Sophie Langohr, Jacques Lizène, Marie Zolamian, Focus à l’Ambassade à La Haye

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Art syncrétique 1964, chaises découpées et croisées en remake 2011

Sophie Langohr, Jacques Lizène et Marie Zolamian participent tous les trois à l’exposition « Focus sur 25 artistes » qui se tient à la Résidence de l’ambassadeur de Belgique aux Pays-Bas, à La Haye.
Cette exposition regroupe des oeuvres qui proviennent de la Collection de la Province de Liège.
Les oeuvres de Marc Angeli, Michel Antaki, Dario Caterina, Jacques Charlier, Martin Coste, Alain Denis, Jenny Donnay, Pierre Gerard, Fanny Germeau, François Goffin, Philippe Herbet, Laurent Impeduglia, Djos Janssens, Alain Janssens, Tatiana Klejniak, Sophie Langhor, Jacques Lizène, Jacques-Louis Nyst, Pierre Petry, Marianne Ponlot, Jonathan Sullam, Elodie Timmermans, Vincent Ubags et Marie Zolamian ont trouvés leurs places à La Haye et y resteront jusque fin janvier 2016

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Château Intérieur, 2014, sculpture en acier

Jacques Lizène

Jacques Lizène
Peinture nulle 1964, sur l’idée de mettre n’importe quel objet sur la tête 1994, en remake 2010

photos in situ : Jacky Lecouturier

Art Brussels 2015, preview, un cabinet d’amateur

Marie Zolamian

Marie Zolamian
Sans titre
Aquarelle sur papier d’après Peter Van der Borcht, « Allegory on the difficulty to gouverne a diverse nation », 2015

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Numéro – transformation manuelle de la série Touching Up, 2015
Photographie couleur sur aluminium, 51 x 60 cm

Jacques Charlier

Jacques Charlier
Ian Wilson, 1975
Encre, 1 planche 29,7 x 21 cm

Raphaël Van Lerberghe

Raphaël Van Lerberghe
Sans titre (à mi-voix), 2015
Bouchons d’oreilles colorés, 30 x 24 cm

Jacques Charlier

Jacques Charlier
Konrad Fischer, 1975
Encre sur papier, 10 planches, 29,7 x 21 cm

Benjamin Monti

Monti Benjamin
Sans titre, 2010,
crayon de couleur sur papier trouvé, 21 x 12 cm

 

Benjamin Monti

Benjamin Monti
Sans titres, 2010 – 2014
Encres de chine sur dessins trouvés d’E.Taly, 22,7 x 14,5 cmSans titre
Coupe d’une Racine (Chlorophytum)
Tradescantia virginica
Douve du foie, appareils génitaux

Raphaël Van Lerberghe

Raphaël Van Lerberghe
Sans titre (cygne cygne) 1,2,3 et 4. 2015
Crayon sur papier. 21 x 29,7 cm

Alevtina Kakhidze

Alevtina Kakhidze
Sans titres
Encre sur papier, 4 x 14 x 20 cm

« Noir chantilly », La châtaigneraie Flémalle, revue de presse

Audrey Frugier

Audrey Frugier, Desesperate Housewives, balai, pampilles en verre 2014

Lu dans H.ART à propos de « Noir Chantilly », exposition à laquelle participent Sophie Langohr, Marie Zolamian, Audrey Frugier et Rachel Laurent :

HART

Sophie Langohr, Drapery, galerie Saint-Luc, les images (3)

Sophie Langohr

Sophie Langohr

Image Maison Martin Margiela
de la série Drapery
photographie couleur sur aluminium 86 x 60 cm, 2014

Sophie Langohr

Image Valentin Yudashkin
de la série Drapery
photographie couleur sur aluminium 44 x 65 cm, 2014

Sophie Langohr

de gauche à droite :

Image Gianmaria Buccellatti
de la série Drapery
photographie couleur sur aluminium 62 x 50 cm, 2014

Image Chanel
de la série Drapery
photographie couleur sur aluminium 50 x 34 cm, 2013

Image Nina Ricci
de la série Drapery
photographie couleur sur aluminium 51 x 79 cm, 2014

Sophie Langohr, « Noir chantilly, Féminisme(s) », La Chataigneraie, Flémalle

Sophie Langohr

Sophie Langohr
sans titre, photographie couleur, 150 x 100 cm, 2015.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
sans titre, photographie couleur, 150 x 100 cm, 2015.

