Valérie Sonnier. L’Hôtel Badeschloss, fantôme de lui-même

Valérie Sonnier
Sans titre (de la série Badeschloss) 2015 – 2017
Crayon, crayons de couleur et cire sur papier, 33,5 x 41,5 cm

Bâti entre 1791 et 1794 d’après les plans de l’architecte salzbourgeois Wolgang Hagenauer, pour le compte du prince archevêque de Salzbourg Colloredo, l’hôtel Badeschloss, situé tout à côté de la cascade de Gastein à Bad Gastein n’est plus que le fantôme de lui-même lorsque Valérie Sonnier le découvre en 2015. Ce château des Bains de plan quadrangulaire, quatre étages et sept travées de style classique, a pourtant eu longtemps fière allure. Surélevé, on y accède par deux monumentales volées d’escaliers. Son élégant portail est bordé de pilastres aux décors serpentins conçus par l’architecte Anton Högl. Etablissement thermal dès 1807, reconstruit en partie en 1857, caserne à l’époque de la première guerre mondiale, ce petit palais redevient grand hôtel où se croisent élégantes et aristocrates dès le début des années 20. L’empereur allemand Guillaume Ier le fréquenta régulièrement pour une bénéfique et annuelle cure estivale. Élisabeth de Wittelsbach, mieux connue sous le nom Sissi, chère au cinéaste Ernst Marischka, séjourna également à Bad Gastein.

Ces figures impériales ne sont pas les seuls fantômes qui hantent cette station alpine que l’on a parfois surnommée la Monte Carle des Alpes. L’hôtel Badeschloss, le Grand Hôtel de l’Europe, colosse néo – renaissance de dix étages inauguré en 1909 qui rappelle inévitablement le Grand Hôtel Budapest du cinéaste Wes Anderson, la Villa Excelsior, l’Hôtel Straubinger sont encore hantés par bien des artistes et célébrités. Le philosophe Arthur Schopenhauer y a séjourné. Franz Schubert y compose sa Gasteiner Symphonie en 1825. Thomas Mann y écrit L’Elu, cette histoire d’une généalogie pervertie, avec secrets d’alcôves, scandales étouffés, transgressions de tous ordres et accumulations d’incestes. Sigmund Freud fut un invité régulier de l’hôtel Villa Excelsior entre 1916 et 1923. L’hôtel dispose encore aujourd’hui de sources d’eaux chaudes riches en radon qui semblent favoriser une vie sexuelle saine. En plus d’écrire et de profiter des eaux curatives, il semble que le Docteur Freud se soit enfermé dans la chambre 18 pour faire l’amour avec Minna Bernays, la jeune soeur de sa femme. Après l’Anschluss, Bad Gastein est devenu le nouveau spa de luxe des élites du troisième Reich. Joseph Goebbels venait y exfolier ses peaux mortes. Ses camarades nazis, alors qu’ils assistent à des représentations théâtrales, ont détruit les fresques dites dégénérées que Gustav Klimt avait peintes au Grand Hôtel de l’Europe. On raconte que la mère du cinéaste autrichien Michael Haneke, actrice respectée, enceinte en 1942, perdit les eaux alors qu’elle était en pleine représentation sur la scène du Grand Hôtel devant une suite de fonctionnaires et dignitaires nazis. Il fallut trouver d’urgence une voiture afin de traverser cette vallée des Alpes et rejoindre une maternité munichoise. Oui, bien que de nationalité autrichienne, Michael Haneke est en effet né à Münich.

