Jacques Lizène

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Numa Boucoiran

Numa Boucoiran, La leçon d’Anatomie à usage des artistes, 1873, Université de Montpellier

Jacques Charlier, Jacques Lizène, Sophie Langohr, Benjamin Monti et Marie Zolamian participent à l’exposition La Leçon d’Anatomie (commissaire Marie-Hélène Joiret), à la Boverie, à l’occasion du 30e anniversaire du C.H.U. de Liège. L’exposition « La Leçon d’Anatomie. 500 ans d’histoire de la médecine » présente à La Boverie du 21 juin au 17 septembre 2017 un ensemble unique de plus de 120 œuvres où Art ancien et Art contemporain, mêlés, montrent bien la variété de nos attitudes devant les fragilités de notre condition.

La Boverie
Du 21.06 au 17.09.2017

Félicien Rops

ROPS Félicien, Le Massage, Sans date, Héliogravure sur papier Japon, sans justification de tirage, 26×19,7 cm, Province de Hainaut Coll. BPS22,Charleroi.

L’hôpital du C.H.U est le fruit d’une longue gestation qui a débuté dans les années 60. Sa conception, confiée à l’architecte liégeois Charles Vandenhove, prévoit dès le départ, l’intégration d’œuvres d’art. Construit au Sart Tilman lors de la décennie suivante au cœur des 172 hectares acquis par le Recteur de l’époque, Marcel Dubuisson, il a officiellement été inauguré le 13 décembre 1985. Deux ans plus tard, l’entité hospitalière a acquis son autonomie juridique en obtenant un statut distinct de celui de l’Université. Cette indépendance juridique a débouché sur la création d’un conseil d’administration avec un pouvoir décisionnel propre. La date qui a marqué les mémoires et qui fait sens est donc celle du 1er avril 1987. Pour célébrer ses trente années d’existence, le C.H.U de Liège s’invite dans le grand espace central du nouveau musée liégeois pour une exposition qui s’articule autour de quatre grands axes : un cabinet de curiosité qui laisse place à la réflexion sur la place de la médecine dans l’art et de l’art au service de la médecine ; une mise en regard entre des œuvres anciennes et œuvres d’art contemporain portées par une thématique commune, la médecine ; une confrontation entre œuvres d’art abstrait et des photographies prises au microscope ; une mise en avant des artistes présents au C.H.U.
Pratiquer la médecine et y recourir, c’est aussi, au-delà des techniques mises en œuvre, affronter les interrogations les plus fondamentales qui se posent depuis toujours aux humains, car la maladie, la souffrance et la mort, inhérentes à leur condition, leur posent les problèmes philosophiques et religieux essentiels, placent médecins et patients devant des problèmes éthiques souvent graves et suscitent en eux des désirs contradictoires. Les artistes ont de tout temps illustré ce questionnement éternel. Ils le font avec une riche diversité, passant du drame à l’ironie, de la pédagogie à l’anecdote, de l’horreur à la beauté. C’est dans ce sens que le C.H.U a conçu son exposition en collaboration avec des institutions de renoms comme l’Hôpital Notre-Dame à la Rose de Lessines ou encore le Centre wallon d’art contemporain « La Châtaigneraie », dont la directrice, Marie Hélène Joiret, assure le commissariat de l’exposition.

Jacques Charlier

Jacques charlier, Peinture cérébrale, 1989, collection BPS22, Charleroi

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La galerie de l’Hôtel de Ville de Chinon, dans une exposition pensée par Cindy Daguenet, revient sur plusieurs aspects importants de la langue de Rabelais : ses jeux de langage. Anagrammes, palindromes, exercices de styles, calembours, et aphorismes sont au programme d’une grande partie des œuvres présentées dans l’exposition. Mais pas seulement, puisque le langage et la sémantique depuis Un coup de dés jamais n’abolira le hasard de Stéphane Mallarmé, aux premières œuvres des futuristes et au recueil Calligrammes de Guillaume Apollinaire ouvrent une porte vers de nouvelles préoccupations artistiques et intellectuelles au début du 20 ème siècle. Le langage en tant que matière phonétique est pris à bras le corps par des artistes comme François Dufrêne, Joël Hubaut, Bernard Heidsieck et Gherasim Luca à travers des lectures performances. Une exposition riche de plus de 40 œuvres et 60 éditions originales de livres d’artistes. Cette exposition est un hommage à Rabelais, originaire du pays, et la richesse de notre langage.

Jacques Lizène

Jacques Lizène, Marcel Duchamp croisé François Rabelais, technique mixte, 2017

Jacques Lizène

Jacques Lizène, Allais en Satie par Jacques Lizène. Satie en Allais, technique mixte, 1997

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Jacques Lizène

Jacques Lizène, Marcel Duchamp croisé François Rabelais, technique mixte, 2017

Jacques Charlier, Jacques Lizène, Pol Pierart et Raphaël Van Lerberghe participent tous les quatre à l’exposition « La Comédie du Langage », organisée à la galerie de l’Hôtel de Ville de Chinon (Loire), en hommage à François Rabelais. Vernissage ce 20 mai, exposition jusqu’au 15 octobre 2017. Commissariat : Cindy Daguenet.