Sophie Langohr

Sophie Langohr, Drapery, galerie Saint-Luc, les images (2)

Sophie Langohr

Sophie Langohr

de gauche à droite :

Image Irfé – densité +
de la série Touching Up photographie couleur sur aluminium 54 x 40 cm, 2014

Image Valentino – densité +
de la série Touching Up photographie couleur sur aluminium 34 x 51 cm, 2014

Image La Perla
de la série Touching Up photographie couleur sur aluminium 36 x 22 cm, 2014

Image Numéro – transformation manuelle de la série Touching Up
photographie couleur sur aluminium, 50 x 61 cm, 2015

Image Dondup – perspective
de la série Touching Up photographie couleur sur aluminium 31 x 40 cm, 2014

Sophie Langohr

de gauche à droite :

Image Louis Vuitton
de la série Drapery
photographie noir et blanc sur aluminium 96 x 64 cm, 2014

Image Calvin Klein
de la série Drapery
photographie noir et blanc sur aluminium 66 x 44 cm, 2014

Image Calvin Klein
de la série Drapery
photographie noir et blanc sur aluminium 39 x 42 cm; 2013

Image Fendi
de la série Drapery
photographie noir et blanc sur aluminium 64 x 46 cm, 2013

Sophie Langohr

Sophie Langohr

Sophie Langohr, Drapery, galerie Saint-Luc, les images (1)

Sophie Langohr

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Ralph Lauren.
de la série Canvases
photographies couleur sur aluminium 120 x 82 cm
2014

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sans titre n° 1, 2, 3.
de la série Canvases
photographies couleur sur aluminium 120 x 80 cm
2014

Sophie Langohr
Sans titre n° 4.
de la série Canvases photographie couleur sur aluminium
120 x 80 cm
2014

Sophie Langohr

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Sans titre n° 5, 6, 7.
de la série Canvases
photographie couleur sur aluminium 120 x 80 cm
2014

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Image Marc Jacobs
de la série Drapery
photographie couleur sur aluminium 59 x 40 cm
2014

Noir Chantilly, Féminisme(s), La Châtaigneraie, Flémalle

Audrey Frugier

Audrey Frugier, Desespate Houssewives, 2014

Audrey Frugier, Rachel Laurent, Sophie Langohr et Marie Zolamian participent à l’exposition « Noir chantilly, Féminisme(s) », organisée par La Chataigneraie, Centre wallon d’art contemporain, à Flémalle.

Si la lutte pour les droits des femmes paraissait un long parcours uniforme depuis Olympe de Gouges, Georges Sand, Colette, Simone de Beauvoir et Elisabeth Badinter, depuis les vingt dernières années, le féministe, à l’instar de notre société multiculturelle s’est diversifié. On parle aujourd’hui des féminismes et non plus du féminisme. De nouvelles problématiques se sont invitées dans le débat : le port du voile, la procréation assistée, le transgenre, la publicité, la garde alternée… D’autres problématiques réapparaissent sous un jour différent, la prostitution par exemple. Un mot d’ordre fondateur reste d’actualité : le droit des femmes à disposer librement de leur corps et de leur existence. Les artistes, plasticiennes et performeuses réinterrogent ce rapport au corps féminin.

Avec : Cathy Alvarez , Elodie Antoine, Julie Arnould, Anne-Sophie Arnould, Evelyne Axell, Laetitia Bica, Dominique Castronovo, Isabelle Copet, Alexia Creusen, Aurore Dal Mas, Sheila de la Cal Perez, Audrey Frugier, Fanny Germeau, Annabelle Guetatra, Sophie Langohr, Rachel Laurent, Karine Marenne, Pauline May, José Picon, Romina Remmo, Anne-Françoise Schmitz, Sofie Vangor, Fanny Viollet, Aurélie William Levaux, Fang Zhaolin, Marie Zolamian…

Du 14 février au 5 avril 2015 à la Châtaigneraie (Flémalle) – vernissage public le vendredi 13 février à 18h30.
Conférence le 6 mars : Sophie Cadalen, psychanalyste et écrivaine à Paris, auteur de « Ni mars, ni vénus, oui nous sommes différentes autrement » et « Les femmes de pouvoir, des hommes comme les autres ».