Albert Einstein, Alfred Nobel, Franklin D. Roosevelt, Billy Wilder, tant d’autres, ont également séjourné dans la vallée de Bad Gastein. Il se murmure même que le pape Jean Paul II soit venu profiter incognito des magnifiques pistes de ski voisines.(1)

Oui, mais voilà, il n’y a pas de miracle. Aux grandeurs de quelques décennies féériques, effrénées ou décadentes succèdent de longues années de vicissitudes. Malgré quelques tentatives de relance, dont la construction d’un grand Centre de Conférence de style brutaliste imaginé à l’aube des années 70 par l’architecte salzbourgeois Gerhard Garstenauer, les bâtiments historiques de Bad Gastein se vident et sont bientôt abandonnés. C’est le cas de l’hôtel Badeschloss, laissé pour compte durant de nombreuses années, racheté en 1999 par un riche investisseur viennois, Franz Duval, qui met la main sur plusieurs bâtisses anciennes de la station alpine. Celui-ci promet d’investir mais rien ne change : Duval laisse l’hôtel se dégrader. Jusqu’à cette funeste date du 27 mars 2013. L’imposante charpente de l’hôtel s’embrase vers 5h30 du matin, l’incendie est ravageur. Dès l’après midi, la police confirme l’origine criminelle du sinistre. L’incendiaire a voulu mettre le feu dans le hall d’entrée, mais il a échoué. Puis il a bouté le feu à quelques vieux draps de lit qu’il a trouvé sous les combles et la charpente s’est embrasée. Le porte-parole des autorités ne s’étonne même pas : de nombreuses vitres du bâtiment sont brisées depuis longtemps : on rentre dans l’hôtel comme dans un moulin.(2)

Deux ans plus tard, Valérie Sonnier a visité l’hôtel de la même manière, incognito, magnétisée sans aucun doute par tous ces fantômes qui errent depuis si longtemps dans la vallée, comme les fantômes familiers de l’enfance hantent la maison familiale de Versailles, ce petit Trianon provincial, comme celui de Jean Cocteau qui accompagne la Belle et la Bête au château de Raray près de Senlis. Cette visite initiatique l’amènera à revenir à diverses reprises à Bad Gastein afin de nous livrer des suites de dessins, de photographies et, enfin, un film super huit. Oui, les trois mediums sont définitivement et intrinsèquement liés dans la pratique de l’artiste, en rebonds, déplacements du plan fixe et de l’image en mouvement, mouvement cyclique des dessins tracés comme plans et cadres d’un synopsis, mouvances fantomatiques hantant les tirages noirs et blancs. Le film super huit mêle intérieurs et extérieurs, jour et nuit, la neige et l’eau noyant le feu, les lueurs et halos fugitifs. Parmi ces lueurs étranges, dansantes et incertaines, apparaissent les scintillantes pampilles de verre d’un lustre d’apparat. Sissi esquisse un pas de valse, le temps d’une image quasi subliminale. Les travellings sont lents, épousant les forêts, cascades et flancs de montagnes du parc national des Hohe Tauern; ils frôlent et glissent le long des façades de la bâtisse. Et le grain de la pellicule sert à merveille une sorte d’atemporalité, de suspension dans le temps et l’espace. Nous sommes entre chien et loup. Non pas que Valérie Sonnier ait privilégié ces moments où surgissent l’aube ou l’obscurité pour filmer, mais bien dans l’acception de l’expression, quand l’homme ne peut distinguer le chien du loup, le chien guide diurne et le loup, symbole de la nuit, des peurs et cauchemars qu’elle convoque et provoque.

Bon nombre de dessins sont comptables de l’incendie de la toiture, un embrasement que l’artiste réinvente, la survivance d’un moment, la survivance de l’image dans une énergie fluente. « Faire une image, c’est s’adresser à la perte de quelque chose », écrit Georges Didi-Huberman. Oui, au-delà de la perte d’une charpente, Valérie Sonnier a compris toute l’urgence de la survivance par l’image, de la survivance de l’image elle-même. Ses dessins témoignent ici d’une minutieuse énergie à fixer l’éphémère, tandis qu’évoquant l’incendie du bâtiment, elle convoque également l’imaginaire et l’anachronisme, une polyrythmie de l’image. Tout s’interpénètre, en effet, dans cette expérience mnémonique. Et l’on pourrait se demander si les fantômes eux-mêmes ne sont pas les seuls habiles –et habilités – à conserver cette mémoire, à l’unir à l’imaginaire. Ils sont gardiens oniriques, suaires d’inquiétudes, porteur visionnaires de l’imagination et de ce qui fait image. Ils ont la part belle dans la suite de photographies que Valérie Sonnier a produite. Renouant une fois encore avec l’expérience fondatrice de Jacques Henri Lartigue, ce cliché que le futur photographe prend en 1905 alors qu’il n’a que onze ans, Mon frère Zissou en fantôme, Villa Les Marronniers, Château Guyon, Valérie Sonnier témoigne de leurs immatérielles apparitions dans les couloirs de l’hôtel. Ils errent dans un hôtel fantomatique, ils hantent les images, ils font et sont l’image elle-même, ils en sont les intercesseurs, partagent une mémoire, qu’elle soit individuelle ou collective. Car les fantômes, je vous l’assure, sont aussi les gardiens des propensions hybrides, agitées, inspirées, inquiètes ou angoissées de tous les créateurs d’images.

