Archives par étiquette : Walter Swennen

La Rencontre, Filip Francis, Jacques Lizène, Walter Swennen

LES RENCONTRES, WALTER SWENNEN, MARCEL BROODTHAERS, FILIP FRANCIS, FRANCISCO DE ZURBARAN, JACQUES LIZENE, MARCEL DUCHAMP

 Trois œuvres ponctuent l’exposition, comme trois contrepoints. La première est d’ailleurs une ponctuation : Virgule de Walter Swennen (1999), un hommage à Marcel Broodthaers, une évocation, une virgule telle celle du poème industriel Modèle : la virgule (1969-1970) qui combine la Trahison des images de Magritte (« Ceci n’est pas une pipe »), la spatialisation du langage et de la ponctuation chez Stéphane Mallarmé ainsi que les propres recherches de Broodthaers sur la rhétorique visuelle et poétique. Pour Marcel Broodthaers, « la virgule est un modèle temporel, en tant que signe de ponctuation marquant le rythme. Dans ses plaques, Broodthaers ne l’a que rarement utilisée comme signe de ponctuation conventionnel, préférant en faire un élément (typo)graphique perturbant, pour présenter un nouveau mode d’écriture, de lecture et d’interprétation des textes »[1]. Walter Swennen rencontre Marcel Broodthaers en 1965. Et lui aussi, tout comme son aîné, opérera ce glissement de la poésie aux arts visuels, ce qu’exprime fort bien cette Virgule. En 2001, Walter Swennen écrira à propos de Marcel Broodthaers : «  MB était communiste – la moule est une forme égalitaire – et poète. Expulsé du Parti pour vagabondage. D’autres poètes, choqués par son matérialisme vulgaire, se bouchèrent le nez. Pendant douze ans, il abandonna la poésie, gagnant de quoi mener une existence bourgeoise. Le but semblait atteint, et la liberté d’écrire retrouvée, lorsque la mort l’emporta. Dès le début, MB a dit ce qu’il faisait. Quelque chose d’insincère, à vendre. Il a mis ses cartes sur table, pour éviter les accusations de trahison. Pour survivre, il faut coucher. Et puis : C’est de l’art, disait-il. Ne dites pas que je l’ai dit. Renard rusé, il étudie le mode de vie des corbeaux, puis leur dit ce qu’il fait. Une œuvre singulière, une œuvre occasionnelle. MB n’est pas un stratège : à Waterloo, il joue le clown continental. C’est plutôt un tacticien doté d’une grande présence d’esprit, qui puise joyeusement dans la boîte à outils du poète absent. Je ne transgresse pas la mesure, je ne fais que la disperser, écrit Mallarmé dans la préface à Un coup de dés , omise dans la version du poème de MB »[2].

Tout comme Valérie Sonnier, Filip Francis a fait le voyage à Ornans. C’était en 1999 à l’occasion de l’exposition Réalités contemporaines, à la Maison Natale de Courbet. Cinq ans plus tôt, il s’est inspiré de La Rencontre de Gustave Courbet, conservée au musée Fabre à Montpellier. C’est également au musée Fabre qu’est conservée la Sainte Agathe de Francisco de Zurbaran. Hanchée comme une Madone, la jeune sainte de Catane, présente ses seins sur un plateau, sans ostentation, dans un geste de simple et digne offrande. L’œuvre appartient au courant ténébriste du maître espagnol. Filip Francis la soumettra également à son regard périphérique. De manière constante, depuis 1979, comme des milliers de peintre avant lui, il copie les maîtres. C’est une expérimentation sur la mémoire sensorielle et ses limites qui conduisent son travail selon deux axes de recherches principaux : le champ de vision périphérique, largement sous-estimé dans l’histoire de la représentation, et la désaturation. Filip Francis fixe exclusivement le point central de la toile modèle et reporte ce point sur la toile vierge. Il recompose la peinture en périphérie, à partir de la vision incertaine et floue que l’œil a sur les côtés ; il peint à la fois ce qu’il voit et ce qu’il perçoit. Notre champ de vision latérale nous permet surtout de détecter les changements et mouvements, mais il est d’une faible acuité, moins riche en cellules photoréceptrices que la vision centrale. Filip Francis continue à fixer le point central du tableau qu’il copie tandis qu’il peint la périphérie en gestes  plus intuitifs, plus imprécis, à la jonction de la subjectivité et de l’objectivité, les limites de la vision opérant comme des métaphores de celles de la conscience. Son autoportrait au fard (2011) procède, lui, de ses recherches sur la désaturation, jouant sur l’infime nuance chromatique qui sépare le blanc d’une couleur dont la désaturation est poussée à l’extrême. La forme en devient ainsi presque invisible, et le regardeur doit alors faire appel à la suppléance de l’œil que sont sa mémoire et sa culture pour en redessiner les contours. Signalons – pour rester à Montpellier où sont aujourd’hui conservées la Rencontre de Courbet et celle de Francis – qu’invité à participer à une exposition intitulée Hep Marcel ! organisée par le FRAC Occitanie en 2006, Filip Francis désatura la broyeuse de chocolat qui figure dans le Grand Verre de Marcel Duchamp de même qu’il désatura également le profil de MD.[3] 