La galerie de l’Hôtel de Ville revient sur plusieurs aspects importants de la langue de Rabelais : ses jeux de langage. Anagrammes, palindromes, exercices de styles, calembours, et aphorismes sont au programme d’une grande partie des œuvres présentées dans l’exposition. Mais pas seulement, puisque le langage et la sémantique depuis Un coup de dés jamais n’abolira le hasard de Stéphane Mallarmé, aux premières œuvres des futuristes et au recueil Calligrammes de Guillaume Apollinaire ouvrent une porte vers de nouvelles préoccupations artistiques et intellectuelles au début du 20 ème siècle. Le langage en tant que matière phonétique est pris à bras le corps par des artistes comme François Dufrêne, Joël Hubaut, Bernard Heidsieck et Gherasim Luca à travers des lectures performances. Une exposition riche de plus de 40 œuvres et 60 éditions originales de livres d’artistes. Cette exposition est un hommage à Rabelais et la richesse de notre langage.
Avec : Marcel Duchamp, Angelo Rognoni, Jean Dupuy, Francine Flandrin, Art & Language, Sammy Engramer, Pol Pierart, Anabelle Hulaut, François Dufrêne, Bernard Heidsieck, Olga Adorno, Raphael Van Lerberghe, Jacques Lizène, Christian Xatrec, François Morellet, Patrice Lerochereuil, Jacques Charlier, Zhuo Qi, Joël Hubaut, Gil Joseph Wolman, Jacques Halbert, Raymond Hains et des éditions originales de : Raymond Roussel, Alfred Jarry, Stéphane Mallarmé, Roland Topor, Raymond Queneau, Francis Picabia, F. T Marinetti, Maurice Lemaitre, Isidore Isou, Joël Hubaut, Marcel Duchamp, Jean Epstein, Robert Desnos, Claude Closky, Dan Graham, Henri Chopin, Joseph Kossuth, Robert Filliou, Juliette Roche, …

Pol Pierart

Pol Pierart, Aureboire,technique mixte sur carton, sd. Collection Province de Liège, ancienne collection du Cirque Divers.

Toujours à Chinon, rabelaisienne cité du vin, au musée du Carroi cette fois, c’est Marie Zolamian qui expose en contrepoint de l’exposition « Paroles à boire », très belle sélection de verres à boire de l’Antiquité à nos jours des collections du Grand Curtius à Liège, la deuxième plus grande collection au monde après celle du Musée Corning dans l’Etat de New York. Les verres sont issus de divers pays avec, comme points forts, les verres vénitiens ou réalisés à la façon de Venise, le cristal de Bohême ainsi que les œuvres d’époque Art nouveau ou Art Déco.

coupe syrienne, musée du Grand Curtius

Coupe syrienne, 13e siècle, musée du Grand Curtius Liège.

Dans notre idée de présenter un parcours chronologique sur l’histoire du verre à vin de ses origines à nos jours dans toutes les vitrines du troisième étage du musée, il nous paraissait important d’accorder de la place à une artiste de notre époque pour offrir au public un dispositif constitué de deux séries d’œuvres sur papier et d’une vidéo sur la thématique de l’eau et du vin. Marie Zolamian utilise dans ses œuvres, sa mémoire et ses origines mais également des expériences et des rencontres qu’elle a pu faire ses dernières années notamment lors d’une résidence à Birzeit en Palestine. La série « A servir » présente une procession de femmes parées de coupes, d’aiguières, de flacons remplis de liquides : rouge, bleu ou ocre. Alanguies sur une jarre, accroupies sur un tapis avec un flacon dans leurs mains, puisant l’eau dans un puits au beau milieu d’une oasis, les femmes sont au centre de cette série, à la fois servantes et prêtresses. Le titre « A servir » joue sur ce double sens puisqu’il laisse entendre le mot « asservir », être réduit à la servitude, ce que tout au long de notre histoire les hommes et les textes sacrés imposeront aux femmes.

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Sans titre, de la série A Servir, 2013
gouache sur papier, 21 x 13,5 cm

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Résonances

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint Pierre, plâtre polychrome, XXe siècle, Liège, Grand Curtius
de la série Open Geometric Structures, photographie noir et blanc, 66 x 100 cm, 2016.
Photo Charlotte Lagro

Jacques Lizène

Photo Charlotte Lagro

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Art syncrétique, 1964. Sculpture génétique 1971.En remake 2011. Technique mixte, 65 x 30 x 30 cm. Sur colonne : 158 cm
Photo Charlotte Lagro

Emilio Lopez Menchero

Emilio López-Menchero
Sacs (de la série Indonésie !), 2008
Encre de chine sur papier, 195 x 157,5 cm
Photo Charlotte Lagro

Emilio Lopez Menchero

Emilio López-Menchero
Molenbeek, (de la série Indonésie !), 2008
Encre de chine sur papier, 195 x 157,5 cm
Photo Charlotte Lagro

