skulptur Bredelar en Running Time voor Marres in Maastricht. Recent verscheen zijn boek Authenticity? bij uitgeverij Valiz. Na CIAP volgt nog een tentoonstelling in de Euregio: De Hollandse Savanne opent bij museum de Domijnen in Sittard in januari 2018.

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Et pendant ce temps là… les artistes tricotent. Ce sont leurs travaux d’aiguille.

Jacques Charlier

Jacques Charlier

Jacques Charlier

Jacques Charlier détricote la route de l’art à Verviers, espace Duesbergh. Et montre quelques planches originales de son ineffable « Route de l’art », une bande-dessinée tracée en 1975.

Emilio Lopez Menchero

Emilio Lopez Menchero s’apprête, lui, à tricoter quelques Marcels au TAMAT de Tournai. Il fera tapisserie dès le 7 octobre.

Emilio Lopez Menchero

Emilio Lopez-Menchero
Tricot (Indonésie !), 2008
Photographie couleurs marouflées sur aluminium, 150 x 185 cm

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Viennacontemporary

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous informer qu’elle participe à la section « Solo & Sculpture » de la foire d’art contemporain Vienna Contemporary, à Vienne en Autriche et exposera des oeuvres de Suchan Kinoshita. Le commissaire de la section est Miguel Wandschneider.

Suchan Kinoshita

“Sculpture has been an extremely fertile ground for art to fulfill its potential of destabilizing and disrupting habitual modes of perceiving and experiencing things. Sculpture functions here as an operative principle that enables to highlight and cluster together a number of significant artistic positions, without laying claim to any unnecessary conceptual or historicist alibi. All the artists gathered together in this section explore in their work the primacy of the object and its inescapable materiality over meaning. Experience prevails over interpretation.” Miguel Wandschneider.

With the presentation of high-quality sculptures by renowned international artists, Solo & Sculpture, curated by Miguel Wandschneider, has a new topic. With nine artistic statements Miguel Wandschneider presents his selection of the most significant and established representatives in the field of sculpture. The solo shows constitute a counterpoint to the art fair’s bustle and leave space for individual experiences and the concentration on fundamental artistic statements.

Solo & Sculpture curated by Miguel Wandschneider:

Werner Feiersinger I Galerie Martin Janda
Koenraad Dedobbeleer I Gesellschaft für projektive Ästhetik vormals GKFA
Michael E. Smith I KOW
Bruno Gironcoli I Galerie Krinzinger
Belén Uriel I Galeria Madragoa
Joëlle Tuerlinckx I Galerie nächst St. Stephan Rosemarie Schwarzwälder
Ana Santos I Galeria Quadrado Azul
Alexandre Estrela I Travesia Cuatro
Suchan Kinoshita I Galerie Nadja Vilenne

viennacontemporary
21 – 24 September 2017
Marx Halle Vienna
Karl-Farkas-Gasse 19, 1030 Vienna

Vernissage on 20 September 2017, 5:00–9:00 pm.
Opening hours:
Thursday, 21 September 2017: 11:00 am–7:00 pm
Friday, 22 September 2017: 11:00 am–7:00 pm
Saturday, 23 September 2017: 11:00 am–6:00 pm
Sunday, 24 September 2017: 11:00 am–6:00 pm

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Nicc

Vernissage ce vendredi 15 septembre à 18h

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Olivier Foulon a été invité par Suzanne Titz, directrice du musée Abteiberg à Mönchengladbach, à participer au commissariat de l’exposition « Von Da An ». Hommage à Johannes Cladders, fondateur visionnaire de cet anti-musée (1967-1978). Une exposition pour le moins historique, au plein sens du terme. Vernissage ce mercredi 13 septembre, 50 ans jour pour jour après l’inauguration du musée.