Marcel Duchamp, voici notre troisième contrepoint. Il est lizénien, avatar des Sculptures génétiques, idée émise par le Petit Maître en 1971, complétée par le concept de Sculpture génétique culturelle établi en 1984. Il est Art syncrétique [1964] aussi : « Croiser toutes sortes de choses comme des animaux, des visages, des architectures, des arbres, des voitures, des chaises, des sculptures. » Ou encore : « Découper et mélanger deux styles. » En ce cas précis, Lizène croise deux œuvres : sur une photocopie de la photographie de Fountain de Marcel Duchamp, photo prise par Alfred Stieglitz dans sa galerie de New York en avril 1917, Lizène trace un demi masque dont les traits épousent parfaitement les bords de l’urinoir, l’orifice de la chasse d’eau transformé en bouche en O. Tout est dans l’inframince entre l’œuvre signée Mutt, la photographie de Stieglitz et le tracé de Lizène. Cette photographie de Stieglitz est parue pour la premières fois en mai 1917 dans The Blind Man, une revue satirique fondée à l’occasion du salon par Duchamp lui-même, Henri-Pierre Roché et Beatrice Wood. Louise Norton, l’amie de Marcel Duchamp, y signe un texte intitulé Buddha of the Bathroom, référence à la forme de l’urinoir tel que posé sur son socle par l’artiste. À la question « Est-ce sérieux ou est-ce une blague ? », elle répond : « c’est peut-être les deux »[4]. Qu’il nous soit permis de rappeler ici deux déclarations de Jacques Lizène. En mars 2000, Lizène affirme que : « Marcel Duchamp a fait du Lizène sans le savoir… quelque fois, (ah, ah, ah !) » En 2003, dans un long entretien accordé à Denis Gielen, il se déclare être le vingt-cinquième Bouddha.[5]

[1] Marcel Broodthaers, Industrial Poems. The Complete Catalogue of the Plaques 1968–1972, WIELS, Hatje Cantz, 2024

[2] Copie de Voyage N°4, 2007, (éditée par Michel Assenmaker & Olivier Foulon) The New Break, Bruxelles.

[3] FRAC Occitanie, Montpellier, textes de Gaye-Thaïs Florent et Céline Mélissent.

[4]  Then again, there are those who anxiously ask, ” I s he serious or is he joking ? ” Perhaps he is both! Is it not possible? Louise Norton, Buddha of the Bathroom, The Blind man, 33 WEST 67th STREET, New-York, mai 1917

[5] Denis Gielen, Le vingt-cinquième Bouddha, Le Facteur Humain, 2003

Walter Swennen
Virgule, 1999
Huile sur toile et bois, 50 x 42 cm
Jacques Lizène
Sculpture génétique [1971] culturelle [1984], en remake, Lizène croisé Duchamp, 2016
Encre et photocopie, 29,7 x 21 cm
Filip Francis
Copie de Sainte-Agathe de Francisco Zurbaran dans le champ de vision périphérique, 2001
Huile sur toile, 129 x 90 cm

Valerie Sonnier, Benjamin Monti, Des Monde dessinés, Amiens, Dernières Acquisitions