Charlotte Lagro

Charlotte Lagro,
And it was quiet (…),
plywood with oak veneer and mahogany stain, 2015

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Jacques Lizène

Jacques Lizène
Art syncrétique, 1964. Sculpture génétique 1971.En remake 2011. Technique mixte, 65 x 30 x 30 cm. Sur colonne : 158 cm

Le registre des « sculptures génétiques » participe du double principe du collage et du montage – tel qu’il est présent dans nombre d’œuvres canoniques de la modernité (Max Ernst, avant tout, mais aussi Eisenstein, Heartfield, Erró, Rauschenberg, Godard, Jorn, etc…). Pour Lizène comme pour tous ceux-là, il s’agit de faire entrer en collision deux éléments hétérogènes (prélevés dans les registres les plus divers), suffisamment éloignés pour produire un effet de heurt ou d’incongruité (il s’agit de réunir ce qui logiquement n’aurait jamais dû l’être) et pourtant ajustables, harmonisables (la rencontre doit aussi avoir un caractère d’évidence). Mais ce qui singularise Lizène, c’est que l’effet de surprise ou d’émerveillement n’est jamais dénué d’une certaine dimension burlesque (seuls quelques collages d’Erró s’aventurent dans cette direction-là), résultant notamment d’une transgression des classifications et des hiérarchies admises. D’où par exemple, le «montage» d’une statuette d’art primitif et d’une sculpture classique ; l’hybridation de deux ou plusieurs visages (Freud-Hitler, Proust-Kafka, Lizène-Picasso) ; l’irruption d’un regard féminin dans l’image du buste de Sade par Man Ray ; l’ajout d’éléments farcesques et perturbateurs (les faux-nez) à certains portraits ; la création d’objets paradoxaux (la Guitare-pioche, la Guitare à deux manches) ; le télescopage de deux moitiés de meubles (chaises, canapés) appartenant à des styles opposés ; l’invention de végétaux d’une « dualité » défiant toutes les lois de la nature (un sapin «mutant» soudainement en palmier, un arbre dont le tronc se développe brusquement à l’horizontale, en formant un angle droit) : les variations, on le sent, sont infinies. Mais ce qui fait la singularité de Lizène, aussi, dans ce répertoire, c’est qu’il peut se concrétiser dans tous les langages dont il dispose : ces collisions peuvent tout aussi bien s’incarner dans des collages d’images ready-made, des dessins tracés à la main, des créations d’objets (résultant à l’occasion de ces dessins), des vidéos (les techniques de l’incrustation, ici, font merveille) des détournements de sculptures, des actions de rue (l’inénarrable performance où il aborde les passants, pour leur apposer sur le visage le fragment photographié d’un autre visage, les transformant de facto en sculptures génétiques vivantes), et même des inventions de symboles (son fameux drapeau belge, peut-être pas entièrement ironique, résultant de la conjonction de la moitié du lion flamand et de la moitié du coq wallon…) (Guy Scarpetta)

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Jacques charlier

Jacques Charlier
Peinture mystique I, 1988
Technique mixte, acrylique sur toile, objets trouvés, 200 x 350 cm

La résonance est un phénomène selon lequel certains systèmes physiques, électriques ou mécaniques, par exemple, sont sensibles à certaines fréquences. Un système résonant peut accumuler une énergie, si celle-ci est appliquée sous forme périodique, et proche d’une fréquence dite « fréquence de résonance ». Par extension de langage, elle est aussi faculté de résonner, propriété d’accroître la durée ou l’intensité d’un son, effet produit, écho rencontré, mode de retentissement d’un événement vécu ; elle est enfin ce qui fait vibrer le cœur et l’esprit. Toutes les œuvres rassemblées dans cette exposition ont cette capacité de résonance, en ce qu’elles sont échos et vibrations des états du monde : excès en tous genres, nationalismes exacerbés et place du religieux, combat féministes renouvelés, exode et immigration, multiculturalisme et chocs ou rencontres des cultures, compétition ou questions environnementales. Elles sont également résonances à d’autres créations d’un passé plus ou moins éloigné, résonances au cinéma ou à la littérature, à l’histoire de l’art et de la peinture, à celle des arts premiers. Le terme de résonances, au pluriel même, est sans doute le plus à même de rendre compte de ce phénomène de mise en mouvement de l’esprit au contact de l’autre, une mise en mouvement qui oblige au dépassement de ses limites et à l’inventivité d’un autre monde.

Avec des œuvres de : James Lee Byars, Jacques Charlier, Lili Dujourie, Charlotte Lagro, Sophie Langohr, Jacques Lizène, Emilio Lopez-Menchero, Jacqueline Mesmaeker, Guy Mees, Benjamin Monti, John Murphy, Pol Pierart, Maurice Pirenne, Valérie Sonnier, Raphaël Van Lerberghe, Marie Zolamian.

Vernissage ce samedi 18 mars à 19h
Exposition du 19 mars au 15 avril 2017.