Egalement du et 21 février > 20 mars 2015 à la Galerie Juvénal (Huy). Vernissage le vendredi 20 février à 18h30 à La Galerie Juvénal

La Châtaigneraie
Chaussée de Ramioul, 19 – B-4400 Flémalle – T +32 (0) 42 75 33 30.

Sophie Langohr, Drapery, Ecole supérieure des arts Saint-Luc, Liège

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Numero advertising image – Free transform, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 47 x 53 cm.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Valentin Judashkin advertising campaign Fall/Winter 2013 de la série Drapery,
photographie couleur (tirage jet d’encre), 57 x 42 cm, 2013

Lu, à propos de l’exposition « Drapery » de Sophie Langohr ce texte de Yves Randaxhe :

Double / Trouble
Variations autour de l’exposition Drapery de Sophie Langohr

Sous le nom générique de Drapery, Sophie Langohr propose plusieurs séries d’images qui approfondissent ses travaux antérieurs, relisent ses thèmes privilégiés et cultivent leurs tropismes : la représentation du corps et son usage, entre autres dans la publicité ; les manipulations de l’image ; la dialectique de la surface et de la profondeur, illustrée puissamment par les drapés et les jeux d’apparition – disparition du support original de l’image, mais aussi par la présence récurrente de la peau ; les méandres enroulés de l’histoire de l’art et la façon dont l’esprit conquérant s’y manifeste au profit de puissances religieuses ou mercantiles …

La main

« Manipulation digitale » : Sophie Langohr y recourt souvent. Pour décrire cette opération virtuelle, les mots renvoient pourtant au corps : la main et le doigt. Dans sa série Drapery, Sophie Langohr file la métaphore sur plusieurs registres, jusqu’au trouble. Des images – de l’imaginaire – sont bel et bien « matériellement » chiffonnées sur leur support de papier. Le tout est re-photographié, fixant un mille-feuilles où le réel, l’image et le virtuel s’entremêlent, s’interrogent et se répondent : la main image fait mine de froisser le papier qui est son support-même, et dans le même geste, le tissu ou la peau.

Que voir ? Que croire ? Rompue aux sortilèges et aux subterfuges de l’image publicitaire, Sophie Langohr explore obstinément la « trahison des images ». La main qui touche – mais que touche-t-elle ? – évoque celle de saint Thomas, tentant de dissiper par les sens son incrédulité. Mais toute tentative d’accéder au réel est vaine ; il est inatteignable, perdu dans le dédale des images et les strates virtuelles. Dans la société du spectacle, il n’y a de foi qu’aveugle.

La main touche et retouche : dans la série Touching Up, un doigt vient marquer une zone de l’image selon des procédés classiques de retouche digitale. Ce sont toujours des mains féminines, où il est difficile de ne pas deviner celle de l’artiste elle-même, présente dans la gestation de l’image et représentée, revendiquant son statut de créatrice – et de manipulatrice.

Frou frou

Frou frou, frou frou par son jupon la femme
Frou frou, frou frou de l’homme trouble l’âme
Frou frou, frou frou certainement la femme
Séduit surtout par son gentil frou frou

(Chanson de Montréal et Blondeau, 1898)

Dans cette chanson célèbre bien que plus que centenaire, la femme est réduite au bruit produit par les plis de ses jupons. Une poupée de chiffon vidée de tout être, comme un écho à cette Ninfa traquée à travers l’histoire de l’art par Aby Warbug, et à laquelle Georges Didi-Huberman a consacré un livre : la figure féminine drapée se vidant au fil de l’histoire de l’art du corps qui l’habite. « Drapé tombé ». « Et de même que la toile des tableaux en général faisait office d’écran – au sens cinématographique – pour une véritable encyclopédie du fantasme all’antica, de même les tissus, hyperbolisés dans tant de scènes mythologiques (…) feront office de réceptacles (…) pour la substance imaginaire du désir. »[i]

Autre lecture du même ( ?) selon Giono [ii]: « Les femmes ici n’ont pas de forme; ce sont des paquets d’étoffes médiocres. » Chez Sophie Langohr, pas d’étoffes médiocres : l’œuvre ne manque pas d’élégance et nous reconnaissons immédiatement les marqueurs des publicités pour les produits de luxe dont sont extraites les images. Drapées sont les dentelles, mais aussi les peaux et le papier, lisse et brillant. Celui-ci émet des reflets (le double de la lumière), de petits éblouissements (le trouble du frou frou).