Jean-Michel Botquin, 2020

1 Lire a ce sujet David Granda, Bad Gastein: así es ahora la ciudad balneario de Sissi, Freud y Einstein, Revista Condé Nast Traveler, janvier 2020

2 Divers articles de la presse régionale, dont Salzburg ORF.at. Ajoutons, pour être complet, qu’un groupe hôtelier munichois a racheté l’ancienne poste, l’hôtel Badeschloss et l’Hôtel Straubinger en novembre 2018 et développe un important projet hôtelier. Ouverture prévue en 2023.

Un Automne à dess(e)ins, focus Valérie Sonnier online, invitation. Dès ce dimanche 20 septembre.

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous inviter à l’exposition

UN AUTOMNE À DESS(E)INS

Exposition en processus Dessins et desseins.
Oeuvres de Brecht Koelman, Sophie Langhor, Emilio Lopez Menchero, Loïc Moons, David Polzin, Valérie Sonnier, Raphaël Van Lerberghe, Marie Zolamian

Valerie Sonnier, Badeschloss, 2017. Tirage argentique sur papier baryté, 18 x 24 cm. Edition 5 exemplaires

FOCUS – VALERIE SONNIER – BADESCHLOSS

Exposition virtuelle sur Nadja Vilenne online viewer room. 20.09 > 18.10.2020

—-> ACCES A LA ONLINE VIEWER ROOM —->

Exposition à la galerie : 20.09 > 11.10.2020

du jeudi au dimanche -14h-18h, de préférence sur rendez-vous au ++32.475.90.52.26

Les annulations du Salon Paréiolide à Marseille et de la FIAC au Grand Palais à Paris nous invitent à réinventer nos pratiques et propositions. Elles seront digitales et réelles à la fois.

Cette exposition des œuvres de Valérie Sonnier, toutes relatives au Badeschloss, cet hôtel fantomatique situé à Bad Gastein dans les Alpes autrichiennes était prévue dans le cadre de Paréidolie, septième édition du salon international du dessin contemporain organisé au château de Servières à Marseille ces 26 et 27 septembre 2020. L’actuelle situation sanitaire dans le département des Bouches du Rhône en a décidé autrement. Le Salon Paréidolie a été annulé quelques jours avant sa tenue.

Valérie Sonnier, Badeschloss sera dès lors le premier focus d’un cycle intitulé Un automne à dess(e)in. L’exposition est hébergée sur notre Online Viewer Room et le restera jusqu’au dimanche 18 octobre.

L’art reste néanmoins, et il faut qu’il en soit ainsi, une expérience directe et physique. Valérie Sonnier, Badeschloss est dès lors également une exposition bien réelle, dans l’espace de la galerie, et sera également accessible dès ce dimanche 20 septembre, de préférence sur rendez-vous en téléphonant au 0475.90.52.26.

Jacqueline Mesmaeker, biennale d’Enghien, de Terre & de Ciel, dernier week-end

(…), il ne faut pas manquer la chapelle castrale, ni de monter au sommet de la tour où Jacqueline Mesmaeker, 91 ans, qui vient d’être fêtée à Bozar, a redéployé une installation de 1978, avec des longs tulles blancs dégringolant de la charpente et sur lesquels sont projetées des images de vols d’oiseaux qui passent d’un tulle à l’autre. Avec leurs cris, les brindilles tombées du toit qui s’accumulent sous les draps blancs et les figures énigmatiques de deux bustes en marbre, l’installation a une poésie particulière (…)  Guy Duplat dans La Libre. 