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Lu dans l’Oeil #698, février 2017, à propos de Charlier, Lizène et de bien d’autres choses, cet essai de Pauline Vidal :

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Jacques Charlier

A l’avant plan : Jacques Charlier, Paysages professionnels, 1971

Jacques Charlier

Jacques charlier, Photographies de vernissage, 1975

Jacques Charlier

Jacques Charlier, Paysage artistique, 1970

Jacques Charlier

Jacques Charlier

Jacques Charlier

Jacques Charlier, photo-sketch en couverture de la revue d’art +/- 0

Jacques Charlier

Jacques Lizène

Jacques Lizène, exhibition view

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Personnage photographié regardant le spectateur d’une photo. Personnage photographié essayant de se dérober au regard d’un spectateur d’une photo, 1971
Jacques Lizène
Contraindre le corps à s’inscrire dans le cadre, 1971
Jacques Lizène
Contraindre le corps à s’inscrire dans le cadre de la photo, 1971.

Jacques Lizène

Jacques Lizène, « Documents rapportés d’un voyage au coeur de la civilisation banlieue (Ougrée, banlieue industrielle liégeoise), par un petit maître liégeois, pauvre pitre en art, artiste de la médiocrité, représentant de la banlieue de l’art » (1973, Liège). Accompagné de : « Modèle contraignant son corps à s’inscrire dans les limites du cadre pour réaliser une tentative de reconstitution de portrait de l’indigène de la civilisation banlieue » (Collection Muhka Antwerpen)

Jacques Lizène

Jacques Lizène
« 144 tentatives de sourire… mais l’on sait le vécu quotidien de la plupart des individus, Accompagné de 881 tentatives de rire enregistrés sur cassette, tout d’une traite », 1974. 135 photographies NB, tirage argentique, marouflées sur carton, 9 x 73 x 61 cm et cassette audio digitalisée

Jacques Lizène

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Jacques Lizène

Jacques Lizène, Un film barré à la main (1972)

Les œuvres Tentative de dressage d’une caméra (1971), Tentative d’échapper à la surveillance d’une caméra (1971), Contraindre le corps à rester dans le cadre de l’image suivi d’une promenade d’un côté à l’autre de l’écran (1971) et Un film barré à la main (1972) de Jacques Lizène (toutes faisant partie de la collection du FRAC Aquitaine) sont projetées dans le cadre du Festival « Flash Danse, traversées chorégraphiques »au Théâtre Universitaire de Nantes. Du 16 au 26 janvier 2017.

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A propos de l’exposition : De Broodthaers à Braeckman – La photographie dans les arts plastiques en Belgique » au Muhka
Dans L’Art Même #71. sous la plume d’Emmanuel d’Autreppe

L'Art Même

L'Art Même

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Suchan Kinoshita in :

Hinter dem Vorhang. Verhüllung und Enthüllung seit der Renaissance. Von Tizian bis Christo
Hrsg. Beat Wismer, Claudia Blümle
Gebunden, 340 Seiten, 297 Abbildungen in Farbe, 24 x 30 cm

Jacques Lizène et Jacques Charlier in :

Liesbeth Decan
Conceptual, Surrealist, Pictorial
Photo-Based Art in Belgium (1960s – early 1990s)
Leuven University Press
ISBN: 9789462700772

The role of photography in Belgian visual art
Conceptual, Surrealist, Pictorial is the first in-depth study of the use of photography by Belgian artists from the 1960s until the early 1990s. During these three decades, photography generally underwent a major evolution with regard to its status as a gallery-focused fine art practice. Liesbeth Decan explores ten representative case studies, which are contextualized within and compared with contemporary international artistic trends. Successively, she addresses the pioneering use of photography within Conceptual art (represented by Marcel Broodthaers, Jacques Charlier, and Jef Geys), the heyday of Photoconceptualism in Belgium (represented by Jacques Lennep, Jacques Lizène, Philippe Van Snick, and Danny Matthys), and the transition from a conceptual use of photography towards a more pictorial, tableau-like approach of the medium (represented by Jan Vercruysse, Ria Pacquée, and Dirk Braeckman). Ultimately, the selected case studies reveal that photo-based art in Belgium appears to be characterized by a unique uniting of elements particularly from Conceptual art, Surrealism, and the pictorial tradition.

Jacques Lizène in :

 

Denis Gielen
REBEL REBEL ART + ROCK
Author: Editor: Denis Gielen. Authors: Denis Gielen, Jeff Rian, Julien Foucart
Hardback, 300x215mm, 304p, 300 colour illustrations,
French edition
Fonds Mercator/ Mercatorfonds
ISBN: 9789462301498