Drapery sans cesse masque et démasque son propos ; Sophie Langohr y place le froissé au centre de sa stratégie de construction, de lecture et de déconstruction de l’image. Mais à quel niveau de ces froissements s’arrête ou se perd notre regard ? Et l’enveloppe finit-elle par phagocyter ce qu’elle contient ?

L’histoire et sa trame

Sophie Langohr n’interroge pas seulement l’imagerie publicitaire, dont provient une bonne part de son matériel de base. Elle relie aussi sa pratique à des images canoniques de notre histoire de l’art, comme le suggère déjà la référence à la Ninfa. Dans New Faces, elle confronte ainsi égéries de la mode et vierges sages de l’imagerie sulpicienne, rapprochant de façon troublante, à plus d’un siècle de distance, des productions artistiques fondées toutes deux sur la séduction et la conquête, fussent-elles en apparence opposées quant à leur objet.

Avec ses séries récentes, c’est vers l’art baroque qu’elle lorgne manifestement, citant par exemple les drapés savants des sculpteurs du XVIIe siècle, tel le liégeois Jean Del Cour (1627-1707). Dans la trame de l’histoire de l’art, Sophie Langohr se réfère une nouvelle fois à un art de fascination et de combat. L’esthétique baroque a été ouvertement mise au point par les autorités ecclésiastiques comme un instrument de reconquête des âmes face à la montée en puissance de la Réforme : sa théâtralité n’avait d’autre visée que de lui assurer un triomphe populaire, moyennant parfois un usage immodéré des regards renversés, postures extatiques et tourbillons sensuels. À l’image des draperies, la trame de l’histoire se trouve ainsi repliée sur elle-même en tous sens, créant échanges, porosité, trouble. En attendant que tout retombe dans ses plis ?

Les mains trouvées dans des pages de magazines et que Sophie Langohr isole, distillent quant à elles une beauté classique et semblent rivaliser avec des morceaux choisis de la peinture ancienne. Foin de la hiérarchie entre « grande peinture » inscrite dans l’histoire et imagerie publicitaire, qui se dissout dans sa consommation. Détournée de son usage initial, l’image nous installe dans le temps long de la contemplation.

Il faudrait enfin oser un portrait de l’artiste en combattante. Sa propension à se frotter à l’image publicitaire et à des esthétiques conquérantes n’est certes pas dénuée d’ambigüité. Elle n’en est pas moins révélatrice d’une forme d’affrontement que Sophie Langohr mène tout à la fois en tant qu’artiste et en tant que femme: sa version propre de l’art au service de l’idée. Sans rien lâcher dans le labyrinthe des mises en scène et des stratégies.

Le théâtre du corps

Trame, tissu, rideau. Le corps est à la fois derrière et devant celui-ci, mais il est aussi le rideau. Et pour troubler ces surfaces de projection, le froissé, le drapé.

Dans la série Drapery, les images sur papier semblent à un moment donné actrices de leur propre froissement. Dans Touching Up, les mains mettent en scène la manipulation qui contribue à les produire. Et derrière ces images, le théâtre futile de la publicité pour l’industrie du luxe. Futilité : babiole, bagatelle, superflu. Le théâtre des vanités.

La gravité, pourtant, s’y mêle. Des mains sont isolées sur des fonds austères, quelquefois rehaussés d’une sorte de lumière mystique venant de l’intérieur du corps ou des profondeurs du rien. Parfois des morceaux de corps sont tordus dans le plissé.