VON-DA-AN

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Jacques Charlier

Jacques Charlier, Tomorrow an other day, 2017, 50 x 60 cm

La route de l’art est devenue aujourd’hui une autoroute saturée. Depuis les années soixante, l’art dit d’avant garde, la création de nouveaux musées, le nombre d’aspirants à la carrière d’artiste, le nombre croissant de nouvelles galeries, l’enthousiasme des collectionneurs et des spéculateurs en ont créé un phénomène de société. Pour certains, une nouvelle religion avec sa curie, ses dogmes, ses foires et ses célébrations internationales. C’est ce constat que Charlier illustre avec humour et sagacité dans la série dites : La Route de l’Art. Comme d’habitude, les styles et les genres lui sont indifférents. Il les choisit au gré de son inspiration du moment et du scenario qui lui convient le mieux.

Sergio Bonati.

C’est la rentrée : Jacques Charlier reprend le collier et La Route de l’Art. Dans le cadre du Grand Large @ Verviers, produit par Daniel Dutrieux et les Editions Bruno Robbe. Centre culture de Verviers, Espace Duesberg, du 15 septembre au 20 octobre 2017. Vernissage : vendredi 15 septembre à 18h.

Depuis les années septante, de temps à autre, quand ça lui prend, Jacques Charlier, artiste pluridisciplinaire, peint ou dessine des «Routes de l’art». Ces routes n’ont rien à voir avec les parcours culturels des offices du Tourisme. Elles nous parlent des embûches, des revirements, des détournements, des impasses, des pièges de la mode et du marché qui jalonnent la vie d’artiste. Il cherche depuis toujours à préserver du mieux qu’il peut le cheminement poétique d’une pensée de traverse.

Lors du vernissage de l’exposition, sera présenté le film de Jacques Donjean «Jacques Charlier, pirate de l’Art».
Entrée libre. L’exposition est accessible du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 13h30 à 17h30, et lors des spectacles et activités de l’Espace Duesberg, ou sur rdv pour les groupes.

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La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous convier aux vernissages des expositions de :

MAEN FLORIN

Maen Florin

VALERIE SONNIER

Valérie Sonnier

Vernissages le jeudi 14 septembre à 19h en présence des artistes
Exposition du 15 septembre au 27 octobre 2017
Je. Ve. Sa. de 14 à 18h ou sur RV.

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Alevtina Kahkidze est l’invitée d’Art On paper with Bozar et produit pour le hall d’entrée de la foire une installation intitulée « I still draw love, plants and things », coproduction entre BOZAR et Art On paper. L’artiste s’entretiendra avec Sophie Lauwers (Bozar) et Pauline Hatzigeorgiou (Art on Paper), co-curators de l’installation, ce samedi 9 septembre de 16 à 17h au Bozar Studio. Elle proposera ensuite une performance relative à l’installation produite. Toujours à Bozar Studio, de 18 à 19h.

Alevtina Kakhidze

Alevtina Kakhidze

Alevtina Kakhidze

Alevtina Kakhidze

Alevtina Kakhidze, I still draw love, plants and things, 2017

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John Murphy
Exhibition view

John Murphy

John Murphy
For the eyes of dogs to come, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm

John Murphy

John Murphy
Words fall like stones, like corpses, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm

John Murphy

John Murphy
Cadere. Waste and Cadavers All, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm

John Murphy

Exhibition view

John Murphy

John Murphy
Nothing, Wait and See, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm

John Murphy

John Murphy
Not there, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm

« Que Domenico ait commencé le Divertissement au lendemain de l’effondrement de la République ne doit pas surprendre. Il ne s’agissait pas pour lui, comme on a pu le suggérer, de fuir la réalité mais, tout au contraire, d’une proximité avec le réel et l’histoire qui appartient depuis le début à l’histoire du comique. C’est un fait sur lequel il ne faudrait jamais cesser de réfléchir : les comédies d’Aristophane ont été écrites lors d’un moment décisif, ou plutôt catastrophique de l’histoire d’Athènes. En s’enfermant à Zianigo en compagnie de Polichinelle, Giandomenico ne choisit ni la farce, ni la tragédie. Il ne s’agit pas davantage, comme les interprètes le répètent à l’envi, de désenchantement ou de désillusion, mais bien plutôt d’une sobre méditation sur la fin ». Ces phrases sont du philosophe Giorgio Agamben qui a récemment consacré un fort dense petit opus au personnage de Polichinelle : « Polichinelle ou Divertissement pour les jeunes gens en quatre scènes » s’inspire d’une œuvre tardive de Domenico Tiepolo, ce « Divertimento per li Regazzi », un album regroupant un ensemble de 104 dessins réalisés entre 1795 et 1804, une vie sans queue ni tête de Pulchinello, ce personnage central de la Commedia dell Arte.