Valerie Sonnier

Benjamin Monti

Valérie Sonnier, Benjamin Monti, Walter Swennen participent à l’exposition :
dernières acquisitions
fonds régional d’art contemporain de picardie
13 avril – 29 juin 2018
Catherine Beaugrand, Cathryn Boch, Werner Büttner, Virginia Chihota, Hélène Delprat, Elika Hedayat, Iris Levasseur, Benjamin Monti, Anne-Marie Schneider, Valérie Sonnier, Renie Spoelstra, Walter Swennen, Françoise Vergier, Jérôme Zonder
dessins et œuvres du fracpicardie et du cnap-fnac
et à l’occasion de son cinquième anniversaire, présentation des dessins acquis
avec le soutien du Cercle des mécènes du fracpicardie de 2013 à 2017

Frac Picardie
45 Rue Pointin, 80000 Amiens, France

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Art Brussels 2017, les images (1)

Art Brussels

Art Brussels

Art Brussels

Olivier Foulon
Sans titre (The [Absent] Museum /Le Musée [Absent] / Het [Afwezige] Museum), 2017
Copies laser marouflées sur toile, 80 x 100 cm

Art Brussels

Jacqueline Mesmaeker
Yang Tse Kiang, 2017
Collage sur papier, 43 x 21 cm

art Brussels

Walter Swennen
Remake I.M.M.Zimmer, 1987
Huile, laque et pastel sur toile, 60 x 58 cm

Art Brussels

Art Brussels

John Murphy Abstinence from the Image: An anatomy of …emptiness, 2006 Photographic print 186 x 231 cm

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Olivier Foulon, Le Musée Absent, Wiels, Bruxelles

Olivier Foulon et Walter Swennen participent à l’exposition Le Musée Absent, organisée à l’occasion du 10e anniversaire du Wiels
Du 20 avril au 13 août.

Marcel Broodthaers

Marcel Broodthaers, Museum enfants non admis, 1968. Copyright Estate Marcel Broodthaers

À propos de cette exposition

Le musée absent
Préfiguration d’un musée d’art contemporain pour la capitale de l’Europe

Pour marquer son 10e anniversaire WIELS a initié une exposition de grande envergure, qui aura lieu non seulement dans le bâtiment Blomme, mais aussi dans deux bâtiments voisins, patrimoine historique de l’ancienne brasserie Wielemans.

Le titre Le musée absent, est un clin d’œil à l’influence déterminante que le symbolisme, avec son engouement pour le mystérieux et le mystique, exerce toujours sur le modernisme. WIELS n’a pas le statut de musée mais est familièrement désigné comme le ‘musée WIELS’, signe de reconnaissance qui traduit également les attentes avec lesquelles le public perçoit l’institution, suggérant simultanément un fonctionnement muséal. Anticipant la création d’une telle institution à Bruxelles, WIELS élabore une simulation temporaire, une proposition de projet, une préfiguration d’un futur musée d’art contemporain pour la capitale européenne.

Le Kunstenfestivaldesarts, également plate-forme et interface entre visions artistiques, théories actuelles et vastes débats sociaux, est le partenaire évident pour le développement commun des contours d’un potentiel musée d’art contemporain pour la capitale de l’Europe. Ainsi le projet continuera le trajet déjà accompli par WIELS, en ajoutant de nouveaux questionnements et en imaginant de futures évolutions. Quel rapport peut-il y avoir entre une conscience historique locale et les engagements esthétiques des artistes cosmopolites, quand ils sont confrontés aux paradoxes de la mondialité et aux turbulences de l’histoire, tout en défendant leurs sensibilités et paroles individuelles ?

Dans le constat des problématiques liées aux récentes turbulences historiques, les musées, surtout les musées d’art contemporain, qui battent pourtant aujourd’hui tous les records de popularité, sont étonnamment absents dans l’espace public et la formation de l’opinion.

Des œuvres existantes et nouvelles productions d’environ 45 artistes, contemporains et d’un passé récent, cartographient les enjeux auxquels les musées, ainsi que les sociétés qui les inspirent, font face.