Depuis les années 60, le rock fait partie, avec d’autres cultures populaires comme la Science-fiction, des nouvelles sources d’inspiration et de réflexions que détournent les artistes plasticiens. Dérivé du blues et de la country, musiques rurales américaines, le rock qui apparaît à la fin des fifties se profile comme une culture typiquement adolescente dont l’histoire oscille entre divertissement industriel et révolte suburbaine. Célébrée avec nostalgie ou parodiée avec virulence, sa « religion » hante, depuis le Pop Art, tout un pan de l’art contemporain de ses distorsions électriques et refrains diaboliques. Associé à l’art, il élargi le spectre d’une sensibilité désormais partagée : de la révolte politique à la crise identitaire en passant par le nihilisme artistique.
Publié à l’occasion de l’importante exposition Rebel Rebel (Art + Rock) programmée par le MAC’s au Grand-Hornu, en 2016, cet ouvrage propose une traversée de l’art contemporain à travers le prisme du rock et de ses trois principales facettes. Colorée notamment par les chansons de Hank Williams ou Patti Smith, la première met en lumière des artistes qui, comme Dan Graham, Allen Ruppersberg ou David Askevold, se sont interessés aux racines vernaculaires de la musique rock. La seconde, iconique à l’image d’Elvis Presley, Deborah Harry ou Kurt Cobain, sélectionne des oeuvres qui s’en prennent aux vanités du star system et de son esthétique glamour, à la manière de Mimmo Rotella, Douglas Gordon ou General Idea. Enfin, teintée par la noirceur de groupes punk comme les Ramones ou les Stooges, la troisième facette du rock présente des plasticiens iconoclastes qui déconstruisent, comme Art & Langage, Steven Parrino ou Jonathan Monk, le mythe moderniste de l’auteur génial. A chacune de ces facettes correspond un chapitre du livre qui, partant de duos ‘art-rock’ (Andy Warhol + Bob Dylan, Tony Oursler + Sonic Youth, Jeremy Deller + New Order,… ), s’organise en divers planches iconographiques. Augmentées de biographies, d’une chronologie et d’un glossaire, ces trois parties respectivement intitulées Roots, Looks et Fools constituent le coeur d’un projet éditorial où musique rock et art contemporain s’associent en un combo bâtard et rebelle.

Aglaia Konrad in :

Aglaia Konrad
From A to K

L’ouvrage Aglaia Konrad From A to K, d’après une idée originale de l’artiste, a été rédigé par Emiliano Battista et Stefaan Vervoort. Conçu et présenté sur le modèle d’une encyclopédie, il propose une large sélection d’images inédites, tant en couleurs qu’en noir et blanc, accompagnée d’un glossaire classé par ordre alphabétique dont la présence organise et structure l’ouvrage.
Cette liste reflète l’intérêt que l’artiste porte depuis longtemps aux dimensions changeantes des environnements publics et privés tels qu’elles se manifestent dans l’architecture, l’urbanisme et la ville dans son ensemble. De plus, le glossaire rend explicites le processus d’élaboration de l’ouvrage et les choix qui y ont conduits, comme s’il s’agissait d’un répertoire des nombreuses idées qui l’ont inspiré.
Les textes répartis à travers Aglaia Konrad From A to K portent tous comme titre une expression sélectionnée dans le glossaire, dont « (pre-)Architecture », « Book », « City », « Concrete » et « Elasticity ». L’ouvrage comporte des essais et des témoignages personnels de Friedrich Achleitner, Hildegund Amanshauser, Elke Couchez, Penelope Curtis, Michiel Dehaene, Steven Humblet, Moritz Küng, Spyros Papapetros, Angelika Stepken, Edit Tóth et des rédacteurs, ainsi que des contributions des artistes Koenraad Dedobbeleer et Willem Oorebeek.
Emiliano Battista & Stefaan Vervoort (réd.), Éditions Koenig Books, Cologne, 391 p., uniquement disponible en anglais.

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Urgent conversations

Jacques Lizène participe à l’exposition inaugurale du nouveau musée d’art contemporain d’Athènes (EMST), « Urgent conversations : Athens – Antwerp »

Urgent Conversations: Athens – Antwerp is the first temporary exhibition in the long overdue public unfolding of the Greek National Museum of Contemporary Art, Athens (EMST). The project offers a reflective dialogue between the collections of EMST and M HKA, the Flemish Contemporary Art Museum, based in Antwerp. This exhibition commences the program EMST in the World.

The impulse of both Urgent Conversations: Athens – Antwerp and EMST in the World is the necessity of cultural dialogue on a global scale, also within multifaceted Europe. Societies nowadays tend to polarize in 49 % versus 51 % camps, negotiations start from antagonistic positions as a default position, introversion and individualism became entrenched states. There may be loftier aspirations than the capacity of conversation, but its recent fragility often reached critical levels and can be described as an urgent situation.

Urgent Conversations: Athens – Antwerp has been developed bottom up, each time starting from work of a Greek and a Belgian artist, that resonate, searching a notion that arises from this resonance, then adding a third artist from elsewhere in one of the two collections. In this way the exhibition was structured around 22 notions with each time work of three artists in a dialogue around it, the total consisting of more than 70 works from 66 artists.

This exhibition enacts the belief of both museums that works of art may constantly emanate new meanings, open questions and initiate a much desired dialogue, that basic ground for human culture. This project is therefore also a counter-proposal to cultural and curatorial sameness, opting instead for a multitude of convincing constellations of subjects, impossible to exhaust, leading up to discussions concerning both individual and collective realizations, and to actions.