Dernier week-end pour la biennale d’Enghien. Samedi 19 – dimanche 20 septembre, 14-18h (pas de réservation). informations 

 

Jacqueline Mesmaeker, Jacques Charlier, La colère de Ludd, BPS22 Charleroi, les images

Jacqueline Mesmaeker
Melville 1891, 2015
Photographie argentique numérisée et projetée, maquette en balsa et plâtre. Dimensions de l’installation variables.
Collection BPS22, musée de la Province de Hainaut
Jacques Charlier, Les Rives de l’Eden, 1986

Suchan Kinoshita, Inspire, ISELP, Bruxelles

sur réservation : https://iselp.be/fr/expositions/inspire

Jacqueline Mesmaeker, gerlach en Koop, Was machen Sie um zwei? Ich schlafe. GAK, Gesellschaft für Aktuelle Kunst, Bremen

gerlach en koop, collectif d’artistes situé entre la Belgique et les Pays Bas a invité Jacqueline Mesmaeker à rejoindre leur exposition Was machen Sie um zwei? Ich schlafe au Gesellschaft für Actuelle Kunst, à Bremen en Allemagne. Jacqueline Mesmaeker réalise quelques Introductions roses dans l’espace d’exposition. 

Jacqueline Mesmaeker, Introduction rose, in situ à BOZAR Bruxelles, 2020

In an exhibition at the edge of sleep gerlach en koop display works by other artists:

Ismaïl Bahri, Kasper Bosmans, Daniel Gustav Cramer, Mark Geffriaud, Voebe de Gruyter, Ian Kiaer, Kitty Kraus, Gabriel Kuri, Rita McBride, Guy Mees, Jacqueline Mesmaeker, Helen Mirra, Laurent Montaron, Melvin Moti, Jean-Luc Moulène, Henrik Olesen, Annaïk Lou Pitteloud, Emilio Prini, Bojan Šarčević, Shimabuku, Steve Van den Bosch and a contribution by writer Haytham El-Wardany.

What do you do at two?
I sleep.
At three?
I sleep.
At four?
I sleep.
At five?
I sleep.
At six?
I sleep.
At seven?
I sleep.
At eight?
I sleep.
At nine?
I wake up.

In May 1961 Alberto Moravia invited Claudia Cardinale for an interview. To her surprise, Moravia proposes to question her as an object in the room. The interview is divided in two parts. In the first part Moravia tries to record how Cardinale appears in the room, in the second part how she disappears—into sleep.

In bright daylight the objects distinguish themselves from you without any effort at all: the headphones on the couch with the cord in an elegant curl on the floor; the scissors on the desk, not closed but in the shape of an x; the chair that has not been drawn up; the black-and-white postcard stuck on the wall with Blu Tack; the glass of water without water on the small metal table mobiltecnica torino close to the bed; the shoes side by side close to the leg of the table. At night however, when you are asleep, the boundaries become fluid. Differentiation turns into mutual sympathy. The objects are approaching us. We are approaching the objects. No, our bodies are approaching the objects.

Collective artist gerlach en koop renders things visible by repetition, copying or reuse, by displacement and misplacement, by omissions, erring and making mistakes. The smaller the distance between two identical things—differences that sometimes can only be conceived of—the more interesting.

Curator: Regina Barunke

gerlach en koop
Was machen Sie um zwei? Ich schlafe.
19.09.–20.12.2020

Gesellschaft für Aktuelle Kunst
Teerhof 21, D 28199 Bremen
+49 421 500 897
office@gak-bremen.de
www.gak-bremen.de

Maen Florin, Playing at being human, Museum Hof van Busleyden – De Garage – Sint-Janskerk, Mechelen

In de presentatie van Maen Florin (°1954) komen alle facetten van haar werk samen in een allesomvattende tentoonstelling, op drie plekken met elk hun eigenheid: Museum Hof van Busleyden, De Garage en de Sint-Janskerk in Mechelen.