John Murphy s’est également intéressé aux dessins des Tiepolo et à la figure même de Pulcinello, cette collection de personnages, car Pulcinello est multiple et même nombreux, tout en étant, en quelque sorte, qu’une seule existence qui mange des gnocchis et fait des lazzis, toutes ces sortes de plaisanteries burlesques, grimaces et gestes grotesques. Déjà en 2006, alors qu’il fait sienne cette image extraite de La Grande Bouffe, la « grande abbuflata », de Marco Ferreri (1973), séminaire gastronomique et suicide collectif de quatre hommes fatigués de leurs vies ennuyeuses et de leurs désirs inassouvis et qui bouffent dès lors jusqu’à ce que mort s’ensuive, John Murphy rapproche ce plan où l’on voit Ugo Tognazi s’apprêtant à donner la pâtée à Michel Piccoli de quelques dessins des Tiepolo, père et fils, Giambattista et Giandomenico : des Pulchinello masqués, ventrus, pansus, bossus, constamment occupés à cuisiner des gnocchis, à les manger, à les digérer, à les déféquer.

Plus récemment, John Murphy a sélectionné une série des dessins de la vie de Pulcinello, ce divertissement pour les jeunes gens. Tout l’art de Murphy consiste à rassembler une constellation de signes révélateurs d’une expérience poétique. Il dialogue sans cesse avec des œuvres existantes provenant pour la plupart d’un corpus littéraire, pictural, cinématographique. En ce cas, il a fait des copies de certains de ces dessins de Giandomenico Tiepolo et les a masqué, les recouvrant du sfumato d’une couche de gouache blanche. Ensuite, à la plume, il a retracé les motifs sous-jacents qui l’intéressent, comme s’il désirait nous révéler le secret de Polichinelle, sans aucun doute Pulchinello lui-même, affublé de son masque, doté de son gros nez crochu, portant sur la tête un étrange chapeau, sommet de sa difformité, revêtu de son costume blanc et spectral, confondu à la gouache, personnage grotesque, touchant et effrayant à la fois, sans cesse au bord de la chute entre une invivable tragédie de la destinée et le comique des situations, la comédie comme inéluctable répétition du caractère. A la fois, Murphy ravive le souvenir des dessins de Domenico Tiepolo, les révèle et s’en écarte, les efface, ne conservant que ce qu’il estime nécessaire à son propos. La compagnie des polichinelles s’affaire et s’agite, se montre du doigt. Rien pourtant n’empêchera la perte, la chute, la fin en soi. Le sublime et le grotesque se côtoient, l’un et l’autre évoquent la finitude de la condition humaine, ce dévalement de la vie qui se dissout dans la multiplicité et l’affairement. John Murphy a conservé quelques petits chiens qui hantent les dessins de Tiepolo. Me reviennent ces quelques phrases écrites par Nietzsche dans le « Gai Savoir » : « J’ai donné un nom à ma souffrance et je l’appelle « chien », — elle est tout aussi fidèle, tout aussi importune et impudente, tout aussi divertissante, tout aussi avisée qu’une autre chienne — et je puis l’apostropher et passer sur elle mes mauvaises humeurs : comme font d’autres gens avec leurs chiens, leurs valets et leurs femmes ».