Avec : Francis Alÿs, Archives de l’Ambassade Universelle, Younes Baba-Ali, Jo Baer, Monika Baer, Sammy Baloji, Guillaume Bijl, Dirk Braeckman, Marcel Broodthaers, stanley brouwn, Daniel Dewar & Gregory Gicquel, Marlene Dumas, Jimmie Durham, Jana Euler, Olivier Foulon, Michel François, Ellen Gallagher, Mekhitar Garabedian, Isa Genzken, Jef Geys, Jos de Gruyter & Harald Thys, Thomas Hirschhorn, Carsten Höller, Cameron Jamie, Ann Veronica Janssens, Martin Kippenberger, Goshka Macuga, Mark Manders, Lucy McKenzie, Wesley Meuris, Nástio Mosquito, Jean-Luc Moulène, Le Mur, Oscar Murillo, Otobong Nkanga, Felix Nussbaum, Willem Oorebeek, Marina Pinsky, Lili Reynaud-Dewar, Gerhard Richter, Walter Swennen, Wolfgang Tillmans, Rosemarie Trockel, Luc Tuymans, Peter Wächtler, Christopher Williams, Nil Yalter.

Architecture de l’exposition WIELS : Richard Venlet

Commissariat d’exposition par Dirk Snauwaert
avec Zoë Gray, Frédérique Versaen, Caroline Dumalin & Charlotte Friling.

Catalogue sous la direction de Dirk Snauwaert et coordonné par Caroline Dumalin, publié par WIELS et le Fonds Mercator (Mercatorfonds), avec des textes par Manuel Borja-Villel, Charles Esche et Dirk Snauwaert. Conception graphique par Boy Vereecken, assisté par Antoine Begon.

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Jacques Charlier et alii, Entre nous quelque chose se passe…, Collège De Valk, Leuven

Jacques Charlier, mais aussi Guy Mees, Walter Swennen, Lili Doujourie ou Patrick Corillon exposent à la Faculté de Droit de la KUL à Leuven. Collection CERA Foundation / Musée M.

Jacques Charlier

Jacques Charlier, Paysages professionnels, 1970 (photo Dirk Pauwels)

Guy Mees

Guy Mees, Portretten (Niveauverschillen), 1970 (photo Dirk Pauwels)

Walter Swennen

Walter Swennen, Konijn et Canard (2001), Noeud papillon (1999) (photo Dirk Pauwels)

Avec ‘Entre nous quelque chose se passe…’, le Musée M expose de l’art contemporain belge extra muros
Mardi 14 mars 2017 — Du 17 mars au 9 juillet 2017, le Musée M de Louvain, en collaboration avec la Faculté de Droit de la KU Leuven et le soutien de Cera, présente au Collège De Valk quelques œuvres d’art contemporain belge. L’exposition Entre nous quelque chose se passe… est une sélection d’œuvres de différents artistes belges : Jacques Charlier, David Claerbout, Patrick Corillon, Lili Dujourie, Christoph Fink, Guy Mees, Ria Pacquée, Walter Swennen, Philippe Van Snick et Jan Vercruysse. Les œuvres exposées sont un prêt de longue durée de Cera à la Collection M.

Des œuvres qui dialoguent entre elles

Abstraite ou figurative, équivoque, évoquant des relations entre les gens : il existe pour une œuvre d’art plusieurs manières de créer une tension. Chaque œuvre d’Entre nous quelque chose se passe… suggère une certaine tension ou dualité. Le titre de l’exposition y fait référence et est une métaphore sur le fait d’exposer ou de collectionner les œuvres d’art. Que se passe-t-il lorsqu’on réunit dans une même pièce plusieurs œuvres d’une collection ? Quel est le rapport qui s’établit entre elles ?

Par ailleurs, le titre fait référence à une œuvre vidéo de Ria Pacquée, visible à l’exposition. La vidéo documente le comportement de visiteurs d’un parc de la ville de Paris. Le résultat est le portrait de passants anonymes qui exécutent avec concentration des mouvements répétitifs. Inconsciemment, leur attitude ressemble à la nôtre, en tant que spectateurs.

Une bibliothèque-salle de musée

Depuis 2013, des expositions temporaires sont organisées chaque année dans la bibliothèque du Collège De Valk. Le bâtiment ne présente toutefois que peu de similitudes avec les salles de type white cube qui accueillent habituellement les œuvres d’art contemporain. Cet espace d’exposition semi-public crée un contexte fonctionnel dans lequel les étagères à livres et le mobilier de lecture ne laissent que peu de place aux œuvres. Par ailleurs, vu les quelques centaines d’étudiants qui passent chaque jour à la bibliothèque, ce site possède un gigantesque potentiel. Au cœur du silence et de la concentration, les œuvres invitent le quidam à les regarder, à s’interroger, et à les regarder encore.