Athens and Antwerp seem to represent two extremes of Europe today, but at the same time Greece and Flanders are both regions of Europe that added many crucial threads to its cultural fabric. Institutions like EMST and M HKA may further cultivate that. EMST in the World will develop in the same vein further dialectical relations between EMST and institutions elsewhere with corresponding aims and practices, geared to the research and curation of contemporary art and other contemporary cultural manifestations.

Jacques Lizène, Lucas Samaras, Douglas Gordon : THE UNSTABLE SELF

Jacques Lizène

We thought of the Unstable Self while discussing the works of Jacques Lizène, Lucas Samaras and Douglas Gordon.
Unlike in the myth of Narcissus, in real life we rarely fall in love with ourselves. Looking at a reflecting pool one can encounter the abyssal unknown or come face to face with a chimaera: a monster composed by more than one animal. The randomness and transitional nature of what we are, the constant internal battle between opposing tendencies within us and the fluidity of what we often perceive with certainty as our anchor to existence is revealed with deep introspection, psychoanalysis, chemical substances and mind affecting diseases. Maybe it is this knowledge, that self is not a topos but a journey, which saves us from the vengeance of Nemesis.
We are monsters, Lizène states, accidental mixtures of two sources of genetical material, he therefore took a vasectomy not to procreate, after that it is joyful to be a “cadavre exquis”. Gordon confronts in Self Portrait (Kissing with Scopolamine) his own reflection by kissing another face with a truth drug on his lips. Samaras makes with Self what amounts to an autobiography through his body.

ΕΜSΤ- M HKA
Urgent Conversations: Athens-Antwerp
Opening: 31 October 2016
October 31, 2016 – January 29, 2017
Curated by: Bart De Baere, Katerina Koskina
Assistant Curators: Stamatis Schizakis, Jan De Vree

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Lu dans La Libre à propos de l’exposition « De Broodthaers à Braeckman – La photographie dans les arts plastiques en Belgique », à laquelle participent Jacques Lizène et Jacques Charlier, au Muhka. Plume de Guy Duplat.

La Libre

En mai prochain, c’est un photographe, Dirk Braeckman, qui représentera la Belgique à la Biennale de Venise. Ce fut d’abord une surprise qu’il ait été préféré à un peintre comme Michaël Borremans. Mais ce choix marque bien l’apport de la photographie dans les arts plastiques.
Par le traitement qu’il réserve à ses prises de vue, la démarche de Breackman s’apparente fortement à celle des peintres. Ne cherchant nullement à rendre la réalité visible des choses et des gens, il les saisit dans un espace de noirceur qui les isole et ne les révèle qu’en dehors de toute anecdote. Auteur de portraits, d’autoportraits retouchés, de photos de lieux sans aucune présence humaine, Braeckman impose une tension et une étrangeté qui renvoient les espaces et les êtres au plus profond d’eux-mêmes.
Hasard du calendrier, le musée d’art contemporain d’Anvers, le Muhka, propose justement d’explorer ce passage de la photographie aux arts plastiques en Belgique, depuis Marcel Broodthaers.
Tout a vraiment commencé avec Broodthaers dont on voit plusieurs oeuvres typiques : sa petite « tour à 4 étages avec des photos de paires d’yeux », le portrait de Marie Gilissen prenant une photo, « La soupe de Daguerre » où les légumes sont une suite de photographies de légumes. On est bien dans l’art conceptuel, dans la foulée des photographies surréalistes de Magritte et Nougé.

144 tentatives de sourire

Dans la foulée de Broodthaers, l’expo met en évidence Jef Geys et Jacques Charlier dont on remontre des grandes séries comme ses photographies de vernissages d’expos, mises en abîme ironiques du regard sur l’art.
Le parcours s’arrête à raison à la causticité du groupe CAP (Cercle d’Art prospectif) avec Jacques Lennep, Jacques Louis Nyst et Jacques Lizène. La photographie est un média possible pour troubler, déranger, interroger. Avec un humour décapant mêlant à nouveau le conceptuel et le surréaliste. Il faut revoir les 144 tentatives de sourire de Lizène ou sa série « Contraindre le corps à s’inscrire dans le cadre ».
Jacques Lennep utilise la photographie pour ausculter le monde à travers sa documentation autour d’un supporter des Zèbres. En Flandre, Lili Dujourie s’approprie la photographie pour réinventer les grandes poses de l’art classique en posant nue devant son propre objectif.
Peu à peu, la photographie quitte le conceptualisme pour pour devenir tableau sombre et étrange, décor de théâtre chez Braeckman. Philippe Van Snick mêle concept et beauté formelle, photographiant les états successifs d’un lavabo dont l’eau est peu à peu envahie par l’encre.
Tout en gardant aussi un humour très belge, un hybridation spécifique à notre pays, qu’on retrouve dans les performances de Ria Pacquée photographiant par exemple une femme à Rome qui demande partout son chemin « sans jamais voir la beauté de la ville ».