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Aglaia Konrad participe à l’exposition Asymmetric Architectures. Readings in the Postwar History of the Kunstverein au Kunsteverein Düsseldorf.
Jusqu’au 8 octobre 2017

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad
Iconocopycity 2011
Inkjet NB Photocopies mounted on the wall, variable dimensions. Edition 3/3

Asymmetric Architextures
Readings in the Postwar History of the Kunstverein

Roy Arden, Ilka Becker, Peter Brüning, Robert Burghardt, Natalie Czech, Henning Fehr & Philipp Rühr, Gesa Hüwe / Inga Thiele, Christina Irrgang, hobbypopMUSEUM, Aglaia Konrad, Sarah Kürten, David Lamelas, Katrin Mayer, Rita McBride / Christoph Westermeier, Vanessa Joan Müller, Marie-Luise Otten, Hedda Schattanik / Roman Szczesny, Mark von Schlegell, Arne Schmitt, Studio For Propositional Cinema, Sarah Szczesny, Alexander Jasch / Rita Kersting / Anette Freudenberger / Jens Ullrich, Jan Wagner, Alex Wissel

This year, the Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen together with the Kunsthalle Düsseldorf will celebrate the 50th anniversary of the architectural complex on the Grabbeplatz (completed in 1967), and hence 50 years that both institutions have existed under the same roof. On this occasion, the Kunstverein presents the exhibition, archival project, and event series Asymmetric Architextures – Readings in the Postwar History of the Kunstverein. At the center of the group exhibition is an investigation of the artistic and cultural-political activities and negotiations of the Kunstverein in connection with the institution’s architecture, designed by Konrad Beckmann and Christoph Brockes.
The thematic and temporal framework is derived from the building itself, and also from the cultural-political conflicts, discussions, and events linked to its origin: the siting of the postwar Kunstverein in the ruins of the old Kunsthalle; the call for proposals and the competition for a new building; the discussions around the former director of city planning, Friedrich Tamms, who had previously been active as an architect in Albert Speer’s closest circle, and the dispute over architecture in Düsseldorf that he and his allies provoked; the role of the Kunstverein under the direction of Hildebrandt Gurlitt – and subsequently under Karl-Heinz Hering – and thus of an era in which the Kunstverein’s gave an important impetus towards a reconstruction of the Kunsthalle; and finally the protests that met the opening of the building, as well as those over its preservation in the 1990s. In short, the point of departure is a period that was characterized by protests against an inadequate process of coming to terms with the National Socialist past, as well as by the reconstruction of the postwar years, and which even today remains crucial for understanding the current institutional landscape in Düsseldorf and the intertwining of the Kunstverein and Kunsthalle.
In connection with a wide-ranging research project and an examination of the numerous records of the Kunstverein in the Düsseldorf Municipal Archive, artists and art historians were invited to connect aspects of these historical discussions to their own work, and/or to expand on these discussions through readings of selected moments in the institution’s later exhibition history. The artist Katrin Mayer in turn developed a display made of assembled vertical and horizontal surfaces which are overwritten with archival materials, artworks, artifacts, and texts, as well as art historical analyses and new artistic productions. In this interplay between individual spatialized clusters of material, the history of the building – and thus also that of the Kunstverein – is activated as a continuously shifting provisional framework for various interrelated temporalities and architextures.
The project is accompanied by a program of events as well as a film series at the Filmwerkstatt Düsseldorf. The precise schedule will be made available shortly.
The exhibition was curated by Eva Birkenstock and conceived in dialog with Katrin Mayer with the assistance of Lidiya Anastasova, Gesa Hüwe, and Inga Thiele, as well as the participants in the accompanying seminar Living Archives. Kunstverein für die Rheinlande und Westfalen 1947-67 at the Heinrich-Heine-Universität Düsseldorf.

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Alevtina Kakhidze

Alevtina Kahkidze est l’invitée d’Art On paper with Bozar et produit pour le hall d’entrée de la foire une installation intitulée « I still draw love, plants and things », coproduction entre BOZAR et Art On paper. L’artiste s’entretiendra avec Sophie Lauwers (Bozar) et Pauline Hatzigeorgiou (Art on Paper), co-curators de l’installation, samedi 9 septembre de 16 à 17h au Bozar Studio. Elle proposera ensuite une performance relative à l’installation produite. Toujours à Bozar Studio, de 18 à 19h.