Dans les Canvases, le trouble est total. Ce n’est plus le papier qui est froissé. On reconnaît de vraies carnations, plus crues que celles des lisses images publicitaires : points de beauté, rougeurs, … Et c’est la peau elle-même qui est manipulée, contrainte aux plis et à la distorsion. On y est mal à l’aise. Ces chairs contorsionnées en appellent à un imaginaire collectif douloureux.

On identifie bien une autre trame que celle de la peau, et différente de celle d’une image imprimée : en fait, celle d’un tissu fin. Pour produire ces images, pas de manipulation virtuelle en effet : le tissu est posé et drapé sur le dos de personnes réelles, et, par sa finesse, joue comme un écran déformant. Le tissu ne masque plus le corps, mais au contraire en exprime une vérité qui dérange. On n’est pas loin de l’essence des « vanités », avec leurs sombres présages chers à la peinture de l’après-Renaissance. Ou, à la même époque, des figurations de Marie-Madeleine, dont la repentance du modèle n’empêche nullement le spectateur de jouir de la nudité.

L’écriture, dans sa linéarité, est par nature peu apte à rendre compte de l’œuvre plastique. Elle est trop sujette à la tentation du récit, voire de la morale. C’est spécialement vrai pour des propositions comme celles de Sophie Langohr, touchant à des sujets controversés mais dont la beauté réside pour une grande part dans leur polysémie, tels des plis de drapés dont ses travaux récents font un usage sensuel et troublant. Il faudrait donc, à l’instar des fichiers dont l’artiste se sert dans son travail digital, multiplier les couches, les caches, laisser l’œil se perdre et l’intelligence poétique prendre le dessus en toute liberté. « Pour bien regarder », propose Georges Didi-Huberman, « il faut savoir ouvrir mais aussi fermer les yeux. »[iii]

Yves Randaxhe
janvier 2015

[i] Georges DIDI-HUBERMAN, Ninfa moderna. Essai sur le drapé tombé, Gallimard, 2002, p. 20

[ii] Jean GIONO, Ennemonde et autres caractères, Gallimard, 1968

[iii] Georges DIDI-HUBERMAN, op. cit. p. 127

Galerie Saint-Luc
Ecole superieure des Arts Saint-Luc Liège Bld de la Constitution 41
4020 Liège
Accessible du 6 février au 7 mars 2015 Du jeudi au samedi de 14 h à 18 h

Sophie Langohr, Drapery, galerie Saint-Luc Liège. Vernissage le 5 février à 18h.

Sophie Langohr

Sophie Langohr est l’invité de l’Ecole supérieure des Arts Saint Luc à Liège. Elle exposera ses œuvres à la Galerie Saint-Luc du 6 février au 7 mars, les jeudis, vendredis et samedis de 14h à 18h et animera une Masterclasse avec les étudiants du 16 au 20 février. Vernissage le 5 février à 18h.

Sophie Langohr poursuit des recherches qui, revisitant l’histoire de l’art, éprouvent et interprètent les codes iconographiques du passé tout en interrogeant nos actuels systèmes de représentation. C’est le champ de la photographie qu’elle investit principalement, examinant le médium à l’aune de sa production, de sa diffusion, de sa réception, analysant ses caractéristiques intrinsèques, notamment sa capacité à reproduire, imiter, falsifier.
Qu’ils s’agisse de camées antiques, de motifs d’esprit rococo, de portraits classiques, de statues de Vierges, de saintes, d’apôtres, tout est image qui opère, susceptible de faire signe. Sophie Langohr se réapproprie ces images que nous avons consciemment ou inconsciemment en mémoire ; elle les manipule, les subvertit, y distille un trouble qui bien au-delà de toute entreprise de mystification, réévalue notre façon de percevoir le monde au travers de notre industrie médiatique, prosélytisme consommatoire et marketing par l’image.

Sophie Langohr, Pixels of Paradise, Centre Wallonie Bruxelles à Paris

Sophie Langohr participe à l’exposition « Pixels of Paradise », au Centre Wallonie Bruxelles à Paris, exposition sélection de quelques contributions à la dernière édition de la Biennale Internarionale de la Photographie de Liège.
Du 30 janvier au 15 mars 2015. Vernissage le jeudi 29 janvier 2015 de 18h à 20h.