Une collection qui vit

Depuis 2012, le Musée M de Louvain gère la collection d’art contemporain constituée par Cera depuis 1998. Cette collection comprend exclusivement de l’art belge d’après 1945 et s’est récemment enrichie de nouvelles acquisitions. Chaque année, M organise une exposition présentant plusieurs œuvres sélectionnées dans la collection et prêtées à long terme par Cera. Cette manière de présenter la collection, allant de la monographie à l’exposition thématique, varie en permanence, de sorte que les œuvres changent régulièrement.

En pratique

Entre nous quelque chose se passe… se déroule du 17 mars au 9 juillet 2017 à la Bibliothèque de la Faculté de Droit de la KU Leuven, Tiensestraat 41, 3000 Leuven. Horaires : du lundi au jeudi de 9 h à 23 h, le vendredi de 9 h à 21 h, et le samedi de 10 h à 18 h. Entrée gratuite.

L’exposition est le fruit d’une collaboration entre le Musée M et la faculté de droit de la KU Leuven, avec le soutien de Cera.

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Walter Swennen, La langue rouge, un film de Violaine de Villers, ce 7 décembre à Flagey, Bruxelles

Walter Swennen

Dans son atelier, le peintre Walter Swennen nous invite à un va-et-vient savant et ludique, entre ses associations de pensée et ses matériaux de création, entre une manière d’être et une manière de peindre. Né dans l’immédiat après-guerre, Walter Swennen produit depuis les années 80 une œuvre indépendante et radicale. Il tire la langue au langage. Quand les paroles tournent autour du pot et s’emmêlent les pinceaux, la peinture reste seule maîtresse du jeu, se jouant de l’arbitraire des images et des mots. De Bruxelles à New York, avec la complicité de la réalisatrice et de commissaires d’art contemporain, Swennen dialogue avec ses tableaux. Et nous voilà pris par le gai savoir du peintre philosophe, où Buster Keaton tombe sur Le Titien, Krazy Cat monte à Dada, Mickey met des oreilles à Mallarmé et Boris Vian improvise avec Thelonious Monk. Walter Swennen a l’art de ne pas se prendre au sérieux mais de parler sérieusement de la peinture. C’est un drôle de grand peintre belge que le film nous révèle avec une espiègle pertinence.

Belgian artist Walter Swennen invites us into his workshop for a thoughtful but playful dialogue between the movements of his mind and the matter of his works, between a way of being and a way of painting. Born just post-war, Swennen has been producing a polymorphous and inventive body of work since the 80s, characterised by its independence and its radical experimentation. When words fail and meanings get muddled, painting steps up, making light of the arbitrariness of images and words. Swennen moves from Brussels to New York, and helped by the film’s director and a team of curators of contemporary art, he speaks to his paintings, and they speak back. We are drawn into this painter-philosopher’s wacky world, in which Buster Keaton bumps into Titian, Krazy Cat rides a Dadaesque hobbyhorse, Mickey Mouse puts ears on Mallarmé, and Boris Vian jams with Thelonious Monk. Swennen is a master of not taking himself too seriously, while talking seriously about his art. With impish precision, this film prods and probes a great Belgian oddball artist.

Née à Bruxelles en 1947, Violaine de Villers suit les cours de Philosophie à l’Université de Louvain. Elle interrompt ses études universitaires dans l’effervescence des événements de mai 1968 et enseigne dans les humanités supérieures. Elle reprend quinze ans plus tard des études. (Master en Politiques économiques et sociales). Depuis 1981, elle écrit et réalise des documentaires à portée politique et des films d’art. Et depuis 2001, elle réalise aussi des œuvres radiophoniques.

Born in Brussels in 1947, Violaine de Villers studied philosophy at the University of Louvain in Belgium. She interrupted her university studies in the maelstrom of the events of May 1968 and taught in higher secondary education. She took up her studies again fifteen years later (Master in Social and Economic Policies). Since 1981, she has written and directed politically oriented documentaries and films on art. Since 2001, she has directed works for radio.