In Museum Hof van Busleyden en in de Sint-Janskerk worden haar sculpturen één met de omgeving waarin ze getoond worden. Net als in de Renaissance gaat ze de dialoog aan met het verleden. In de Sint-Janskerk zoeken de typische hoofden van de kunstenaar een manier om zich te verhouden tot de patroonheilige van de kerk. De onthoofding van Sint-Jan De Doper doet kunstenaars door de eeuwen heen nadenken over hoe ‘het hoofd’ de menselijkheid belichaamd. De geïsoleerde hoofden versterken deze focus.

In het museum verbindt haar werk zich zowel met de thema’s van het museum als met de vormentaal van de kunstwerken. Zo voegt het werk van Maen Florin nieuwe of andere interpretaties toe die de toeschouwer uitnodigen om op een andere manier te kijken naar de meesterstukken in het museale parcours.

In De Garage, waar uitsluitend nieuw werk te zien is, gaat Maen Florin verder dan voordien. Via de toevoeging van kleuren, wanden en speciaal ontworpen sokkels geeft Maen Florin vorm aan de tentoonstellingsarchitectuur. De sculpturen nemen duidelijk hun plaats in ten opzichte van de andere beelden in de ruimte. Op die manier laat ze de evocatieve kracht van de omgeving een rol spelen in het ervaren van haar sculpturen.

De werken van Maen Florin verleiden de toeschouwer en houden hem tegelijk een spiegel voor. Op zoek naar een vertaling van krachtige emoties, verenigt de kunstenaar tegenpolen als macht en machteloosheid, liefde en lijden, kracht en breekbaarheid binnen één beeld. Haar figuren proberen contact te maken met de wereld maar blijven tegelijk vastzitten in hun eigen bubbel, afgesloten voor de ander.

Toutes les facettes de l’oeuvre de Maen Florin (°1954) sont réunies dans une exposition décentralisée en trois lieux, chacune de ces expositions ayant sa propre individualité : au Musée Hof van Busleyden, au Garage et en l’église St-Jean à Malines.

Au Museum Hof van Busleyden et à la Sint-Janskerk, ses sculptures ne font plus qu’un avec l’environnement dans lequel elles sont exposées. Comme à la Renaissance, elle entre en dialogue avec le passé. Dans l’église Saint Jean, les têtes caractéristiques de l’artiste cherchent un moyen de se rapprocher du saint patron de l’église. La décapitation de Saint Jean-Baptiste a fait réfléchir les artistes au cours des siècles sur la façon dont « la tête » incarne l’humanité. Les têtes isolées renforcent cette focalisation.

Au musée, son travail est lié à la fois aux thèmes de ses collections et au langage formel des œuvres d’art. L’œuvre de Maen Florin, par exemple, ajoute des interprétations nouvelles ou différentes qui invitent le spectateur à regarder les chefs-d’œuvre du musée d’une autre manière.

Au Garage, où l’on ne peut voir que des œuvres nouvelles, Maen Florin va plus loin qu’auparavant. Par l’ajout de couleurs, de murs et de socles spécialement conçus, Maen Florin donne forme à l’architecture de l’exposition. Les sculptures prennent clairement leur place par rapport aux autres sculptures dans l’espace. Elle laisse ainsi le pouvoir évocateur de l’environnement jouer un rôle dans l’expérience de ses sculptures.

Les œuvres de Maen Florin séduisent le spectateur et lui tendent en même temps un miroir. À la recherche d’une traduction d’émotions puissantes, l’artiste réunit dans une même sculpture des opposés tels que la puissance et l’impuissance, l’amour et la souffrance, la force et la fragilité. Ses personnages tentent d’entrer en contact avec le monde mais restent en même temps coincés dans leur propre bulle, fermés à l’autre.