Photographies, vidéos et installations de : Robbie Cooper (UK), Damien Hustinx (B), Cyril Porchet (CH), Philippe Chancel (F), Sébastien Reuzé (F/B), Zoé Van Der Haegen (B), Sophie Langohr (B), Alexandre Christiaens (B), Ronald Dagonnier (B), Matthieu Gafsou (CH) et Raoef Mamedov (RUS).

Commissaire : Anne-Françoise Lesuisse, directrice artistique de BIP – Biennale internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège
Entre voir et croire, le lien est puissant et tortueux. Le pouvoir ne s’y est pas trompé, qu’il soit politique, médiatique ou financier. Aujourd’hui, en effet, la persuasion visuelle est intimement nouée à la manipulation, à la propagande ou à l’envoûtement. Le religieux, quant à lui, entretient vis-à-vis de l’image une relation ambigüe, faite d’adoration et de rejet. Entre la spiritualité de l’icône et le fétichisme idolâtre, le chemin est oblique et trouve jusqu’à aujourd’hui, dans l’image la plus contemporaine, des résonances…

L’image, et en particulier la photographie, fait preuve et nous porte à croire, à y croire. Or, nous le savons pour mieux l’oublier, l’image subjugue, ensorcèle, fascine et ne tient pas toujours ses promesses. Si l’image dit la vérité et ment en même temps, si l’image est mystique et triviale à la fois, ce paradoxe n’a pas échappé aux artistes qui, dans cette exposition, prennent un malin plaisir à le mettre pleinement en lumière, nous obligeant ainsi, ne fût-ce qu’un instant, à regarder autrement le charme agir…

L’exposition réunit une sélection d’œuvres présentées lors de BIP2014, la 9e édition de la Biennale internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège en Belgique (15 mars – 25 mai 2014). Construite depuis ses origines, en 1997, autour d’une thématique qui associe question de société et problématique d’image, la Biennale internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège – BIP soutient les artistes émergents, en menant un important travail de prospection en Fédération Wallonie-Bruxelles, et à l’étranger, tout en invitant des créateurs de renommée internationale.

Sophie Langohr proposera une sélection de sa série Drapery

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Louis Vuitton advertising campaign Fall/Winter 2013 de la série Drapery,photographie couleur (tirage jet d’encre), 2014.. Edition 5/5.

Alors que Sophie Langohr reçoit dans son atelier une équipe de télévision, la première image que capte la caméra est celle d’une table où s’amoncellent les revues de mode. Vu leur nombre, coiffeurs et manucures peuvent se faire attendre, il y a de la lecture en suffisance. Oui, l’artiste excelle dans la lecture de « Vogue » et d’autres magazines du genre. Sans cesse, elle en scrute les images. Et il me semble qu’après s’être intéressée aux Vierges, saintes et statues mariales, elle s’est soucié du sort des nymphes, ces divinités mineures irradiantes d’une véritable puissance à fasciner. Celles-ci traversent l’histoire depuis l’antiquité, obsolètes, renaissantes, survivantes, nymphes drapées, souvent érotiques, parfois inquiétantes, Vénus et jeunes vierges de la Renaissance, Ménades chrétiennes, martyres baroques, nymphes hystériques de Charcot. A la suite d’Aby Warburg qui voyait dans la «Ninfa» un fantôme féminin sans cesse retrouvé, Georges Didi Huberman, les a poursuivies de ses assiduités, considérant au travers des siècles la draperie, ce drapé tombé, comme « un outil pathétique ». Jusqu’à jeter la robe de la nymphe, en tas, chiffonnée.«Drapery» (2013-2014) est le titre générique d’une toute récente série de travaux de Sophie Langohr.