LA LANGUE ROUGE – WALTER SWENNEN – Documentaire – 69 min. – HD – 2016
Production YC Aligator Film. Avec l’aide du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en coproduction avec la RTBF, le CBA, avec la participation du Tax Shelter du Gouvernement fédéral de Belgique, de la Région de Bruxelles-Capitale

LA LANGUE ROUGE
7 décembre 2016 –
Pour la programmation complète du film : www.lalanguerouge.com Première le 7 décembre 2016 à 19h30
Flagey Studio 5
Place Sainte-Croix 1050 Bruxelles
infos et réservations : +32 (0)2 641 10 10 / info@flagey.be www.flagey.be

Walter Swennen

Walter Swennen

Walter Swennen

Additional viewings @Flagey

Friday, 9 December 2016, 5.30 pm
Wednesday, 14 December 2016, 5.30 pm
Thursday, 15 December 2016, 10 pm
Sunday, 18 December 2016, 8 pm
Tuesday, 27 December 2016, 9.30 pm
Friday, 30 December 2016, 9.30 pm

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Jacques Charlier, Jacques Lizène, Emilio Lopez Menchero, Walter Swennen, Rien ne va plus, Juan d’Oultremont, Musée d’Ixelles

Jacques Lizène

Jacques Charlier, Jacques Lizène, Emilio Lopez Menchero, Walter Swennen sont les invités de Juan d’oultremont au musée d’Ixelles.

Rien ne va plus !
Pictures at an exhibition
Juan d’Oultremont
Musée d’Ixelles 30.06 > 25.09.2016
Vernissage ce 29.06

Reprenant à son compte le titre de Moussorgski , l’installation de Juan d’Oultremont s’articule autour de quelques 290 versions discographiques différentes des Tableaux d’une Exposition.

Sous la forme d’un Atlas des images, fantasmes et archétypes de l’art qu’ont produit l’oeuvre de Moussorgski et ses multiples déclinaisons discographiques, l’installation propose une histoire de l’exposition par la bande-son.

Parallèlement à cette collection, 63 artistes belges et étrangers recouvrant les diverses tendances de la peinture contemporaine ont accepté d’utiliser comme palette un exemplaires d’une même version des Tableaux dont la pochette est illustrée… d’une palette. Mixant outils et oeuvres , ce versant de l’installation propose un état des lieux des pratiques de l’art les plus actuelles tout en en pointant les enjeux spécifiques.

Une installation globale aux entrées multiples dans laquelle vous serez invités à vous perdre…

Avec Francis Alÿs, Éric Angenot, Stephan Balleux, Manon Bara, Marcel Berlanger, Charlotte Beaudry, Jean-Baptiste Bernadet, Karina Bisch, Lisa Blas, Michael Boremans, Anne Bossuroy, Stephane Calais, Sébastien Capouet, Jacques Charlier, Pascal Courcelles, François Curlet , Michael Dans, Ronny Delrue, Robert Devriendt, Cheryl Donegan, Matthias Dornfeld, Gregory Durviaux, Joris Ghekiere, Bernard Gilbert, Tina Gillen, Manor Grunwald, Kati Heck, Gauthier Hubert, Benjamin Installé, Richard Jackson, Alice Jane, Djos Janssens, Viviane Klagsbrun, Nicolas Kozakis, Remi Lambert, Jacques Lennep, Arthur Ligeon, Erik Lindman, Annick Lizein, Jacques Lizène, Emilio Lopez-Menchero, Fiona Mackay, Stephanie Maeseele, Valérie Mannaerts, Julien Meert, Jean-Luc Moerman, Xavier Noiret-Thomé, Emmanuelle Quertain, Robert Quint, Marc Rossignol, Kurt Ryslavy, Fabrice Samyn, Robert Sueront, Walter Swennen, Pierre Toby, Betty Tompkins, Luc Tuymans, Michael Van den Abeele, Ben Vautier, Angel Vergara, Pieter Vermeersch, Ane Vester, Bernard Villers…

Rien Ne Va Plus! c’est aussi un catalogue aux éditions de La Lettre Volée.