19.09.2020 – 22.11.2020

Réservation obligatoire sur le site du musée 

Jacqueline Mesmaeker, La colère de Ludd, Acquisitions récentes, BPS 22 Charleroi

Jacqueline Mesmaeker participe à l’exposition La Colère de Ludd, Acquisitions récentes, exposition du 19 septembre au 3 janvier 2021 au BPS22 à Charleroi

La colère de Ludd, la nouvelle exposition du BPS22, rassemble une quarantaine d’œuvres récemment acquises par la Province de Hainaut et, pour la plupart, encore jamais exposées au musée. Au départ de la notion de dépossession, les œuvres choisies expriment des expériences de déracinement, d’occupation, de destruction, d’épuisement ; mais également de résistance et d’attachement. L’exposition évoque ainsi de manière poétique, romantique, politique, parfois cruelle, différentes situations de dépossessions que les êtres humains peuvent être amenés à vivre, de manière plus ou moins consciente.

Dans une société capitaliste dominée par la logique de possession, à une époque où les droits humains fondamentaux restent bafoués et où les libertés sont sans cesse remises en cause, comment l’humain se construit-il sur cette succession de dépossessions ? Au travers d’œuvres aux médias et esthétiques variés (peinture, sculpture, photographie, vidéo, installation, tapisserie, etc.), La colère de Ludd met en lumière différentes formes de privation (de temps, de territoire, de l’identité, du travail, etc.) mais aussi différentes démarches volontaires visant à s’affranchir et à penser plus librement ces contraintes.

ARTISTES : Marcos Avila Forero, Ilit Azoulay, Charlotte Beaudry, Priscilla Beccari, Charif Benhelima, Monica Bonvicini, Miriam Cahn, Jacques Charlier, Nicolas Clément & Barbara Massart, Stijn Cole, Laurence Dervaux, Florence Doléac & Maximum, Maëlle Dufour, Latifa Echakhch, mounir fatmi, Benoît Félix, Barbara Geraci, Margaret Harrison, Bénédicte Henderick, Laura Henno, Katia Kameli, Teresa Margolles, Yerbossin Meldibekov, Jacqueline Mesmaeker, Anita Molinero, Camila OliveiraFairclough, ORLAN, Sylvie Pichrist, Naufus Ramírez-Figueroa, Anne-Marie Schneider, Allan Sekula, Suspended Spaces, Emmanuel Van der Auwera, Véronique Vercheval, Liliane Vertessen, Marie Voignier, Ulla von Brandenburg, Peter Wächtler, Marthe Wéry.

Valerie Sonnier, le Cabaret du Néant, château de Rentilly

Valérie Sonnier
Galerie Huguier, série
Tirage argentique sur papier baryté, 50.5 x 61 cm, 2008 – 2019

Nouvelles dates pour l’exposition Le Cabinet du Néant au parc culturel de Rentilly, situé à une trentaine de kilomètres à l’Est de Paris. Ouverte début mars, fermée précocement pour raison sanitaire, l’exposition sera accessible du 18 septembre au 15 novembre 2020. Valérie Sonnier y participe. Dix ans après un premier travail et une première donation en 2009 en lien avec l’exposition Figures du corps, écrit Anne-Marie Garcia, pour la seconde fois, Valérie Sonnier pose son appareil photographique dans la galerie Huguier, dont elle retranscrit l’atmosphère si particulière d’un lieu figé et converti en cabinet de curiosités où s’accumulent moulages, mannequins anatomiques, squelettes, écorchés et autres animaux. Elle y porte un regard ambivalent d’artiste enseignante qui, véritable passerelle entre le passé et le présent, redonne corps et vie à des objets historiques et pédagogiques momifiés par le temps.
L’ensemble de ce travail, photographies et film Super 8, évoquera les esprits qui ont traversé ces lieux à travers la présence d’un fantôme, le fantôme des Beaux-arts.