Abordant ces nouvelles photographies, me revient en mémoire cette singulière exorde de Léonard de Vinci. «Et fais peu de plis, sauf pour les vieillards en toge et plein d’autorité» . Le conseil, émis par l’un des maîtres du plissé semble étonnant. Souvenons nous de cette «Draperie pour une figure assise» du Louvre, elle est en tout point remarquable. Au pinceau, à la tempera et avec des rehauts de blancs, Léonard, par le seul drapé, nous donne à voir un corps à peine indiqué, tant le peintre a étudié ce que l’on peut appeler le tombé des plis, la chute et la retenue de l’étoffe, par déploiements successifs, comme si l’impulsion du mouvement demeurait intacte même loin de sa source. Vasari lui-même en témoigne : «Léonard étudiait beaucoup sur nature, écrit-il, et il lui arrivait de fabriquer des modèles en terre glaise sur lesquels il plaçait des étoffes mouillées, enduites de terre, qu’il s’appliquait ensuite à peindre patiemment sur des toiles très fines ou des lins préparés : il obtenait ainsi en noir et blanc à la pointe du pinceau des effets merveilleux ; nous en avons des témoignages authentiques dans notre portefeuille de dessins» . Le conseil de Léonard, qui ajoute «imite autant que possible les Grecs et Latins dans leur manière de montrer les membres quand le vent presse les draps contre eux» tranche par sa singularité. C’est la reproduction de la nature des choses qui intéresse l’artiste, la nature même de la nature. Et cet art de la suggestion, où le fait de cacher met en valeur, n’est pas véritablement un concept qui appartient à la nature. Il est le produit de la main humaine qui tisse.

L’image actuelle, arty, sophistiquée, piochant d’ailleurs sans cesse dans les réserves des musées, happant le regard sur ce qui est rare et donc précieux a bien sûr perçu tout le potentiel de désir qu’un plissé peut contenir. Sophie Langohr a concentré son regard sur les mains, celles qui dans l’image publicitaire retiennent un drapé prêt à tomber, qui froissent le voile, le drap, l’étoffe. Ces mains caressent, dévoilent, protègent, étreignent, retiennent, s’alanguissent ou se crispent, incarnant l’éros et le langage du corps. Déjà, ce cadrage singulier ouvre notre regard sur de nouveaux territoires. Nous ne percevons plus le visible de la même façon ; le visible usuel est démonté, reconfiguré. Et c’est là comme un dévoilement, une autre façon de tomber le drap. Sophie Langohr accentue le trouble que ces images suggèrent, déroutant notre regard. Car comme Léonard plaçait des étoffes mouillées sur ses modèles de terre glaise, elle froisse, fripe, lisse et drape le papier glacé, singulières manipulations où chairs, draps et plis sur papier satiné finissent par se confondre dans la chute, la retenue, la crispation et l’étreinte. Entre consumation et consommation, elle renoue ainsi avec l’incarnation de l’icône et désincarne à la fois l’image de ces voiles et étoffes vides de corps, papier chiffonné, défroque de l’industrie de la consommation.
Derrière le voile qui se déploie, on attend qu’une vérité se révèle. Quand le voile sera tombé, aura-t-il vraiment disparu ? Y- aura-t-il une vérité sans voile, une chose nue enfin vue, enfin nommée ? En fait, n’est ce pas le voile lui-même qui dicte cette attente ? « En finir avec le voile, écrit Jacques Derrida , est le mouvement même du voile : il se dévoile, se réaffirme en se dérobant, et s’il en finit avec lui-même, il devient linceul ». Sophie Langohr réussit à entretenir le trouble, ambiguïté et l’équivoque. De la fabrique des images émane en effet une irrésistible attraction, une force persuasive capable d’emporter notre adhésion. C’est là son pouvoir d’envoûtement.

Sophie Langohr, CWAC, Prix Raymond Flagothier, les images

Sophie Langohr

Sophie Langohr
La Perla advertising image, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 36 x 22 cm.

Sophie Langohr

Vue de l’exposition à la Châtaigneraie, Flémalle

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Irfé advertising image – Burn tool, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 54 x 40 cm.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Valentino advertising image – Burn tool, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 34 x 51 cm.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Devernois advertising image – Shift, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 50 x 61 cm.

Sophie Langohr

Vue de l’exposition à la Châtaigneraie, Flémalle

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Numero advertising image – Free transform, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 47 x 53 cm.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Dondup advertising image – Perspective warp, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 31 x 41 cm.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Escada advertising image – Gradient tool, photographie couleur marouflée sur aluminium, de la série Touching Up, 2014, 59 x 43 cm.