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Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène
« 144 tentatives de sourire… mais l’on sait le vécu quotidien de la plupart des individus, Accompagné de 881 tentatives de rire enregistrés sur cassette, tout d’une traite », 1974. 135 photographies NB, tirage argentique, marouflées sur carton, 9 x 73 x 61 cm et cassette audio digitalisée

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Jacques Lizène

Subverted Street Photography

In the early 1970s Lizene was also dedicated to another genre: street photography. In a similar approach to the genre of the (self-)portrait, the artist challenged the traditional interpretation of the genre. For example, View along the Bottom of the Walls [Regard au bas des murs] consists of a series of black-and-white photographs- taken in 1971 during the making of a film with the same title, and used in 1973 as part of the series The Perceived and the Not-Perceived- each of them showing the bottoms of facades and the adjoining parts of the footpath. Contrary to the method of traditional street photographers, Lizene explained what photography is not able to capture in the following accompanying note: « Behind any of the details of this urban landscape there is the presence of the tiredness of one or several individuals. And, for some of them (perhaps), a certain sexual wretchedness in their life. » View along the Bottom of the Walls operates as the antithesis of the voyeuristic image of the city and its inhabitants, as seen in the more or less contemporary work of Garry Winogrand, among others. The « empty, » dull images of Lizene function more like a metaphor for the supposed « tiredness » and « sexual wretchedness » of certain individuals than like a reproduction of it. View along the Bottom of the Walls is part of what Lizene called « the art of the suburb (the suburb of art) » [L’art de banlieue (la banlieue de !’art)]. To this category also belongs a series of photographs, entitled Suburb Banality (1973), made by Lizene in collaboration with Jungblut and Lizene’s girlfriend during walks in Ougree, an industrial suburb of Liege and the artist’s hometown. The photos show deserted parking lots, building sites, factories, closed shops, the Cafe des Sports, the grimy entrance of the Sarma department store, the closed gate of the Splendid Cinema, and empty street corners. In an installation conceived for an exhibition at the ICC in 1974, he combined these fragments of an industrial suburban landscape with a grayish, sperm-stained sheet and a photographic self-portrait. The driving idea behind this work is elucidated by the accompanying caption: « Documents brought back from a voyage into the heart of Suburb Civilization (Ougree, an industrial suburb of Liege), by a Minor Master, sad clown of art, artist of mediocrity, representative of the suburb of art, with an object brought back from the heart of Suburb Civilization (traces of solitary masturbation on a sheet). » These and other works that represent « the art of the suburb (the suburb of an) » disclose a depressing banality, a place with no prospects, a harassed world, struggling weakly against its solitary quotidian wretchedness. (Botquin, 2009c: 460) As Jean-Michel Botquin analyses rightly, Lizene tries to pull himself out of this dreadful state of being (that many people share) by laughing loudly-in performances, during interviews, in his writings (« Ha! Ha! Ha! »). (…) However, by executing this at first sight banal action, referring to the tourist who typically wants his portrait to be taken against the background of a cityscape, Lizene actually seems to hold a mirror up to rheir faces. It is as if he shows rhem how to act in their rather depressing environment; « don’t be weighted down with the misery we live in, but point at it and smile, » he seems to say. Lizene’s commitment with « the art of the suburb (the suburb of art), » along with his « method of laughing » to deal with it, is also at the basis of the Liege art- space/collective Le Cirque Divers, of which Lizene was one of the co-founders. According to its manifesto from January 1977, Le Cirque Divers wanted to be « a hurban (human/urban) circus . . . , a scene where everyday gestures are theatricalized, a ring where clowns will be in stitches between Laughter and Death, a mirror reflecting our world in all its beatitude (bete attitude). » [my translation] (Renwart, 2000: 149) In line with Fluxus, one of their main activities was to stage actions from everyday life (e.g. drinking at the bar, going to the hairdresser, visiting prostitutes) in order to provoke from the viewer an awakening, a critical reflection on their routines. In addition, Lizene and Le Cirque Divers would also be included in the exhibition Fluxus, a travelling retrospective of Fluxus with mainly works from the collection of Di Maggio, completed each time with a section « local Fluxus, » which thus appeared in Liege in 1980. During the opening night Ben Vautier, Robert Filliou, Wolf Vostell, and Nam June Paik, among others, gave a Fluxus concert. (Renwart, 2000: 157)

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Jacques Lizène, « Documents rapportés d’un voyage au coeur de la civilisation banlieue (Ougrée, banlieue industrielle liégeoise), par un petit maître liégeois, pauvre pitre en art, artiste de la médiocrité, représentant de la banlieue de l’art » (1973, Liège). Accompagné de : « Modèle contraignant son corps à s’inscrire dans les limites du cadre pour réaliser une tentative de reconstitution de portrait de l’indigène de la civilisation banlieue » (Collection Muhka Antwerpen)