Le Communiqué de presse :

Pour la 3ème édition du Art on Paper, salon international du dessin contemporain, VO EVENT et BOZAR confirment leur affection pour le dessin et leur désir partagé de valoriser ce médium en invitant un artiste contemporain à réaliser, dans le Palais et en résonance avec le salon, une nouvelle production. Après Henri Jacobs et son projet ‘Vaporisation Crystallisation’ (2016), c’est l’artiste ukrainienne Alevtina Kakhidze qui répondra à la proposition par ‘I still draw love, plants and things’ (2017) (‘Je dessine encore l’amour, des plantes et des choses’), une intervention haute en couleurs, en dessins et en narrations visuelles et sonores. A cette occasion, l’œuvre traversera les différents espaces du Palais par différents supports, environnements chromatiques, dessins illustratifs, pièces vocales et objets réels pour composer une histoire puisant dans l’amour, les plantes et les choses.

For the 3rd edition of Art on Paper, the Brussels Contemporary Drawing Fair, VO EVENT and BOZAR confirm their fondness for drawing and their shared desire to enhance this medium by inviting a contemporary artist to create in the Palais a new work in resonance with the salon. After Henri Jacobs and his ‘Vaporization Crystallization’ (2016) project, the Ukrainian artist Alevtina Kakhidze will respond to the proposal with ‘I still draw love, plants and things’ (2017), a colorful intervention, in drawings and visual and sound narratives. On this occasion, the work will cross the different spaces of the Palais, through various mediums, chromatic environments, illustrative drawings, vocal pieces and real objects to compose a story drawing from love, plants and things.

Lu dans le supplément « Art » de La Libre, ce texte d’introduction de Hans Theys :

Un jardin adulte
Conversation avec Alevtina Kakhidze

Cette année, l’invitée spéciale du salon du dessin d’art contemporain Art On Paper, Alevtina Kakhidze, née en 1973, est une artiste aux multiples facettes dont les dessins, les écrits, les installations, les performances et les vidéos offrent des regards éminemment poétiques sur sa position en tant que personne et qu’artiste au sein d’un monde qui se présente comme la merveilleuse arène d’une incessante recherche d’équilibre entre les choses et les êtres. L’installation de Bruxelles se composera principalement d’une performance ainsi que de dessins muraux et de dessins sur papier. L’un d’entre eux dépeint sa mère, assise sur un petit tabouret dans son jardin. À l’arrière-plan, on aperçoit d’étranges pots de fleurs rouges qui semblent faire partie du jardin, jusqu’à ce que l’on s’aperçoive qu’il s’agit en réalité de représentations stylisées de tirs d’artillerie. Le dessin est accompagné d’un pot de confiture rempli de millepertuis perforés séchés (hypericum), une plante à fleurs jaunes qui n’aime pas qu’on lui dicte sa vie (il n’est pas facile de l’introduire dans un jardin) et est utilisée comme antidépresseur. Alevtina Kakhidze l’a cueillie dans son propre jardin. « L’installation s’intitule “I still draw love, plants and things” (Je dessine toujours l’amour, les plantes et les choses) », explique Alevtina Kakhidze. « Le mot “toujours” indique que mon regard sur la vie a été perturbé par la guerre (les actions militaires de groupes pro-russes et antigouvernementaux) et par la crise politique qu’a connue l’Ukraine il y a trois ans.
« De manière générale, de nombreuses choses insignifiantes qui m’irritaient ont disparu après la transition qu’a subie mon pays. À mes yeux, un jardin est un système qui reflète le comportement des hommes. Je m’intéresse aux plantes sauvages, agressives. Elles me rappellent des comportements intolérants tels que l’homophobie : l’incapacité à accepter des regards différents sur la vie. En même temps, je les apprécie, car elles n’ont pas besoin qu’on s’occupe d’elles, contrairement aux plantes de culture. En ce qui concerne les jardins, je distingue cinq rôles. Premièrement, on est un observateur. Deuxièmement, un serviteur. Troisièmement, le propriétaire : on en est responsable. On est ensuite un chercheur, puis, enfin, le bénéficiaire de ses cadeaux. Après la libération d’une ville ukrainienne, j’ai demandé aux habitants ce qu’il était advenu de leur jardin pendant l’occupation, qui avait duré 84 jours pendant l’été. Certains m’ont répondu que leur jardin avait été envahi par les mauvaises herbes. Je les comprends, car il était alors dangereux de rester dans son jardin, mais cet abandon forcé révèle la nature dépendante et inaccomplie de leur jardin. Je voudrais créer un jardin adulte, qui puisse prendre soin de lui-même. Dans le cadre de cette exposition, je m’intéresserai au jardin de ma mère, au mien et au Jardin botanique de Bruxelles, dont la structure m’intéresse. Durant la guerre, ma mère ne pouvait pas s’empêcher de se rendre dans son jardin, même lorsque c’était très dangereux. »