Valérie Sonnier
Galerie Huguier, série
Tirage argentique sur papier baryté, 61 x 50.5 cm, 2008 – 2019

En référence au célèbre cabaret à thèmes installé à la fin du XIXe siècle à Montmartre et qui déployait son ambiance parodique et funèbre en se jouant avec une ironie sulfureuse de situations macabres, le Frac Île-de-France et la Communauté d’Agglomération de Marne et Gondoire présentent au Château de Rentilly, Le Cabaret du Néant , une exposition conçue par la nouvelle filière « Métiers de l’exposition » des Beaux-Arts de Paris, qui associe des artistes contemporains aux chefs-d’oeuvre de la collection des Beaux-Arts de Paris.

Du tragique au parodique en fonction des évolutions de la société et de ses moeurs, des convictions religieuses comme des découvertes scientifiques, le sujet : « souviens-toi que tu vas mourir » parcourt l’art et la littérature. Depuis les fameuses danses macabres apparues au XVe siècle, il n’a cessé d’interpeler publics et créateurs tout en subissant des transformations profondes.

Contemporaine du célèbre cabaret du néant installé en 1892 boulevard de Clichy (Paris 18e) et qui donne son titre à l’exposition, la notion du néant connaît une autre interprétation, une autre vision d’un même abîme, pas moins terrible mais plastiquement inverse ; celle qui, dans le sillage de Mallarmé, conduit à considérer la vie humaine comme « de vaines formes de la matière (…) s’élançant forcément dans le rêve qu’elle sait n’être pas (…) et proclamant, devant le Rien qui est la vérité, ces glorieux mensonges ! ». Le rôle du poète et donc de l’art consisterait ainsi, selon Mallarmé, à tirer l’homme de ce « Rien », comme du fond d’un naufrage, par le jeu suprême de la création.

Le thème du « néant » est décliné en trois parties dans l’exposition :

– Le festin des inquiétudes, partie tournée vers le passé et inspirée à la fois par ce célèbre cabaret et par l’imaginaire d’un Moyen Âge marqué par la fragilité de la vie et la fantaisie occulte. Elle rassemble des oeuvres spectaculaires, d’Albrecht Dürer ou Francisco de Goya à Jean-Michel Alberola, comme autant de Vanités rappelant avec humour et dérision le destin de l’être face à la mort.

– L’anatomie de la consolation, qui nous conduit à travers les découvertes scientifiques et anatomiques des XIXe et XXe siècles avec des oeuvres de Gautier d’Agoty, Géricault… La mort et le vide y sont envisagés sous un angle à la fois plus rationnel et plus immatériel.

– Fin de partie, un espace simultanément vide et trop plein faisant écho à la pièce éponyme de Samuel Beckett, ultime contemplation du vide qui invoque une forme d’ivresse sensible, comme un refus de l’être de succomber à la fatalité de sa propre existence, avec des oeuvres de Marcel Duchamp, Alain Séchas, Hicham Berrada…

Exposition conçue à l’invitation de Xavier Franceschi sur une idée de Jean de Loisy, développée et réalisée par Simona Dvořáková, César Kaci (commissaires résidents aux Beaux-Arts de Paris), Sarah Konté, Yannis Ouaked, Violette Wood, Kenza Zizi (étudiants de la filière « Métiers de l’exposition »)*, sous la direction de Jean de Loisy et de Thierry Leviez, en collaboration avec les équipes du Frac Île-de-France et du Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier.

*La filière « Métiers de l’exposition » est une nouvelle filière professionnalisante, proposée aux étudiants de 3e année des Beaux-Arts de Paris, conçue en partenariat avec le Palais de Tokyo.

Jean-Michel Alberola, Ismaïl Bahri, Evgen Bavcar, Hicham Berrada, Christian Boltanski, Xavier Boussiron, Flora Bouteille, Pierre Louis Deseine, Jean Baptiste Désoria, Marcel Duchamp, Albrecht Dürer, Nina Galdino, Matthias Garcia, Gautier d’Agoty, Théodore Géricault, Francisco de Goya, Graham Gussin, Lucien Hervé, Hans Holbein, Jean-Antoine Houdon, Pierre Huyghe, Claire Isorni, Ann-Veronica Janssens, Christian Lhopital, Marc Lochner, Antoine Marquis, Bernhard Martin, Romain Moncet, Damien Moulierac, Alicia Paz, Benoît Pype, Valentin Ranger, Hugues Reip, Bettina Samson, Pierre-Alexandre Savriacouty, Alain Séchas, Valérie Sonnier, Victor Yudaev, Tereza Zelenková …

le château, rentilly. Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier, 1, rue de l’Étang, 77 600 Bussy-Saint-Martin.