Banlieue (banlieue de l’art, art de banlieue). Jacques Lizène est né à Ougrée, une banlieue industrielle de Liège, en 1946. En 1974, il se déclare de la banlieue de l’art. Être de la banlieue de l’art, c’est incontestablement adhérer à cette « Révolte des Médiocres » menée en 1967 par Robert Fillliou, révolte d’artistes médiocres mais, entendons bien, fort avertis, refusant « d’être culturellement colonisés par une race autodésignée de spécialistes de la peinture, de la sculpture, de la poésie, de la musique », et qui affirment haut et fort la possibilité d’autres voies créatrices, par contredit radical, fût-ce au risque de l’infamie. Être de l’art de banlieue, c’est aussi plonger dans cette banalité, cette désespérance du monde dont témoigne le Petit Maître. Un an auparavant, en 1973, Lizène réalise avec Guy Jungblut une séquence photographique intitulée Banalité Banlieue. Lizène est en repérage au cœur même de ce faubourg industriel où il est né pour un film qu’il réalisera deux ans plus tard, film dont l’original est perdu et dont il n’existe pas de copie. Dans cette suite de photographies, on retrouve les longs murs aveugles d’Ougrée, les usines et les ateliers, des Vespas et des 50cc pétaradantes, des maisons ouvrières, la devanture d’un marchand de guitares électriques, l’école de mécanique, l’entrée de la clinique, le café des Sports, la buvette, le Cockerill, les grilles du cinéma Le Splendid et le Sarma, bref des fragments de paysages d’une banlieue industrielle. Des photographies sans vie, qui agissent comme un décor, celui de la « Civilisation Banlieue », un décor dont on subodore l’envers. Cet « envers du décor », Lizène l’évoque en marge d’autres photographies, images arrêtées du Regard au bas des murs (1971), un film parfaitement déprimant où la camera déambule, au ras du sol, dans un espace urbain et enregistre le bas des murs, les caniveaux et soupiraux, le pavé suintant la crasse. Chacune de ces photos est annotée et sur l’une d’elles, on lit : « Derrière n’importe lequel des détails du paysage urbain, il y a la présence de la fatigue d’un ou de plusieurs individus. Et pour certains d’entre eux (peut-être) une certaine misère sexuelle à vivre… » Clichés en noir et blanc, film, textes, les travaux se suivent et se répondent : Lizène campe en effet un personnage fictif et l’envers du décor. Il nous narre « l’histoire de la misère de Marc W… Apprenti d’usine à Ougrée », au fil de ces photographies rehaussées au cirage, ce qui leur confère le ton sépia de l’archive et une sorte de saleté indéfinie. Pour une exposition à l’ICC à Anvers, Lizène compose ses photographies, il les place en bordure d’un drap de lit tendu sur le mur. Pas fort net le drap de lit, grisâtre, orné de quelques poils pubiens et de larges taches de sperme. Des textes sur feuillets, tapés sur une Remington portative, complètent l’œuvre et la documentent : il s’agit bien là d’un voyage anthropologique au cœur de la civilisation banlieue, de son décor, et de traces de masturbation solitaire. L’œuvre, considérée comme sexuellement incorrecte, subira les foudres de la censure, elle sera recomposée, avec une tentative de sourire du Petit Maître, des tentatives sonores de rire et une photo de la série « Contraindre le corps à s’inscrire dans le cadre de la photo » que Lizène introduit comme portrait d’une indigène de la civilisation banlieue, une indigène contrainte par la banlieue elle-même. Le sexe et la multitude (1966), la foule des anonymes portraits AGCT (1971), les films réalisés en milieu urbain, la vie camp de travail, plus tard dès 1977 les murs de briques peints à la matière fécale : Lizène révèle un univers déprimant dans sa banalité, sans aucune perspective, un monde harassé, cachant bien mal ses misères solitaires et quotidiennes. Il s’en extrait par ses tentatives de rire ou de sourire, par des pirouettes et pitreries telle cette œuvre de 1976, une suite de collages, un sondage à la porte d’une usine d’Ougrée. Aux ouvriers et employés qui sortent de l’usine, il compte poser la question : « êtes-vous pour le sacrifice et la contrainte contre la jouissance ? ». Lizène accumule les photos de camions, de voitures, d’ouvriers solitaires qui quittent les ateliers et les commente : « Sans réponse, trop vite, trop loin, ne parle pas français… » « Sans réponse, évidemment on n’a pas pu poser la question et de toute façon, on ne l’aurait pas posée, cette question. On n’allait pas les limer plus encore avec nos sondages à la sot. » Cette revendication lizénienne d’être de la banlieue de l’art trouvera un prolongement par la création du Cirque Divers, d’une certaine gaieté, fondé à Liège en janvier 1977 et dont il est l’un des membres fondateurs. Le Cirque sera « un entonnoir-couloir où les rencontres se souderont en une goutte, une scène où les gestes quotidiens seront théâtralisés, une piste où les clowns se tordront entre le Rire et la Mort, un miroir où se reflétera notre monde dans sa béatitude (bête attitude). » Se revendiquant comme « dernière représentation de l’Art Banlieue, unique et inique », animé par Michel Antaki, « Jardinier du Paradoxe et du Mensonge universels », ce lieu incarnera incontestablement ce radical contredit énoncé par Robert Filliou. (JMB)

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