Hans Theys, Montagne de Miel, 17th August 2017

Alevtina Kakhidze est née en 1973 en Ukraine de l’Est. Après des études à l’Académie nationale des Beaux-Arts et d’Architecture de Kiev (1999- 2004), elle complète sa formation à l’Académie Jan Van Eyck de Maastricht (2004-2006), ce qui lui permet de séjourner en Europe occidentale et d’y réaliser des projets artistiques avant de retourner dans son pays natal, dans le petit village de Muzychi, où elle vit et travaille désormais et où elle a fondé une résidence à l’attention d’artistes d’horizons et de pratiques variées. Son travail a été l’objet de présentations dans des manifestations internationales d’importance (Whitechapel Gallery,Biennale de Moscou, Manifesta, etc.) et d’acquisitions par des collections privées et muséales (MUHKA).

This year’s special guest of the Art on Paper International Drawing Fair, Alevtina Kakhidze (1973), is a multifaceted artist whose drawings, writings, installations, performances and videos offer us deeply poetic views of her position as a person and an artist within a world that presents itself as the wondrous arena of an ongoing search for balance between things and beings. The installation in Brussels will mainly consist of a performance and wall drawings combined with drawings on paper. In one of those drawings she depicts her mother sitting on a small stool in her garden. In the background we see strange pots with red flowers that seem to be part of her garden, until we realize they are stylized depictions of active artillery. The drawing comes with a jam jar filled with dried Saint John’s wort (Hypericum), a yellow-flowered plant that doesn’t like to be told what to do (it is not easily kept in a garden) and is used as an antidepressant. Kakhidze in her own garden harvested it. Kakhidze: The title of the installation is “I still draw love, plants and things”. The word ‘still’ indicates that my views on life have been affected by the war (the military actions of pro-Russian and anti-government groups) and the three-year old political crisis in Ukraine. In general, a lot of petty stuff that used to upset me has become invisible after to the transition my country underwent. To me a garden is a system, which reflects human behavior. I’m interested in wild, aggressive plants. They remind me of intolerant behavior such as homophobia: the incapacity to accept different views on life. At the same time, I appreciate them because they don’t need care like cultural plants. I distinguish five roles with regard to gardens: Firstly you are an observer, secondly you are a servant, thirdly you are the owner, you are responsible for it, then you are a researcher and finally you are the receiver of its gifts. After the liberation of a Ukrainian city, I asked people what had happened with their garden during the occupation that had lasted for 84 summer days. Some of them told me their gardens had been taken over by weeds. I understand this, because it was dangerous for them to be in their gardens, but this forced abandonment revealed the dependent, unaccomplished nature of their garden. I would like to create an adult garden that can take care of itself. In this show, I will be looking at my mom’s garden, my own garden and the botanical garden of Brussels, of which the structure is quite interesting. My mom couldn’t help but visiting her garden during the war, even when this was very dangerous.

Hans Theys, Montagne de Miel, 17th August 2017

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John Murphy

John Murphy
Not there, 2015
Photocopy, gouache, pen and ink on board, 46 x 54 cm.