Sophie Langohr, prix Raymond Flagothier, La Châtaigneraie Flémalle, vernissage vendredi 9 janvier

Sophie Langohr

Sophie Langohr, Touching up Dondup advertising image 2014 (Perspective warp), photographie couleur, 31 x 41 cm, 2014

Silvana et Cécile Flagothier confient au Centre culturel de Flémalle et à La Châtaigneraie l’organisation d’un prix annuel à la mémoire de Raymond Flagothier (1947-2013), conseiller communal et échevin de Flémalle. Ce prix est destiné à soutenir la création contemporaine sous toutes ses formes. Il s’agit de découvrir et de promouvoir de nouveaux talents qui s’expriment dans le domaine de l’art et de la culture (plasticiens, musiciens, danseurs, écrivains, chercheurs universitaires…). Cette première édition du Prix est dédié à l’art plastique et à l’architecture.

Le prix a été décerné à Sophie Langohr

Exposition des candidats et de la lauréate, Sophie Langohr, du 10 au 31 janiver 2015 – vernissage le vendredi 09 janvier à 18h30

Thierry ADAM – BINOHM – Olivier BOVY – Yves BUFFALO – Alexia CREUSEN – Nathalie DE LANNOIS – Grégoire FAUPIN – Thierry GROOTAERS – Monique HIGNY – Sophie LANGOHR – Nathalie LEGAYE – Benjamin MONTI – Magali PIRENNE – Sébastien PLEVOETS – Charles-Henry SOMMELETTE – Geneviève VAN DER WIELEN – Sophie VERBROUCK – Marylou WATHELET – Marie ZOLAMIAN

Sophie Langohr, Exercices de Styles

Sophie Langohr

Vue d’exposition

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint Jean par Gérémie Geisselbrunn (1595 – 1660) photographié comme Gaspard Ulliel par Martin Scorcèse pour Chanel, de la série Glorious Bodies, photographies noir et blanc marouflées sur aluminium, 2 x (37 x 52 cm), 2013 -2014.

Sophie Langohr

Sophie Langohr
Saint Mathias par Gérémie Geisselbrunn (1595 – 1660) photographié comme Ricky Hall, de la série Glorious Bodies, photographies noir et blanc marouflées sur aluminium,
2 x (55 x 44 cm), 2013 -2014.

Je repense à Ludwig Feuerbach, disciple et critique de Hegel, à cet extrait que Guy Debord n’hésita pas à placer en exergue de sa « Société du Spectacle » en 1967 : « Et sans doute notre temps préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être, écrit le philosophe. Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane, c’est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l’illusion croît, si bien que le comble de l’illusion est aussi le comble du sacré » . Sophie Langohr, a parfaitement perçu cette dialectique, cette dichotomie – et cette confusion – entre illusion et sacré, jusqu’à la profanation, dirais-je, dans le plein sens du terme : rendre l’image sainte et pieuse plus profane encore que ce qu’elle est, réduire cette image, tout en la sublimant, à une image du désir et du bonheur que l’on ne peut que désirer sans jamais l’atteindre. Corps glorieux, corps du Bienheureux et de la Bienheureuse, celui de la résurrection de la chair, serait-ce celui de la résurrection christique ou celui d’un jeunisme effréné, d’un idéal starifié, d’un modèle égériaque, arty, auréolé de toute la gloire et du mystère de la création comme de la transfiguration ? (…)
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Exercices de Styles, vernissage ce samedi 13 décembre à 18 h

Rachel Laurent, Manège

La galerie Nadja Vilenne a le plaisir de vous inviter au vernissage de l’exposition collective

EXERCICES DE STYLES

Une exposition collective avec :
Eleni Kamma, Sophie Langohr, Rachel Laurent, Jacques Lizène, Capitaine Lonchamps, Emilio Lopez-Menchero, Benjamin Monti,
Sébastien Plevoets, Pol Pierart, Valérie Sonnier, Jeroen Van Bergen, Marie Zolamian

Vernissage le samedi 13 décembre 2014 à 18 h.
Exposition du 14 décembre 2014 au 31 janvier 2015. La galerie sera fermée du 21 décembre au 5 janvier

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