Valérie Sonnier
Galerie Huguier, série
Tirage argentique sur papier baryté, 61 x 50.5 cm, 2008 – 2019
Valérie Sonnier
Galerie Huguier, série
Tirage argentique sur papier baryté, 50.5 x 61 cm, 2008 – 2019

Suchan Kinoshita, Inspire, Iselp, Bruxelles, 17 septembre – 28 novembre

Suchan Kinoshita
Haïku for Liège, 2009
technique mixte, technique mixte, plante, dessin, verre, eau, plastique, 278 x 39 x 42 cm

Suchan Kinoshita participe à l’exposition Inspire à l’Iselp a Bruxelles.  Vernissage (à confirmer) le 17.09.2020 de 18h30 à 21h – Entrée libre aux expositions, du mardi au samedi, de 11H à 18H

 Quelles autres temporalités peuvent nous offrir les œuvres d’art ? Issues d’une inspiration qui n’appartient qu’aux artistes, les œuvres présentées dans cette exposition nous permettent d’apprécier le temps qui passe à sa juste mesure, d’en saisir pleinement l’intensité.

En partant d’une mise en question du temps normalisé (Maarten Vanden Eynde, Edith Dekyndt), Inspire glissera vers des créations abordant une temporalité plus lente, organique (Wolfgang Laib, Fabrice Samyn, Elise Peroi, Suchan Kinoshita, David Claerbout), ouverte (Manon de Boer) jusqu’à présenter des œuvres évoluant au fil de l’espace et du temps de l’exposition (F&D cartier, collectif muesli, Noémie Goldberg/Nogold) afin d’éprouver la durée comme une possible résonnance à notre expérience. Un ancrage salutaire, une pause ou un ralentissement conscient, hors du courant, afin de révéler d’autres rythmes sous-jacents tels que celui qui s’enclenche en nous dès la première inspiration et cadence notre existence.

Au programme : une exposition et une programmation de conférences, performances, projections, débats et rencontres. Elles déclineront différentes conceptions du temps qui tentent toutes d’échapper au temps contrôlé et codifié pour offrir une temporalité moins rationnelle, plus naturelle.

La musique de Valérie Leclercq, Jean D.L. et Alice Hebborn ainsi que la poésie et la méditation s’immisceront dans ce parcours afin d’offrir des espaces de dialogue aux œuvres présentées.

Curatrice: Catherine Henkinet

 

What other temporalities can artworks offer us? The works presented in this exhibition, which come from an inspiration unique to the artists, enable us to appreciate the passing of time in its proper light and to fully grasp its intensity.                                                              

Beginning with a questioning of standardised time (Maarten Vanden Eynde, Edith Dekyndt), Inspire will move on to creations displaying a slower, more organic temporality (Wolfgang Laib, Fabrice Samyn, Elise Peroi, Suchan Kinoshita, David Claerbout), then open (Manon de Boer) to show works evolving over the space and time of the exhibition (F&D Cartier, collectif muesli, Noémie Goldberg/Nogold) in order to test how time resonates with our experience. A salutary anchor point, a conscious pause or slowing down, out of the current, in order to reveal other underlying rhythms such as the one that is triggered within us from the first inspiration and that sets the pace of our existence.

On the agenda: an exhibition as well as a programme of conferences, performances, screenings, debates and meetings. These will introduce different notions of time, all attempting to escape controlled and codified time to offer a less rational, more natural temporality.

Music by Valérie Leclercq, Jean D.L. and Alice Hebborn as well as poetry and education will feed into this visitor experience to create space for discussion around the exhibited works.

L’Art Même
L’art même