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Tokonoma III, Museum M, Leuven, les images

Dans le cadre de l’exposition Aglaia Konrad, From A to K :
Tokonoma III, Museum M, Leuven
Suchan Kinoshita, Olivier Foulon, Jörg Franzbecker, Kris Kimpe, Aglaia Konrad, Willem Oorebeek, Eran Schaerf et Walter Swennen

Tokonoma

Tokonoma

Tokonoma

Tokonoma

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Tokonoma

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Tokonoma

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Tokonoma

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Tokonoma

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Tokonoma III, Museum M, Leuven, un concept de Suchan Kinoshita

Dans le cadre de l’exposition From A to K d’Aglaia Konrad au Museum M Leuven, un nouvel état de l’oeuvre processuelle et collaborative Tokonoma. Avec les collaborations de : Suchan Kinoshita, Aglaia Konrad, Willem Oorebeek, Eran Schaerf, Olivier Foulon, Walter Swennen, Kris Kimpe, Joerg Franzbecker. And guests

Tokonoma I
Galerie Nadja Vilenne, Liège, 05 > 09. 2012
Dans le cadre de Manifesta 2012

Tokonoma

Tokonoma

Tokonoma II
Ludlow 38, Goethe Institut New-York, 05 > 06. 2014

Tokonoma

Tokonoma

A tokonoma is a built-in recessed space in a traditional Japanese room in which items are displayed for artistic appreciation. Derived from the concept of the personal Buddhist altar, it has become a standard domestic feature with a decorative purpose. One only enters this space in order to change the display following a strict etiquette. Toko literally means « raised floor » or « bed », while ma describes the gap, space, or pause between two structural parts. A tokonoma is not created by compositional elements, but rather refers to one’s consciousness of place and awareness of form and non-form. It creates an experiential space emphasizing the interval, the in-between.

Suchan Kinoshita has been using her ongoing, continuously changing series Tokonoma to open similar in-between spaces of thought between the practices of different collaborators since 2012. Tokonoma functions as an open score to be performed by and negotiated with invited interpreters. The only preconditions of the Tokonoma are a set of fragile architectural elements, composed of a diagonal line that is supported by vertical planes. Together, these form an open structure of intervals to be punctuated by works chosen by the respective contributors. This installational setting facilitates a negotiation of the given conditions and positions, while challenging the status and manifestations of artistic media via various transitions: from sculpture to installation, to gesture, to presence and participation. Tokonoma thus opens a microcosm of inquiry into who, where, how, and what is being negotiated while on view—a microcosm for the investigation of how to confront the various realities and materialities of artwork, how to compose its different aspects, and finally of how to present individual works without granting one more importance than the other.

Tokonoma operates as an archive as well as an exhibition, bringing together varying working methods, processes, and works. Beside the notion of collaboration, it allows an approach towards performativity and the timeline of a show beyond singular events. Influenced by her study of musical composition, Suchan Kinoshita has been concerned with the possibilities of integrating time as a structural part of a total entity throughout her career. In relation to other artistic strategies and interpreters, she uses Tokonoma to destabilize claims for completeness via a structural embrace of transformation and change within the course of the presentation.

Tokonoma III
Museum M, Leuven, 05 > 09. 2016
Dans le cadre de l’exposition Aglaia Konrad, From A to K.

Tokonoma

Tokonoma

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What else ? Les images (1)

John Murphy

John Murphy

John Murphy
A Different Constellation (Lupus) 1994
Oil on linen, 290 x 335 cm

John Murphy

Exhibition view

John Murphy

John Murphy

John Murphy
The Song of the Flesh or The Dog who Shits (Lyra), 1993
Oil on canvas, 264 x 198,5 cm.

John Murphy

Exhibition View

John Murphy

John Murphy
The Invention of the Other (Vulpecula), 1994
Oil on canvas, 264 x 198,5 cm.

What else ?

Exhibition view

Jacques Charlier

Jacques Charlier
Paysages professionnels, 1970.
Photographies N.B. et texte imprimé.
9 panneaux de 50 x 60 cm

Suchan Kinoshita

Suchan Kinoshita
Jogger Fragment 8, 2006
Technique mixte

Aglaia Konrad

Aglaia Konrad,
Boeing Over, 2003-2007
Photographies N.B. tirages argentiques sur papier baryté, 48 x 32 cm, marouflés sur aluminium, 2003-2007

What else ?

Exhibition view

Walter Swennen

Walter Swennen
Jime Dine slept here, 1990
Huile sur panneau, 122 x 110 cm

What else ?

Exhibition view

What else ?

Exhibition view

Emilio Lopez Menchero

Emilio Lopez Menchero
Trying to be Valie Export, 2016
Photographie NB marouflée sur aluminium, 105 x 135 cm

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