« Que Domenico ait commencé le Divertissement au lendemain de l’effondrement de la République ne doit pas surprendre. Il ne s’agissait pas pour lui, comme on a pu le suggérer, de fuir la réalité mais, tout au contraire, d’une proximité avec le réel et l’histoire qui appartient depuis le début à l’histoire du comique. C’est un fait sur lequel il ne faudrait jamais cesser de réfléchir : les comédies d’Aristophane ont été écrites lors d’un moment décisif, ou plutôt catastrophique de l’histoire d’Athènes. En s’enfermant à Zianigo en compagnie de Polichinelle, Giandomenico ne choisit ni la farce, ni la tragédie. Il ne s’agit pas davantage, comme les interprètes le répètent à l’envi, de désenchantement ou de désillusion, mais bien plutôt d’une sobre méditation sur la fin ». Ces phrases sont du philosophe Giorgio Agamben qui a récemment consacré un fort dense petit opus au personnage de Polichinelle : « Polichinelle ou Divertissement pour les jeunes gens en quatre scènes » s’inspire d’une œuvre tardive de Domenico Tiepolo, ce « Divertimento per li Regazzi », un album regroupant un ensemble de 104 dessins réalisés entre 1795 et 1804, une vie sans queue ni tête de Pulchinello, ce personnage central de la Commedia dell Arte.

John Murphy s’est également intéressé aux dessins des Tiepolo et à la figure même de Pulcinello, cette collection de personnages, car Pulcinello est multiple et même nombreux, tout en étant, en quelque sorte, qu’une seule existence qui mange des gnocchis et fait des lazzis, toutes ces sortes de plaisanteries burlesques, grimaces et gestes grotesques. Déjà en 2006, alors qu’il fait sienne cette image extraite de La Grande Bouffe, la « grande abbuflata », de Marco Ferreri (1973), séminaire gastronomique et suicide collectif de quatre hommes fatigués de leurs vies ennuyeuses et de leurs désirs inassouvis et qui bouffent dès lors jusqu’à ce que mort s’ensuive, John Murphy rapproche ce plan où l’on voit Ugo Tognazi s’apprêtant à donner la pâtée à Michel Piccoli de quelques dessins des Tiepolo, père et fils, Giambattista et Giandomenico : des Pulchinello masqués, ventrus, pansus, bossus, constamment occupés à cuisiner des gnocchis, à les manger, à les digérer, à les déféquer.

Plus récemment, John Murphy a sélectionné une série des dessins de la vie de Pulcinello, ce divertissement pour les jeunes gens. Tout l’art de Murphy consiste à rassembler une constellation de signes révélateurs d’une expérience poétique. Il dialogue sans cesse avec des œuvres existantes provenant pour la plupart d’un corpus littéraire, pictural, cinématographique. En ce cas, il a fait des copies de certains de ces dessins de Giandomenico Tiepolo et les a masqué, les recouvrant du sfumato d’une couche de gouache blanche. Ensuite, à la plume, il a retracé les motifs sous-jacents qui l’intéressent, comme s’il désirait nous révéler le secret de Polichinelle, sans aucun doute Pulchinello lui-même, affublé de son masque, doté de son gros nez crochu, portant sur la tête un étrange chapeau, sommet de sa difformité, revêtu de son costume blanc et spectral, confondu à la gouache, personnage grotesque, touchant et effrayant à la fois, sans cesse au bord de la chute entre une invivable tragédie de la destinée et le comique des situations, la comédie comme inéluctable répétition du caractère. A la fois, Murphy ravive le souvenir des dessins de Domenico Tiepolo, les révèle et s’en écarte, les efface, ne conservant que ce qu’il estime nécessaire à son propos. La compagnie des polichinelles s’affaire et s’agite, se montre du doigt. Rien pourtant n’empêchera la perte, la chute, la fin en soi. Le sublime et le grotesque se côtoient, l’un et l’autre évoquent la finitude de la condition humaine, ce dévalement de la vie qui se dissout dans la multiplicité et l’affairement. John Murphy a conservé quelques petits chiens qui hantent les dessins de Tiepolo. Me reviennent ces quelques phrases écrites par Nietzsche dans le « Gai Savoir » : « J’ai donné un nom à ma souffrance et je l’appelle « chien », — elle est tout aussi fidèle, tout aussi importune et impudente, tout aussi divertissante, tout aussi avisée qu’une autre chienne — et je puis l’apostropher et passer sur elle mes mauvaises humeurs : comme font d’autres gens avec leurs chiens, leurs valets et leurs femmes ».

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